• Voyage d'une Parisienne à Lhassa (Alexandra David-Néel)

    Publié en 1927Voyage d'une Parisienne à LhassaDans ma frénésie de lecture automnale, j'ai enfin lu un livre qui figurait depuis longtemps sur ma liste. Le récit du voyage d'Alexandra David-Néel à Lhassa.

    J'ai envie de dire que tout est dans le titre. Ce récit est tout d'abord un voyage — voyage héroïque d'une grande exploratrice à travers des terres interdites, inconnues, étranges et belles, avec son lot de rencontres pittoresques et de dangers. Alexandra David-Néel a réalisé ce voyage à l'automne 1924, alors que le Tibet était interdit aux étrangers, ces Philings aux yeux blancs. Elle était accompagnée de son fils adoptif, le lama Yongden.
    Mais c'est aussi le récit d'une Parisienne, espiègle et critique, esprit éclairé assoiffé de découvertes. De nombreuses anecdotes illustrent cette propension à l'humour, plus qu'à la plaisanterie.
    Et c'est la route de Lhassa qui est au cœur de l'ouvrage. Route traversant un Tibet-forteresse, peuplé de paysans, de moines et de légendes vivantes. Route suivant les vallées profondes, où les rivières ont le froid de la neige, les forêts himalayennes, les cols tenus par la neige — étendues désertes entrecoupées de fermes hospitalières, de brigands et de refuges.

    Ce Voyage est impossible à résumer, ou plutôt le résumé est d'une pauvreté affligeante. Une grande voyageuse passionnée du Tibet s'est vue refouler sur la route de Lhassa et s'est jurée qu'elle irait, justement parce qu'on lui interdisait. Puis elle y est allée.

    C'est un récit intemporel, écrit dans une langue très pure, tour à tour pince-sans-rire (voire truculente) et émouvante, toujours passionnée, et qui invite à la rêverie comme à l'évasion. C'est un livre qu'il faut lire pour l'aimer. Il est, sans doute, à l'image de son auteur. Que l'on compare ces deux photographies :

    Alexandra David-Néel, le jour de sa présentation à la cour de Belgique, devant le roi Léopold II et la reine Marie-Henriette. Source des circonstances de la photo : Jean Chalon, Le Lumineux Destin d'Alexandra David-Néel, Librairie Académique Perrin, Paris, 1985.

    Elle avait dix-huit ans et était présentée à la cour du roi des Belges. Nous sommes alors en 1886. En 1924, à cinquante-six ans, la voici sur la route de Lhassa, en tenue de pèlerin :

    Alexandra David-Néel, à Lhassa en 1924

    Et ce sont ces deux images qui hantent les lignes du Voyage. Alexandra David-Néel a toujours été à cheval entre Orient et Occident ; jamais totalement Tibétaine, elle ne pouvait cependant se contenter de la platitude de la vie occidentale des jeunes femmes de bonne famille.
    Cette alchimie, cette dynamique, se retrouvent dans son récit. Elle était plus que l'un ou l'autre. Elle était une grande voyageuse et exploratrice, érudite et audacieuse ; ses talents d'écrivain se déploient dans ce récit fantastique, et nous emmènent à sa suite sur les sentiers de ce Pays des Neiges, lointain, exceptionnel. 

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