• Viva el Zorro !

    J'ai regardé Le Masque de Zorro. En VO, ce qui signifie se coltiner l'accent espagnol des quatre cinquièmes du casting. Et d'apprécier le timbre de velours d'Antonio Banderas, accessoirement. Donc j'ai bien aimé. En règle générale, j'apprécie les films de cape et d'épée (après tout, d'Artagnan et les Mousquetaires figurent en tête de liste des compagnons de jeu invisibles de mon enfance). Et, avec cette mouture de Zorro, je n'ai pas été déçue, hormis par quelques points de détail du scénario de la fin. Puisque qui aime bien châtie bien, cette note portera dessus. Et puisqu'il y a des spoilers, il faut cliquer pour lire la suite :
     Tout d'abord, mettons-nous dans l'ambiance, caramba !





    C'est la fin du film. Le cadre : une mine d'or californienne exploitée par des esclaves. L'action : Zorro senior se bat en duel contre l'ex-gouverneur de Californie, tandis que Zorro junior se bat en duel contre l'infâme blondinet qui a buté son frère à l'écran deux heures plus tôt, et qui a conservé sa tête tranchée dans le vin (tous les fous ne sont pas enfermés). Pendant ce temps, la belle Elena... on perd un peu sa trace, mais elle est dans le coin, c'est sûr. Zorro junior (Banderas, sexy en diable, comme de juste) ferraille au mieux avec le salopiaud en tunique bleue et le met à terre le temps d'aller se balader dans les échafaudages de la mine. Promenade de santé, sans doute, qui l'amène par hasard dans une cabane en bois où se trouve, par la plus grande des coïncidences, une chaudière.
    Pendant deux heures, Zorro-Banderas nous a prouvé qu'il était intelligent, courageux, bon cavalier, bretteur exceptionnel, et humoriste à ses heures (ah, quand il a atterri par terre au lieu du dos de Tornado !). Là, en ce dernier quart d'heure de film en comptant le générique, il nous prouve qu'il est humain, et ainsi capable se conduit comme le dernier des cons.

    Toute la mine est en bois. Il se tient sur un échafaudage en bois. Mais il faut croire que sa maman ne lui a jamais appris que le feu, ça brûle.
    Il fait exploser la chaudière.
    Comme ça, sur un coup de tête.
    Et forcément, une chaudière qui explose dans ces conditions et avec ce type d'effets spéciaux, ça fout le feu partout. Je ne sais pas si Zorro en a été surpris, mais pas moi.

    Puis il y avait un petit détail, aussi. Le blond machiavélique avait piégé la mine pour tuer tous les ouvriers-esclaves dans une explosion phénoménale. Bon, entre temps, il avait lui-même coupé la mèche (c'est un peu compliqué à expliquer, mais les faits sont là). Pour mettre les choses au point, rien ne risquait de sauter tant qu'une âme bien intentionnée n'approcherait pas un briquet à moins de trois kilomètres deux de la mèche. Et voilà t'y pas que Zorro met le feu aux échafaudages, rien que pour le plaisir de faire sauter la chaudière. Tous pareils, les mecs, même Banderas n'y a pas coupé.

    Le temps que les deux Zorro, jeune et vieux, fassent la peau à leurs adversaires, le feu a bien pris, grâce au bois sec ainsi qu'aux bons soins des Gars des Effets Spéciaux. Elena, pas bête, a trouvé que ça serait une bonne idée de libérer les ouvriers de la mine avant qu'elle ne saute (c'est un point de vue qui se défend). Mais, suspense ! La mèche est de nouveau enflammée !

    Toutefois, ne méprisons pas Hollywood. L'explosion ne se produira pas avant que le dernier verrou n'ait été ouvert. Et en matières d'explosion, c'était plutôt réussi.
    Le Masque de Zorro est un film à grand spectacle et, par conséquent à gros budget. Les producteurs ont bien fait les choses. On pourrait penser qu'ils auraient voulu mégoter un brin sur la fin, économiser quelques barils de poudre, quelques maquettes, quelques retouches informatiques en post-prod. Que nenni ! En vrais gentilshommes, ils sont allés voir les Gars des Effets Spéciaux et leur ont dit :
    - On veut du lourd. Voilà le pognon.
    Les Gars des Effets Spéciaux ont lorgné la liasse de billets et ont répondu :
    - OK, comptez sur nous. 

    Ils se sont documentés sur les Grandes Explosions de l'Histoire : Hiroshima, Nagasaki, le Vésuve du 24 août 79, et mémé Hanna après avoir mangé des haricots. Et, comme ils avaient les moyens, ils ont pris le meilleur de tout. Les champignons nucléaires, la pluie de cendres et les nuées ardentes, le souffle terrifiant qui couche les maisons à terre... Tout. Ils ont pris tout, et tout additionné, confirmant la règle que le total est supérieur à la somme des parties.
    Et ils ont multiplié par deux.
    Puis encore par deux, parce qu'il leur restait un peu d'argent et qu'ils ont bon cœur.

    Le résultat, second au seul Big Bang des origines, vaut le détour. A côté, la destruction de l'Étoile de la Mort à la fin de l'épisode VI de Star Wars, c'est un pétard mouillé, et les explosions multiples ayant émaillé la carrière de James Bond sont du niveau des feux d'artifice du 14 juillet à Monfion-sur-l'Orge. Il y a la boule de feu de cinquante-quatre mètres de diamètre. Les structures de la mine sont changées en bois d'allumette. La poussière est si opaque qu'on voit mieux au milieu des pires blizzards de l'hiver sibérien. Sans doute que les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse s'inspireront de cette explosion pour semer la destruction le jour venu. Et c'est pas dit qu'ils y arrivent aussi bien.

    Vous l'aurez compris, c'est le genre d'explosions qui fait baver d'envie les terroristes de tout poil depuis l'invention de la poudre noire. C'est un machin garanti pour détruire toute forme de vie, animale, végétale ou bactérienne, dans un rayon de six kilomètres, et de rendre définitivement sourde toute personne normalement constituée se tenant à moins de dix-huit kilomètres de l'épicentre.

    Et que voit-on à l'écran, avant même que la poussière ne soit retombée ?
    Antonio fort occupé à soutenir Anthony Hopkins (le vieux Zorro) en train de mourir, mais encore gaillard, avec à côté Cathy Z-J belle comme au premier jour, un gamin dans les bras, et suivi d'environ cinq cent quarante-et-un ouvriers-esclaves.
    Personne n'est blessé. Tout le monde est au top de ses capacités auditives. Et tout le monde est propre. Pas un brin de poussière dans les cheveux, et je parierais cher que les esclaves se sont lavés depuis leurs cages.

    Une seule conclusion est possible : Comme il est trop fort, le Zorro, quand même !

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 7 Août 2009 à 01:58
    Une seule conclusion est possible : Comme il est trop fort, le Zorro, quand même !
    Bah ouais, c'est Zorro quand même bordel :p ! C'est lui qui sauvait le monde avant la naissance de Chuck Norris (on parle d'ailleurs d'aire pré et post Norris, le BC et l'AC du calendrier anglosaxon signifiant Before et After Chuck, et comme c'est les anglosaxons qui le disent, c'est que c'est vrai).

    Me rappelait pas de cette gargantuesque explosion, m'a donné envie de le revoir tient (ok, Catherine Z. y est aussi un peu pour quelque chose) !
    2
    Vendredi 7 Août 2009 à 11:38
    Eh oui, c'est ça, les mecs, ça regarde le décolleté plongeant de CZJ et pas les explosions ! Où va le monde, je me le demande...
    3
    Vendredi 7 Août 2009 à 13:54
    MAis son décolleté est en une explosion en soi ! Humour lourd bonjour... Oui ? Ok, Je sors.
    4
    Vendredi 7 Août 2009 à 14:20
    A ce moment-là, je peux te parler de la sexytude de Banderas (un nom évocateur, d'ailleurs, amis de la finesse, bonsoir :o), mais en combinaison avec ton appréciation du décolleté de CZJ on va exploser tous les records !
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