• Sourire en Coin (Nicci French)

    Titre original: Secret Smile (2003)
    Sourire en Coin (Nicci French)
    L'histoire


    Miranda, une jeune décoratrice Londonienne sans histoires, a un nouveau petit ami, Brendan. Rien de sérieux pour elle là-dedans - aussi jette-t-elle Brendan dehors lorsqu'elle le surprend à lire son journal intime. Cette intrusion dans sa vie privée est trop grossière pour que la jeune femme puisse la supporter.
    Quelques jours plus tard, Miranda apprend que Brendan a entamé une relation, en apparence durable, avec sa soeur Kelly, plus fragile et très isolée. L'homme est le fiancé idéal, Kelly est folle de lui et il le lui rend bien ; la famille est aux anges.

    Excepté Miranda, que l'attitude étrange de Brendan effrayerait si elle ne le haïssait pas autant...



    Mon avis


    Si je devais résumer mes impressions de ce thriller psychologique par une onomatopée, j'utiliserais sans doute :
    Borf...
    Pourquoi ? Après tout, le duo dissimulé sous le pseudonyme de Nicci French (Nicci Gerard et Sean French) est plutôt talentueux. Ils figurent au palmarès des grands auteurs britanniques de thriller. Alors pourquoi un avis aussi négatif ? Pour plusieurs raisons.

    Tout d'abord, les personnages. Ils sont simples, un peu comme si chacun d'entre eux représentait un type de personnalité pathologique. L'impression générale de cette galerie de fantômes est celle que donnerait l'incarnation des définitions des-dites personnalités décrites dans un livre de psychiatrie/psychologie à l'usage des étudiants en médecine qui n'aiment pas ça...
    Et surtout, l'histoire.
    D'accord, l'une des conventions du thriller est que le héros passe pour un cinglé paranoïaque aux yeux de tous, sauf de l'être aimé et du policier sagace (cf. La Firme de John Grisham, l'une des références du genre). Mais là... trop de paranoïa tue la paranoïa. La démarche de Miranda, l'héroïne-enquêtrice, colle point par point avec celle qu'aurait une personne souffrant d'une psychose chronique avec délire interprétatif à type de persécution (cf. Wikipédia pour les curieux).
    Bref, c'est ce qui se passerait si un malade mental avait raison. Ce qui se passerait si ses folies prenaient corps. C'est ce qui se passe dans la tête d'un patient paranoïaque... sauf qu'il s'agit de la vérité. Et que cette dernière est en général à la fois plus complexe et plus intéressante. On a l'impression que les auteurs ont lu attentivement un bouquin de psy, ont choisi une pathologie à traiter et l'ont fait en collant au plus près à la définition, sans égards pour la logique et la cohérence des personnages.

    Ce qui aurait pu en outre être un tableau particulièrement intéressant d'une relation malsaine a perdu beaucoup de sa saveur lorsqu'il a fallu aux auteurs justifier l'étiquette "thriller" collée sur la couverture. S'il s'agit d'un thriller, celui-ci est dépourvu de rythme. S'il s'agit d'une simple enquête policière, elle manque de solidité. Et s'il s'agit d'un roman, il manque cruellement de cette étincelle qui rend un livre passionnant.

    Soit on fait une étude psychologique, soit on fait un thriller, mais pas les deux à la fois, à moins d'avoir le talent de Robert Crais. Boire ou conduire, il faut choisir ; en écriture aussi.

    Il est aussi possible que le texte ait beaucoup perdu à la traduction, auquel cas c'est très dommage.
    Les amateurs apprécieront sans doute l'atmosphère lourde et pesante de ce livre qui se cherche sans jamais se trouver, et les autres, comme moi, passeront rapidement leur chemin.


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