• Silence...

    J'écoute, à demi transporté,
    Le bruit des ailes du silence,
    Qui vole dans l'obscurité

    Saint-Amant

    Ces vers m'évoquent le vol des chauves-souris les soirs d'été, lorsqu'elles passent si près que l'on entend le battement rapide de leurs ailes, un bruit très doux, velouté, qui surprend souvent et fait frissonner dans le crépuscule. En regardant bien, s'il ne fait pas encore trop sombre, on arrive parfois à distinguer les chauves-souris contre le ciel, et leur vol semble en pointillés à notre oeil grossier, hésitant à reconnaître les premières étoiles au ciel. Et soudain ce n'est plus une chauve-souris que l'on voit, mais deux, mais trois ou quatre que l'on devine à peine...
    Puis la nuit s'installe et les feux blancs des étoiles étincellent en mille constellations, la fraîcheur tombe alors que la brise s'apaise, et la chanson grêle d'un insecte trouble le silence; c'est l'heure où l'arôme du chèvrefeuille se fait puissant, car ses fleurs pâles s'ouvrent la nuit, et la lumière de la lune est la première à baigner leurs étamines au pollen incolore.
    C'est l'heure où un frisson parcourt les arbres, l'heure sacrée du repos qui commence et, lorsqu'on décide enfin de rentrer dans la clarté de la maison, un clapotis rapide au-dessus de nos têtes nous rappelle que, pendant notre sommeil, les créatures de la nuit vivent et volent sous les étoiles.

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