• Rurôni Kenshin



    Manga  : Nobuhiro Watsuki (1994-1999)
    Anime : Kazuhiro Furuhashi (1996-1998)
    Kenshin Tsuioku Hen (OAV) : Kazuhiro Furuhashi (1999)
    Synopsis


    KenshinPour une fois n'est pas coutume, je ne vais pas présenter un film mais un anime. Je sais. Il faut remercier Estelle M. pour ça. (Si on remet les choses dans leur contexte, Estelle étant fan de mangas, elle a profité de mes vacances toulousaines pour me coller devant l'ordinateur avec quelques épisodes d'anime à regarder. Et vous savez ce que c'est, on veut toujours savoir comment ça finit...)
    Ahem. Comme disait l'ancien titre de ce blog, "je ne vais pas vous raconter ma vie". Donc.

    Himura Kenshin est un assassin - mais repenti. Lors de la révolution ayant précédé l'ère Meiji, il exécutait avec brio (et sans remords) les cibles des impérialistes de Kyoto, se heurtant aux assassins du camp opposé, je ne vous fais pas un dessin. A tel point que ses cheveux roux et sa cicatrice en forme de croix avaient rejoint la légende...
    Dix ans après la révolution, Battosaï l'Assassin est devenu Rurôni Kenshin, un vagabond qui a fait le serment de ne plus tuer... Armé d'une épée à lame inversée ne pouvant ni blesser ni tuer, il erre à travers le Japon de l'ère Meiji (joli jeu de mots, non ?) sans jamais se fixer. Jusqu'à son arrivée à Tokyo, où un assassin tue en se faisant passer pour le Battosaï... Kenshin trouve alors refuge dans un dojo dont la directrice, la trop fraîche Kaoru, tombe amoureuse de lui.
    Là, il faut sauter quinze épisodes avant de tomber sur le noeud de l'histoire - un autre assassin de la révolution, Shishio Makoto, refait surface et cherche à semer le chaos. A Kenshin de l'affronter - ce qui se révèlera ardu, même avec l'aide opportune de son maître, un personnage hauts en couleurs.

    Voilà pour un aperçu de l'histoire - si je me mettais à résumer les vies des personnages secondaires, on y serait encore demain matin. Entre Yahiko, l'apprenti de Kaoru - dix ans et susceptible descendant de samouraï - Sanosuke, un peu voyou, un peu dévergondé, et quelques autres rencontrés au hasard des épisodes (mention spéciale à Shinomori Aoshi), Rurôni Kenshin campe une bande de personnages addictifs et tout bonnement géniaux.


    Mon avis...


    ... strictement impartial, parce que je n'y connais rien en mangas.

    J'aime bien. En fait, j'adore.

    A part Kaoru, dont les grands yeux doux m'insupportent, j'aime ces personnages. Un peu stéréotypés pour certains, mais pas autant que ce qu'ils auraient pu être. Mais les personnages principaux dégagent une telle énergie et une telle vitalité qu'il est impossible de ne pas s'y attacher.

    Pour ce qui est des graphismes (vas-y, fais celle qui s'y connaît), les premiers épisodes pêchent un peu par leur côté dessin animé, mais ça s'améliore nettement par la suite. Les montagnes de muscle des méchants s'affinent un peu, les dessins gagnent en légèreté et en finesse... C'est mieux.
    Et puis il y a ces combats au katana (même si Aoshi a carrément la classe avec son double kodachi, c'est mon préféré, sombre, intelligent, grrrr). Ces duels où les dessins décomposent la danse mortelle des combattants, tout en restant terriblement esthétiques. La caméra de Tarentino est enfoncée.
    Par contre, la musique est nulle.

    Donc non, même si j'ai passé de vraiment bons moments à regarder une soixantaine d'épisodes sur veoh.com, je ne garderai pas un souvenir impérissable de cet anime, bien que lire le manga originel me fait très, très envie.

    Mais il y a les quatre OAV - l'histoire avant l'histoire, la jeunesse de Kenshin, l'assassin légendaire de Kyoto (oui, je vous ai gardé le meilleur pour la fin)...
    Et là... j'en redemande !
    Après l'anime, l'esthétique est un choc extrêmement violent. Adieu les classiques du manga. Les OAV frisent la perfection, ce sont des estampes où le spectateur vit avec les personnages. Des couleurs sombres, beaucoup de noir, de rouge, de bleu. Une nature omniprésente dans le ballet de quatre saisons sanglantes, où les stéréotypes ont disparu... Les caractères sont noirs, profonds, nuancés, cruellement objectifs dans une histoire sans concessions. Des personnages implacables, si profondément purs, où il n'y a ni bons ni mauvais - mensonges contre assassinats, et vengeance, tous en ont leur part. Peu de personnages secondaires (à part les trois personnages principaux) dans une tension de huis-clos où la rigueur psychologique est aussi acérée qu'une lame de sabre.  C'est l'histoire d'un homme devenu assassin pour construire un meilleur avenir et qui, s'il renoncera à son épée, conservera ses idéaux, au contraire de beaucoup d'autres, au terme d'une évolution psychologique difficile. Sincèrement, ça vaut le coup de regarder 62 épisodes très sympathiques pour voir ces quatre fois trente minutes. Et la musique, envoûtante... certes parfois un peu plagiée, mais qui vous colle à l'histoire de cet assassin où tout est suggéré avec une justesse extrême. Je comprends que beaucoup de gens qui ont aimé l'anime ne soient pas inspirés par ces OAV. Ils ne portent pas trace de l'humour burlesque qui détend régulièrement l'atmosphère de l'anime. Ils racontent une histoire brute, une histoire de vengeance et de mort, où même la paix cache la trahison. Il n'y a pas de place pour le reste. Seule se fait jour une profonde beauté - beauté des images, beauté de la narration. Et également beauté des personnages, "
    purs à la manière d'un vin, d'une pierre ou d'un poison, purs par leur violence et leur intégrité", dirait Kessel.

    Oui, Kenshin Tsuioku Hen me laissera le même souvenir qu'un grand film - à voir et à revoir, sans aucun doute.

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