• Puirt a Beul

    Capercaillie - Ecosse

    Je m'étais promis de changer un peu, mais non - toujours l'Ecosse, en fait  , et toujours les Capercaillie.

    Sur cette vidéo enregistrée dans un festival dédié à la musique écossaise figurent deux chansons, Fosgail an Dorus ("Ouvre la Porte") et Nighean Bhuidhe-Ruadh ("La Fille aux cheveux roux"). La mer d'Irlande était étroite, Fosgail an Dorus figure par ailleurs dans le spectacle Riverdance - je mettrai la vidéo un de ces jours.

    Ces deux chansons se caractérisent par des paroles répétitives, complétées par nombre d'onomatopées - tralalilala traduit en gaélique. En effet, il ne s'agit pas de "véritables" chansons ; elles n'ont pas été écrites pour la beauté des paroles, ni pour mettre en valeur la voix de l'interprète, comme le reste des chansons gaéliques, tant écossaises qu'irlandaises. Il s'agit de puirt a beul (du gaélique puirt a'bhèil, littéralement la musique de bouche).
    Cette musique trouve ses racines dans le bannissement par les Anglais des symboles distinctement écossais au XVIIème siècle, après la défaite de Culloden. Plus de kilts, plus de tartans, et surtout plus de cornemuses, l'instrument national écossais et un puissant symbole national.
    Sans cornemuses, comment danser ?
    Tout simplement en remplaçant la musique de l'instrument par la voix humaine. De nombreux thèmes traditionnels ont ainsi été adaptés par la force des choses. Et les joueurs de cornemuse ont continué à faire danser les Ecossais avec leurs airs de toujours, mais en les chantant. Un joli pied de nez à "l'occupant" anglais, qui, en punissant de mort (!) le port du tartan et les autres symboles nationaux, n'a fait que renforcer l'attachement des Ecossais à ce qui consitue le fond de leur culture.
    Ce bannissement trouvera sa fin avec le règne de Victoria, grande amoureuse de l'Ecosse devant l'Eternel, et pour qui Sir Walter Scott avait organisé un immense rassemblement des clans lors de la première visite officielle de la souveraine au royaume d'Alba.

    A l'origine, le puirt a beul ne bénéficiait d'aucun accompagnement. Ce sont les adaptations récentes des Capercaillie qui ont mis à la mode l'ajout de divers instruments, violon, accordéon, flûte et tambourin, largement utilisés dans la musique écossaise. Une amie écossaise, qui m'a par ailleurs initié au gaélique, m'a dit qu'elle trouvait dommage ces ajouts. Personnellement, j'aime bien...

    En Irlande, le puit a beul est appelé litling ; Outre-Atlantique, les émigrés venus d'Ecosse et d'Irlande ont emporté cette musique avec eux, et son influence se retrouve jusque dans le jazz - le scatt ressemble beaucoup au puirt a beul, avec cette différence que le but du puirt a beul reste une musique dédiée à la danse.

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