• Nicolas le Petit

    Nicolas le Petit

    Quelle belle couverture que celle du Point de Vue de cette semaine !
    Ah non, ça c'est de la photo. C'est beau comme une affiche de film américain.


    L'Homme et la Namoureuse. Si c'est pas romantique...

    L'Homme, viril, empli de testostérone, et pas n'importe quel Homme, un Grand Homme qui regarde Sa Vision de la France. Il lève les yeux au ciel et sourit, comme devant une apparition divine. Car Il voit Marianne ou Jeanne d'Arc (les pauvres, se trouver embringuées là-dedans... quand même...) Lui sourire et Lui dire :
    Nicolas, tu es comme les petits Pimousses, petit mais costaud. Tu as été élu au poste suprême, car, devant ta noblesse et ta générosité, le peuple de France a été séduit. Séduit par tes cravates bleues et tes costumes Dior, séduit par ton éloquence qui remue les foules. Tu leur a promis la sécurité, le pouvoir d'achat, l'emploi ; qui donc a jamais proposé mieux ? Tu ne le feras sans doute pas, mais les promesses tiennent les enfants joyeux, et les tiennes sont si belles...

    Et Lui de répondre : Je suis digne de te recevoir, ô France, mais dis seulement un mot et... non, tais-toi, c'est mieux.

    L'Apparition, chantonnante : Cela est juste est bon... Enfin je dis ça je dis rien, c'est mon avis, pas celui des syndicats...

    Lui, enflammé de passion : Je serai le Président de tous les Français !

    L'Apparition : Même de ceux qui n'ont pas grand chose ? Parce que les cadeaux fiscaux, ils n'étaient pas pour eux, si ?

    Lui, même pas surpris : Madame Royal, je trouve cette attaque indigne de vous.

    L'Apparition : Eh oh, je ne m'appelle pas Ségolène non plus, faut pas pousser. L'élevage de dindes, c'est chez madame de Fontenay que ça se passe. A la rigueur sur la scène de la nouvelle chanson française, mais pas ici, enfin...

    C'est là que la scène française se réveille et qu'une petite voix sussurre : Eh bien, on parle ici de moi ? Quatre consonnes et trois voyelles, c'est le prénom de Nicolas, je le murmure à mon oreille et chaque lettre me remplit d'émois.

    L'Apparition, scotchée : Gnhé ? C'est qui, elle ?

    Elle, c'est Carla B. Nous conserverons son anonymat ; sa position est en effet peu glorieuse.  Dans quelques années, elle pourra témoigner chez Jean-Luc Delarue dans son émission spéciale "Comment j'ai visité Disneyland avec mon mec et que c'était la première sortie qu'on faisait tous les deux".
    Carla chante, paraît-il, bien que peu de gens l'aient entendue. Elle passe également pour un très belle femme. En effet, elle a un temps servi d'idole aux greluches sur le papier glacé des magasines.
    Certains signes laissent en outre à penser qu'elle pourrait souffrir de sarkoïdite aiguë. La preuve, le signe pathognomonique ? Voyez comment elle regarde l'Homme d'Etat Viril... La tête tendrement posée sur l'épaule de Celui qui contemple Sa Vision de la France (SVDLF, aka UMP), Carla rêve. Elle repense à leur rencontre, à leur première sortie entre amoureux...

    Il faisait froid, c'était l'hiver. La foule se pressait aux portes de la ville enchantée ; les rires des enfants frémissaient dans le vent comme l'eau sous la caresse de l'aile de la preste hirondelle. Elle était venue avec son fils - elle l'élève seule, malgré les difficultés - avec sa mère, aussi. Elle attendait, sans trop savoir quoi, lorsque la foule s'est écartée, nouvelle mer Rouge sous les pas d'un Moïse moderne, et Lui est apparu.
    Il était beau comme un nain de Blanche-Neige, dans son petit costume coupé sur mesure à sa taille, ses petites chaussures, et son blouson bien chaud. Elle portait le manteau blanc copyrighté par Sainte Ségolène, et ses cheveux courts voletaient dans l'air lorsqu'elle souriait...
    Je le vis, je rougis, je palis à sa vue, expliqua-t-elle plus tard au téléphone à Meilleure Amie. Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ; je sentis tout mon corps, et transir et brûler.
    Bon, dit sans doute Meilleure Amie. Et après ?
    Après ? demanda Carla. A marcher chez Disney cinq minutes avec lui et r'garder les journalistes tant qu'y en a, parler du bon temps qu'est là, qu'on aura, en serrant dans ma main ses p'tits doigts. Pis donner à bouffer aux électeurs idiots, leur filer d'la croissance pour de faux, et entendre les rires qui lézardent les murs et surtout font les caricatures.
    Impressionnée, Meilleure Amie ne put que murmurer : Ouh là, c'est du sérieux, on dirait...
    Enthousiasmée, Carla s'extasia Y'a Nicolas qu'a dit qu'il m'aimait encore, et les journalistes ont dit que c'était pour la vie, et on va bientôt se marier !!! Les journalistes, ils ont même dit que si ça se trouve j'étais enceinte et que j'allais avoir un autre enfant !!!
    Oui, enfin, si j'étais elle je ferais plus confiance à madame Irma pour ça...

    Puis Carla a retrouvé son petit Nicolas avec sa Grande Vision de la France ; amoureuse, elle a incliné sa tête sur son coeur pendant qu'il contemplait sa propre grandeur, et le monde a chanté :

    Ils sont vraiment
    Ils sont vraiment
    Ils sont vraiment
    [censuré par l'Elysée]

    ...

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  • Commentaires

    1
    AlexandraMarkov
    Dimanche 13 Janvier 2008 à 15:31
    rhaaaaaaaaaaaa tu me combles la!!! Nicolas 'Le Petit'!!!!!
    2
    Dimanche 13 Janvier 2008 à 15:37
    Ah, ça, c'est pas Alexandre le Grand...
    3
    oublie13
    Samedi 19 Janvier 2008 à 11:57
    J'ai bien aimé, surtout ce passage: "Il était beau comme un nain de Blanche-Neige, dans son petit costume coupé sur mesure à sa taille, ses petites chaussures, et son blouson bien chaud."

    Je n'ai pas aimé: la censure de l'Elysée
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