• Les versions remasterisées et dépoussiérées de ce tube délicat qu'est le canon de Pachelbel ne manquent pas sur YouTube (mention spéciale à la guitare électrique). Mais là, c'est mieux : quatre boîtes à musique, et voilà le travail :

     


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  • Je suis d'humeur à écouter Dido, en ce moment :)


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  • En ce moment, je téléphone beaucoup, à cause de patients perdus de vue à retrouver (et ça a fini par 97 % de suivi au lieu de 30 % de perdus de vue, I rule, I know).

    Mais là, ce qui me fait saturer, mais alors vraiment, ce sont les musiques d'attente des cabinets libéraux. Parce que bon, pour savoir si Mamie de 87 ans qui ne répond pas aux numéros masqués est vivante ou pas, rien de tel que le médecin traitant.

    Il y a d'abord les minimalistes :
    — Bonjour, vous êtes bien au cabinet du docteur Truc. La secrétaire vous répond de 9 heures à midi, et de quatorze heures à dix-sept heures. En cas d'urgence, composez le 15.
    Sobre, simple, efficace, et qui fait passer le message. Souvent adopté par les vieux médecins de campagne qui débordent d'énergie pour expliquer que madame Mamie est en super forme, qu'elle bêche son jardin tous les jours, que c'est la fête et tout et tout, et qui souhaitent bon courage pour la suite des coups de fil à passer.

    Ensuite, 75 % des répondeurs ou boîtes vocales diverses se répartissent en deux camps certainement déchirés par une guerre cruelle des VRP en téléphonie.

    A ma gauche, Eric Serra et les apparentés :

    Bonjour, vous êtes en communication avec le cabinet du docteur Truc... Votre appel a été pris en compte, nous y donnerons suite dès que possible... Tida, tida, tidaaadaaa, schliiiif, schliffff, boubouboujououou, shaahhhh... Bonjour, vous être en communication avec le cabinet du docteur Truc... Votre appel a été pris en compte...

    A ma droite, Vangelis et ses copains.

    Cabinet médical des docteurs Truc, Machin et Untel... Votre appel a bien été pris en compte... Nous peuplons ce temps d'attente d'une musique fantastique génialissimme qui t'enverrait de grands frissons dans le dos si seulement le téléphone crachait moins... DIDADIDIDA ! SchpoufffffDADA, tatatadidaschliffff.... TADA ! Cabinet médical des docteurs Truc, Machin et Untel...

    Ces deux groupes, ce sont souvent des cabinets à plusieurs associés, comme s'ils avaient fait le pari de trouver la pire musique d'attente suicidogène le soir où ils ont fêté leur thèse. Et alors, je ne sais pas comment c'est dans les autres régions, mais je peux vous garantir que, depuis Ussel jusqu'à Saint-Étienne, et depuis Montluçon jusqu'à l'Ardèche, il n'y a que DEUX musiques d'attente disponibles. Serra ou Vangelis, il faut choisir, mais la deux centième fois, ça donne envie d'aller se pendre avec un scope (ou de se taper le gros fou rire avec le co-interne en prenant des paris sur quelle musique on aura).

    En parlant de fous rires, il faut d'ailleurs honorer les, allez, 10 % de la population médicale qui ose une musique différente, non formatée, indépendante, VRAIE, quoi.

    Déjà, il y a le canon de Pachelbel joué au piano et avec un seul doigt :

    Puis la version 8 bits, qui m'a surtout fait penser à la musique de Tetris :

    A ce propos, je suis obligée de saluer ici le seul hôpital de France à avoir osé une bourrée en musique d'attente :

    (Rha, comme ça me rappelle mon premier semestre, surtout le soir où on avait un resto de service, que je m'étais perdue, et que j'avais appelé quinze fois le standard pour avoir les numéros des infirmières qui pourraient me guider, et que la seule qui avait répondu n'avait pas compris où j'étais et n'avait donc pas pu m'expliquer la route, et que j'étais arrivée avec une bonne grosse demi-heure de retard que tout était déjà commencé. Bref.)

    Il faut aussi parler de la Berceuse de la Méthode Rose, jouée au synthé avec un doigt :

    Assez peu de Quatre Saisons, de manière étonnante, en dehors des grosses cliniques souvent du groupe Vitalia, et totalement massacrées par le haut-parleur du téléphone.

    Mais the médaille d'or revient au type qui a réussi à vendre une quadruple musique à, allez, au moins huit des cabinets que j'ai appelé.

     

    Yo dawg fork

     

    Première musique d'accueil pur, genre un beau morceau de Satie mais en un peu différent parce que c'est le télémarketeur qui le vend et pas une maison de disques :

    Maison médicale des Coquelicots, docteurs Machin, Truc et Bidule, nous allons répondre à votre appel.

    Une fois la présentation faite, on coupe le piano frelaté genre en plein milieu de la mesure, et on embraye sur la Symphonie Pastorale, sans doute pour son petit côté dramatique :

    Consultations sur rendez-vous du lundi au vendredi de huit heures à midi et de seize heures à dix-huit heures trente... Nous allons donner suite à votre appel et vous offrons ces quelques instants de musique pour patienter... Toudoudou dadadida, toudoudou tatatadaaaa, toutoudoudada, toutoudoudada, toudoudidida.

    Une fois une morceau décent de la Pastorale écoulé, de trois choses l'une :
    1°) la secrétaire décroche, vous passe le médecin et vous avez gagné, 
    2°) la secrétaire décroche, mais le médecin consulte et vous enquillez sur la troisième musique d'attente le temps que le patient sorte :

     

    3°) la secrétaire essaye de vous passer directement le médecin sur son poste à lui, mais le renvoi d'appel ne marche pas, et vous découvrez la QUATRIÈME MUSIQUE D'ATTENTE :

    Et là, vous avez vécu une expérience cosmique pendant vingt minutes à enchaîner les musiques de tout le cabinet, en boucle, parce que comme ça coupe à chaque fois il faut rappeler et toutes se les refaire, tellement que quand vous pouvez enfin parler au digne généraliste (qui ignore ce qui se passe sur son téléphone), vous êtes tellement plié de rire avec co-interne que vous avez du mal à expliquer que vous appelez du CHU, du service Machin, au sujet de madame Mamie, parce que l'étude de suivi et le reste.


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  • J'avais bien déjà dû la poster, mais j'adore cette chanson, ce qui servira à comble le vide intersidéral des mises à jour (je prépare un gros billet, pis des gardes et une vie sociale tout bonnement exacerbée, alors forcément ça prend du temps).


    Et dans un autre style, Travel the World me fait pas mal tripper en ce moment :


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  • Au café, à l'internat :
    — Pfff, chui de garde ce soir... Chier, déclarai-je avec élégance.
    — Boh non, pourquoi tu dis ça ? m'a demandé Chef-Chéri. C'est marrant, les gardes, et puis c'est intéressant !
    — ???
    — Rha si, la prise en charge des polytraumatisés, par exemple, c'est très très intéressant, ça change de la routine !
    — Mais vous croyez qu'on en voit souvent, des polytraumatisés ?
    — Ah, quand j'en faisais, j'en avais un par garde en moyenne !
    Un ancien interne du service était avec nous ; nous nous sommes regardés, avons soupiré, et décidé d'expliquer à Chef-Chéri pourquoi personne n'aimait les gardes aux Urgences, et pourquoi non, il ne les aimerait pas non plus s'il était toujours interne (et pourquoi maintenant le trajet des polytrau est SAMU/scan/réa et court-circuite les Urgences). Nous avons donc remonté le col de nos blouses, attrapé nos stéthoscopes et avons entamé un numéro de claquettes pour lui expliquer en musique :

     

    A quoi ça sert les gardes ?
    On raconte par mégarde 
    Des histoires insensées
    A quoi ça sert, sans déconner ?

    Les gardes ne s'expliquent pas,
    C'est une chose comme ça,
    Qui vient d'on ne sait où,
    Qui vous prend tout à coup.

    Moi j'ai entendu dire
    Que les gardes font souffrir 
    Sont pas récupérées
    A quoi ça sert, sans déconner ?

    Les gardes ça sert à quoi ?
    Les OH, on les voit
    Avec des larmes aux yeux,
    C'est triste et merveilleux

    Pourtant, on dit souvent
    Les gardes c'est décevant
    Il y en a une sur deux
    Dont on sort cafardeux

    Même quand on l'a finie
    Une garde d'ignominie
    Vous laisse un goût de fiel
    Les gardes c'est éternel

    Tout ça c'est très joli
    Mais si les gardes sont finies
    Qui c'est qui va soigner
    Tous les mecs bourrés ?

    Tout ce qui maintenant
    Te semble déchirant
    Demain sera pour toi
    Cent dix-huit euros par mois

    En somme, si j'ai compris,
    Sans gardes dans la vie
    Sans ces joies, ces chagrins 
    On a vécu pour rien 

    Et oui, regarde-moi,
    A chaque fois j'y crois
    Gérer un polytrau si j'peux
    Et pas qu'des lombalgieux

    Mais c'est pour les seniors
    C'est pas pour les juniors
    Les externes suturent
    Les internes ont la vie dure

    C'est l'AVP que je voulais
    Pas l'entorse qu'il me fallait
    J'appelle pour un avis
    Et arrivederci 


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