• Mission Impossible et Mescaline

    Attention, ce qui suit révèle la fin du film. Enfin, pas qu'il y ait grand-chose à révéler, mais bon...



    Bref.
    En rentrant de chez des amis, j'ai fait un zapping rapide et je suis tombée sur le dernier quart d'heure du film Mission: Impossible, avec Thomas Croisière et Manu Béart-les-Grands-Yeux. Je n'avais jamais visionné ce chef d'oeuvre du cinéma, ce qui m'a permis de porter un regard impartial et critique sur le scénario (ou pas).
    Pour commencer, une petite précision : j'aime les histoires d'espionnage à la Henry Porter, avec agents doubles, cryptanalyse et tout le tintouin. Quelques morts stratégiques mais pas trop et une histoire solide. Les seuls effets spéciaux que je tolère sont ceux de la série Alias - et encore, le coup de l'adrénaline intra-cardiaque m'est restée là. Menfin, faut pas être trop exigeant non plus. Des scénaristes forcés d'inventer vingt-quatre fois par an des missions de préférence impressionnantes ont droit à un instant de faiblesse : ils ont produit Irina Derevko, leur imagination a pu être momentanément épuisée après ça.
    Mais pour en revenir à Mission: Impossible.

    J'ai pris l'histoire au moment où une quadragénaire ménopausée appelée Max sortait un téléphone portable vieux comme Hérode pour réceptionner un truc sur un PC portable dans un TGV Paris-Londres.
    Déjà, entre Paris et Londres, ce n'est pas le TGV, c'est l'Eurostar. C'est écrit dessus. Ensuite, à l'époque où a été tourné le film, il n'y avait pas d'Internet dans le TGV, et encore moins grand public. Ca vient seulement de se faire. Pis je suis désolée, mais la liste des agents d'une agence gouvernementale qui s'affiche sur un écran puant les jeux vidéos à cent mètres - pas trop crédible. A moins que la couverture de Max n'ait été qu'elle jouait à Deviens un espion en dix leçons en attendant d'arriver à Londres. Ceci dit, Max aurait eu besoin de cours là-dessus : le code de la serrure où était caché l'argent est 1314. Le premier connard venu peut se passer d'elle pour le trouver, si tant est qu'il ait quelques notions au sujet des cadenas.
    Puis, plan large et vue du TGV-qui-n'est-pas-aux-couleurs-de-l'Eurostar. Et qui n'a pas de cathéners non plus.
    Ce train avance par l'opération du Saint-Esprit.
    Je sais, c'est une formidable avancée technologique. Plus besoin d'électricité ! On installe une chapelle dédiée à Saint Louis Gallois dans la cabine du conducteur, et paf ! ça avance tout seul. La classe, non ?

    Mais bon, tous ces détails n'ont en fin de compte aucune importance. Ce n'est pas grave. C'est du détail, ça ne compte pas. Ce n'est pas vraiment dans le scénario.
    Ce qui est intéressant, c'est la suite.
    Après qu'Emmanuelle Béart se soit fait descendre par son mec, encore un vieux beau à tenir le rôle du mauvais méchant qui pue, Bogôsse Cruise a décidé de poursuivre Vieux Beau pour venger la minette avec qui il avait probablement couché dans l'heure et demie avant.

    - Non, tu n'es pas morte, non, Yeux Dhibou, sanglota Bogôsse sur le corps encore tiède de sa belle espionne. Je vais te venger.
    N'écoutant que son courage, Bogôsse fonça à la poursuite de Vieux Beau.
    Sur le toit du TGV.
    Oh Seigneur quel vent de vitesse !!! La veste de Bogôsse en a même été emportée !!! Débordant de haine, Bogôsse regardait Vieux Beau ramper sur le toit du train - et pis il s'est rappelé qu'au casting on lui avait dit d'enlever sa cravate pour être plus sex, alors il l'a fait. Débordant de sexitude, il a rampé lui aussi. Sauf que sa chemise griffée offrait la prise au vent d'une voile de catamaran, alors il a fait un triple saut périlleux arrière en se retenant du bout des doigts au bord du train, pis il a atterrit à plat ventre sans s'exploser la tronche, parce que mine de rien il a des gènes de Spiderman.
    Ensuite, l'hélico est arrivé. Jean Reno (aka Yeux de Poissons) voulait hélitroyer Vieux Beau du haut du train. Alors il lui a lancé un truc qui s'est attaché à la rame de TGV, et Vieux Beau a commencé à le prendre pour s'envoler, aller plus haut, aller plus hau-au-aut. Sauf que Bogôsse avec sa chemise ouverte, ben il avait tout vu. Alors il s'est lâché et c'est lui qui s'est envolé dans le vent terrible de la vitesse pour se rattraper à Vieux Beau et lui faire lâcher prise. Il a rattaché le câble de l'hélico sur la rame du train (qui du coup était tenu en laisse par le train comme un chihuacha par sa patronne obèse), et pis, pas bête le gars, il a attendu qu'il y ait un tunnel.
    En voyant arriver le tunnel, Yeux de Poissons a fait la tête d'un type qui rencontre son patron dans une boîte de nuit alors qu'il est censé être en train de se faire opérer des oreillons que lui a filé le gamin de sa greluche de soeur.
    La suite, comme on dit, appartient à l'Histoire. Je vais tenter de la raconter comme un enfant le ferait, d'une plume innocente et fraîche. Ou comme un élève de techno de 6e4.

    [voix de gamine]
    Alors, ben le nhélicoptère il est rentré dans le tunnel en suivant le TGV et pis le tunnel était vachement long et pis Bogôsse il s'est roulé sur le toit du train sans se salir parce qu'ils font vachement bien le ménage sur le toit des trains, et pis il est tombé devant, et pis Vieux Beau il avait sauté sur le gros nhélicoptère et Yeux de Poissons ben il voulait tuer Bogôsse en lui arrachant la tête avec les pales du nhélicoptère, mais Bogôsse ben il est vraiment trop trop fort pasqu'il est passé sur le côté et il est pas tué, et pis après le nhélicoptère il arrête de voler dans le tunnel derrière le TGV passqu'il essplose et pis les deux méchants eh ben ils meurent.
    [/voix de gamine]

    Ce bijou du cinéma s'achève quelques minutes plus tard, après que Tom Cruise ait bu une bière avec un copain Noir, pour bien montrer aux spectateurs que les scénaristes sont pas racistes, même si ça rime, et refuse de regarder un film dans le navion qui le ramène chez lui. Et là j'ai été trop déçue, parce que l'avion vole tout bêtement dans le ciel et ne fait même pas trois loopings dans un tunnel étroit.

    Bref, ce film est un authentique diamant, étincellant de mille feux. Mais il m'a laissée une grande terreur.
    Celle que, la prochaine fois que je monterai dans un TGV, un hélicoptère le suive et vole avec lui dans un tunnel étroit...

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  • Commentaires

    1
    foortune
    Samedi 26 Janvier 2008 à 14:12
    morte de rire!! javoue je suis bluffée par la manière dont tu as raconté la fin de ce film grand public je crois tout ce que je vois même si c'est pas possible! cela fait longtemps que javais pas rigolé autant! moi javais toujours pensé effectivement qu'on nétoyait le toit du train! c'est vrai quoi je suis un trop naive ^^ je sais pas quand mission impossible 2 ( si si il existe!) repasse sur TF pas fin mais je te préviendrais! bisoux
    2
    isajou
    Dimanche 28 Août 2011 à 19:54

    Pas mal l'histoire revisitée

    Juste une petite faute d'orthographe caténaires et pas cathéners ( "Ne doit pas être confondu avec cathéter" dit Wikipédia...).

    Peut-être une déformation professionnelle?

    3
    bregolhen
    Mercredi 21 Mars 2012 à 12:34

    Explication de texte (ou de film, plutot) tout a fait originale.


    Pour le TGV sans catenaires, il y a une raison tout a fait logique. Ben oui ! En fait c'est un TGV super moderne. La preuve : il y a l'internet dedans. Et, etant donné l'absence de cables, on peut decemment supposer qu'il s'agit d'un réseau sans fil (la, il faut admirer mon sens de l'observation) type WiFi ou GSM.


    Donc, pour en revenir à nos caténaires, ils ne sont plus utiles puisque l'électricité est acheminée par le WiFi.  Et voila ! C'est le premier prototype de train qui fonctionne à l'éléctricité sans fil. La classe pour les français de chez Alstom.


    Bon, ok, je sors.


     

    4
    M.
    Jeudi 25 Octobre 2012 à 13:47

    Cette critique acerbe et mordante garde tout son sel meme pour moi qui n'ai pas vu (et tant mieux, a vous lire) cette oeuvre.

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