• Lexique médical à l'usage des néophytes

    Au commencement était le Verbe, comme dirait l'autre. Et Dieu sait qu'un mot mal employé fait mal... J'en ai ma claque de lire des termes médicaux utilisés à contre-sens un peu partout sur Internet (et ne parlons même pas des journaux, tant écrits que télévisés). Alors quelques définitions simples ne peuvent pas faire de mal.


    1. Différence entre symptôme, syndrome et maladie

    Quand quelqu'un ne va pas bien, son état de maladie se traduit par des signes cliniques. Ceux-ci peuvent être physiques (une grosse jambe rouge, des « ganglions ») ou fonctionnels. Ce dernier cas recouvre les symptômes. La douleur est un symptôme. Un symptôme, c'est ce qu'un examen « vétérinaire » ne peut pas retrouver. C'est une plainte du patient. On est dans le fonctionnel.

    Un syndrome est un ensemble de signes cliniques (physiques et fonctionnels, donc). Par exemple, l'association « fièvre élevée + courbatures » va faire évoquer un syndrome grippal (ou pseudo-grippal la plupart du temps, mais ne finassons pas).

    Une maladie est toujours liée à sa cause. Par exemple, la grippe se traduit par un syndrome grippal. Mais tout syndrome grippal n'est pas la grippe ; il existe d'autres causes (étiologies pour faire savant).

    Tenez, je vous fais un dessin :

    Étiologies, syndromes et symptômes

    Pour reprendre un exemple archi-connu, celui de la trisomie 21. L'étiologie est un chromosome 21 en trop ; comme les médecins n'aiment pas se casser la tête, on a appelé la maladie « trisomie 21 ». Avant qu'on ne se mette à faire pousser des cellules dans des tubes en verre pour compter les chromosomes, on parlait du « syndrome de Down » — monsieur Down avait remarqué que certains patients présentaient une association constante de signes cliniques (dysmorphie, retard mental etc), et cette association a porté son nom. Là, pas de pot, le syndrome de Down n'a qu'une seule cause, la trisomie 21. Mais, quoi qu'il en soit, le mot « syndrome » ne préjuge en aucun cas de l'origine du trouble. Sauf exceptions. Mais là n'est pas le propos.


    2. Un mot pour chaque chose

    Maintenant que vous maniez avec brio ces vocables essentiels de la terminologie médicale, il s'agit de les utiliser.
    Et donc, de faire la différence, dans le langage courant, entre les signes cliniques, les symptômes, les syndromes et les maladies.
    Dans votre parcours du combattant du puriste de la langue francomédicale, il y a, déjà, des faux amis. Consacrés par la langue de tous les jours, ils ont un sens très différent de ce qu'ils semblent vouloir dire. Palmarès des erreurs les plus fréquentes :
    •  colique : une colique est une douleur abdominale, point. Pour parler de selles liquides et abondantes, on utilise diarrhée.
    • migraine : une migraine est un syndrome (oui, je taille la nosologie au couteau, et non, ça ne me fait rien). Un simple mal de tête est une céphalée.
    • et pour finir un peu d'anat avec le distinguo ligament / tendon : un ligament est une bande de tissu conjonctif reliant deux os entre eux, alors qu'un tendon est le « cordage » permettant à un muscle de s'insérer sur un os.

    La suite à la prochaine fois.


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  • Commentaires

    1
    wal
    Mardi 11 Octobre 2011 à 12:34

    Super, j'ai adoré cette petite leçon

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