• Le Hobbit (JRR Tolkien)

    Titre original : The Hobbit, or There and Back Again
    Le Hobbit (JRR Tolkien)
    L'histoire


    Bilbon Sacquet est un hobbit de peu d'importance, issu d'une bonne famille. Un personnage pas très remarquable, coulant des jours heureux dans la paisible Comté - jusqu'à ce qu'un matin de printemps un sorcier et treize nains défoncent sa porte, s'invitent pour le thé, le dîner, et l'affublent du titre de Cambrioleur pour l'emporter avec eux dans une quête épique pour leur trésor perdu.
    Thorin, le Seigneur des Nains aux accents de maire de Champignac, veut en effet tuer le vil dragon Smaug, coupable d'avoir massacré son peuple et, pire encore, volé l'or des Nains du Mont Solitaire...

    Voici la troupe partie vers l'Est, par-delà les montagnes, affrontant (si l'on peut dire) quelques trolls au passage, se reposant au havre de la Maison d'Elrond le Semi-Elfe, se perdant dans quelques cavernes aux habitants étranges en essayant d'échapper aux Orcs, errant sans fin dans la noire forêt des Elfes Sylvains, jusqu'au Mont Solitaire, où la situation géopolitique se révèle au final un tantinet plus complexe que prévu.

    Quelle longue phrase.

    Mais quel bijou (le Hobbit, pas le résumé).


    Mon avis


    Au palmarès des quelques livres qu'il faut avoir lu dans sa vie, le Hobbit occupe à mon avis une place d'honneur, que l'on aime Tolkien ou pas. Il s'agit, de toute façon, de l'un de mes livres favoris, dont la lecture est venue comme un éblouissement.

    Dans cette histoire truculente aux personnages savoureux, les amateurs de contes en tous genres trouveront une méta-analyse (je sais, je sais...) des légendes de l'Ouest de l'Europe comme seule l'Angleterre peut en produire. Entre nobles figures d'inspiration celte, petits personnages désespérément terre-à-terre et Nains à l'orgueil chatouilleux partis tuer du dragon dans la lignée des meilleures (ou pires) légendes saxonnes, le Hobbit est un concentré d'Angleterre onirique, de ses contes, de ses légendes. (NB: penser à reprendre sa respiration) Bilbon se comporte à la manière d'un Anglais upper-middle-class comme on en retrouve dans les livres de PG Wodehouse, et les "voisins" elfiques au commerce plus ou moins agréable me font irrésistiblement penser aux relations très "je t'aime, moi non plus" du peuple anglais avec ses voisins écossais et irlandais.
    Voilà pour les sociologues et les amateurs de contes populaires.

    Les amoureux du langage, eux aussi, ne pourront que se régaler à la lecture de ce livre - particulièrement en version originale - où jeux de mots et poèmes (parfois frisant le non-sens) fusent comme autant de feux d'artifices. Dans le Hobbit, Tolkien prouve, s'il en était besoin, son étincellante maîtrise de la langue, passant en une phrase du registre de la nostalgie épique et de la poésie à la Keats aux réflections très pratiques de Bilbon, ou aux situations carrément grotesques. Le style de Tolkien est jouissif - ses phrases peuvent se réciter sans fin, tant cette verve héroïque est pétrie d'humour anglais et de poésie savoureuse.

    Paradoxalement, je pense que ce seront les fans du Tolkien du Seigneur des Anneaux et du Silmarillion qui risquent d'être déçus. Le Hobbit est une parenthèse dans l'histoire de la Terre du Milieu - sans l'histoire l'Anneau, ce texte serait un épiphénomène sans grande importance.
    Car le Hobbit est un texte qui se cherche. L'orientation de l'histoire change radicalement après grosso modo la première moitié lue, et passe d'un conte pour enfants à une histoire beaucoup plus complexe, la psychologie des personnages gagnant radicalement en profondeur en quelques pages - et du coup ne devenant peut-être pas compréhensible des plus jeunes lecteurs. Cette noble quête pour la justice devient un vol, et c'est en leur mentant et en les volant que Bilbon va le mieux aider ses amis, au rebours des livres pour enfants habituels.
    De plus, le style du Hobbit tranche avec celui du Seigneur des Anneaux - et n'a que très peu de choses en commun avec l'épopée héroïque qu'est le Silmarillion.

    Il s'agit néanmoins du même Tolkien et de la même Terre du Milieu : un auteur à la fantaisie débordante, dont les histoires vont des seigneurs des Elfes jusqu'aux truculents Hobbits aux pieds nus. Bref, il ne faut pas chercher ici la lignée de ces contes d'une immense beauté parlant de Lùthien Tinùviel, ni l'héroïsme ordinaire de la quête de Frodon - juste profiter d'un festival de rebondissements et de personnages à la profondeur parfois surprenante, mais tellement juste. Lire le Hobbit est toujours pour moi un immense plaisir ; je ne m'en lasse pas, et je suppose que c'est le cas de beaucoup de gens.

    Bien, ce n'est pas tout ça, mais, comme je ne suis pas sur la route du Mont Solitaire, je vais aller me faire un thé. Vous en voulez ?

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  • Commentaires

    1
    Lundi 11 Février 2008 à 22:10
    J'ai vraiment adoré Bilbo le Hobbit, je l'ai trouvé tellement plus agréable à lire que le Seigneur des anneaux... Je suis fan de l'univers de Tolkien
    2
    foortune
    Mercredi 13 Février 2008 à 09:14
    je lai lu également il y a longtemps maintenant! pour moi s'était le prélude au seigneur des anneaux! et puis il découvre "le précieux"!
    je me rappel plus si on y fait pas référence au tout début du film 1 du seigneur des anneaux??? faudrait que je le re regarde ^^

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