• Le cycle de Dune (Frank Herbert)

    Dune 1st edition coverDune, publié en 1965, est l'un des monuments de la science-fiction. Une planète désertique où un peuple sauvage allie traditionalisme et technologie, sous le joug des vilains méchants Harkonnen, et à qui un prophète apporte la liberté... Le tout sur une trame de fond cruciale, car Arrakis, Dune, est l'unique planète où se trouve l'Épice, substance aux pouvoirs étranges, nécessaire aux voyages spaciaux tout comme aux mystères du redouté matriarchat Bene Gesserit.

    Dune est un livre complexe et innovant, jouant avec brio de l'écologie, de la sociologie et de la simple science-fiction. Programme génétique millénaire, création de religions artificielles, et la nature d'Arrakis : vers des sables géants parcourant un désert sans limites, montures oniriques des Fremen, ce peuple dont les yeux bleus, saturés d'Épice, ne pleurent que pour les morts...

    La suite du roman, Le Messie de Dune, est à la même image. Il est difficile, a posteriori, de séparer les deux ouvrages, tant la continuité est de mise. C'est la suite haletante de l'histoire de la Maison des Atréides, désormais paria, contre le totalitarisme ambiant, avec les Fremen, et l'Épice, les complots, et cette prescience occupant une part cruciale de l'intrigue.

    Le troisième ouvrage du cycle, Les Enfants de Dune, poursuit dans la même veine, avec toutefois des éléments nouveaux — et c'est heureux, parce que c'est le dernier bon livre du cycle. Arrakis a changé ; l'eau commence à vaincre le désert, les vers des sables sont en danger. Leurs crocs de cristal font toujours régner une crainte respectueuse dans le désert, mais les villes se développent, la planète est en mutation, et des enfants jumeaux vont changer le monde pour des milliers d'années... La fin de ce troisième opus marque la fin d'une époque, avec l'avènement du règne d'un despote éclairé, prescient, et semble-t-il immortel.

    La suite est ridicule. On a envie de lire l'Empereur-Dieu de Dune, pour savoir ce qu'il advient de cet enfant sacrifié. On lit Les Hérétiques de Dune, parce qu'on espère que le tome précédent était une erreur vite réparée. Et on finit par La Maison des Mères, simplement parce qu'après s'être enfilé 1978 pages, on peut bien en lire 420 de plus. Là où les trois premiers ouvrages sont audacieux, les derniers ressassent toujours les mêmes intrigues. Là où les trois premiers sont complexes et fascinants, les trois derniers sont fades et prévisibles.

    Alors mon conseil : surtout ne lisez pas les trois derniers. Mais les trois premiers ouvrages du cycle sont tellement géniaux que ce serait bête de s'en priver !


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  • Commentaires

    1
    Xiphang
    Vendredi 13 Mai 2011 à 22:26

    Et que dire de ce roman tout aussi prémonitoire, sorti à la fin des années 70 : La mort blanche.

    Un homme retourne sur l'ile de ses ancètres, l'irlande et voit sa femmes et son enfant mourir, victimes d'un attentat de l'IRA. Il en ressort transformé, emplit de vengeance et va "fabriquer" un virus sensé s'attaquer aux femmes de cette ile, les empéchant de se reproduire.

    Une ile, une catégorie de personne, la sexualité, un virus, et plus loin la bataille entre français et américains pour trouver la cause et le traitement

    Que l'on ne vienne pas me dire que certains ne sont pas des visionnaires

    2
    Sayyou
    Mercredi 7 Décembre 2011 à 17:28

    Youpi, j'suis complètement d'accord avec ton analyse sur la saga Dune (les premiers tomes à crier au génie, les derniers à foutre aux oubliettes de la littérature) sauf que j'ai perdu la foi au milieu des Enfants de Dune : je trouve que ça commence déjà à partir en cacahouète avec ce tome-là.


    Magique blog, au fait.

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