• La pince de DeBakey

    Description


    pinces de DeBackeyLa pince de DeBakey - la DeBak', la pince à disséquer, voire la pince tout court - est à la chirurgie ce que le trombone est à MacGyver. Sa longueur varie de la taille d'une main à quasiment celle d'un avant-bras, elle peut être dotée ou non de griffes, et une boîte sans DeBakey est un scandale.

    La DeBak' est utilisée aussi bien pour les points de suture que pour les dissections, parce que cet instrument universel n'a qu'une fonction : remplacer les  doigts du chirurgien pour tenir une structure plus ou moins fragile. Plus robuste que sa cousine la <pince d'Adson>, la DeBakey est elle aussi munie de stries facilitant la préhension, et ses mors, plus larges, agrippent solidement tissus et vaisseaux. Atraumatique, la pince maintient sans léser.
    C'est la DeBakey qui sert le plus souvent à l'hémostase, en l'absence de bipolaire. "Feu sur ma pince" ; une suave odeur de cochon grillé charme les narines de tous, et le saignement s'arrête.

    Michael DeBakey


    Michael E. DeBakeyMichael Ellis Debakey, né en 1908 en Louisianne, est l'un des maîtres de la chirurgie cardiaque.

    Ce fils d'immigrés libanais, diplômé de l'Université de Tulane à la Nouvelle-Orléans, a fait ses premières armes sous la houlette de René Leriche, (voir l'article <pince de Leriche>) à Strasbourg, puis de Martin Kirschner, à Heilderberg. Dès ses années de formation à Tulane, DeBakey inventa la pompe au coeur des appareils de circulation extra-corporelle, rendant ainsi possible la chirurgie à coeur ouvert.

    De retour à Tulane en 1937, il y demeura jusqu'en 1948. Il fit en 1939, avec son mentor Alton Ochsner, les premières hypothèses d'imputabilité du tabac dans le cancer du poumon. La Deuxième Guerre Mondiale le vit sous les drapeaux de 1942 à 1946 ; DeBakey en profita pour fonder les M.A.S.H. (Mobile Army Surgical Hospital) en 1945. Sans lui, la série éponyme n'aurait jamais vu le jour, et avouez que ça aurait été dommage...

    Une fois rendu à la vie civile, Michael DeBackey rejoignit le Baylor College of Medicine de Houston, l'un des grands centres mondiaux de recherche clinique et biomédicale. Il en dirigea le département de chirurgie de 1948 à 1993.
    Pionnier de la chirurgie cardiaque et vasculaire, il fut parmi les premiers à réaliser des pontages coronariens et, en 1953, réussit la première endartériectomie carotidienne. Ses premières recherches sur les pompes le conduisirent à utiliser le premier avec succès un coeur artificiel chez un patient. Il inventa également l'utilisation des stents dans l'angioplastie, de même que les prothèses vasculaires en Dacron, après avoir bricolé la première sur la machine à coudre de sa femme !

    Michael DeBakey a également popularisé la chirurgie tout au long de sa carrière. Dans les années 60, lui et son équipe furent parmi les premiers à filmer leurs interventions. De nombreuses fonctions officielles achevèrent d'assoir l'image publique de DeBakey. Près de 9000 patients ont rempli la carrière de ce "magicien du coeur", comme l'a appelé
    le président russe Boris Yeltsin après son quintuple pontage.

    Aujourd'hui âgé de cent ans, Michael DeBakey a souffert d'une dissection aortique à 97 ans - pathologie dont la classification en trois stades porte son nom. Devenu le patient opéré d'une dissection le plus âgé au monde, après une intervention qu'il avait mise au point des années plus tôt, Michael DeBakey est toujours chancellier émérite du Baylor College et directeur du DeBakey Heart Center.

    Dernière minute : monsieur DeBakey est mort le 12 juillet 2008 - la chirurgie a perdu l'un de ses maîtres, et le monde médical un grand homme.

    Aller plus loin


    Wikipédia (en anglais)
    La pince de DeBakey

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  • Commentaires

    1
    Gassinus
    Jeudi 19 Février 2009 à 00:16
    Parait il qu'à l'origine son véritable nom était Bakey et qu'il a fait rajouter le préfixe "De" pour rendre son nom plus choc et passe partout. sisi !
    2
    Jeudi 19 Février 2009 à 20:30
    D'après Wikipédia (donc l'opposé du gold-standard des références en béton !), c'est une anglicisation de son nom de naissance, Michel Dabaghi.
    Mais j'ai un très gros faible pour ta version... parce que c'est comme ça que se construisent les légendes ! 
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