• La pince de Bengolea

    Description
    Pince de Bengolea (Bengo)
    La pince de Bengolea - la Bengo - fait partie des pinces hémostatiques, appliquant le principe de la forcipressure développé par Péan. Elle est toujours longue et fine ; ses mors peuvent être dotés ou non de griffes, et, si la variante la plus utilisée est courbe, elle existe aussi en droite. Les mors sont plus fins que les branches ; clampée, la pince est ainsi effilée et pointue, malgré son bout mousse.

    Dans l'éternel combat entre la ligature et la cautérisation, la pince de Bengolea est un atout majeur pour la cause des ligatures. Une fois un vaisseau gênant repéré, disséqué et dégagé, deux Bengo sont utilisées pour le clamper. La première est placée autant que possible en amont, s'il s'agit d'une artère ; si c'est une veine, la première Bengo sera positionnée en aval. Une deuxième pince est clampée à côté de la première - l'hémostase est alors assurée et il est possible de sectionner le vaisseau sans effusion de sang.
    Chaque moignon de vaisseau sera ensuite ligaturé au fil résorbable bobine, et les pinces lâchées.

    De par la finesse de ses mors, la pince de Bengolea a également bien d'autres usages que sa fontion hémostatique première. Elle peut ainsi faire fonction de dissecteur, en isolant des structures ou en confectionnant un trajet de tunnelisation, de drain... Elle peut également mettre en tension des structures comme le péritoine ou des ligaments.

    Les Bengolea ont ainsi un rôle à jouer aussi bien dans la chirurgie viscérale digestive ou urologique qu'en coelioscopie, ou lors de chirurgies plus fines comme la maxillo-faciale. Seule la taille de la pince varie, mais ses fonctions restent partout polymorphes.

    Adrián J. Bengolea


    Adrian J BengoleaAdrián Bengolea Demaría (cliquer sur la photo pour agrandir) est un chirurgien argentin né en 1887 d'un père médecin. Il était le quatrième enfant d'une fratrie de neuf A partir de 1908, il fit ses études à l'hôpital général Bernardino Rivadavia, de Buenos Aires, à l'origine "l'hôpital des femmes", fondé en 1774.
    Bengolea valida son doctorat en 1911, et passa l'aggrégation dans le service du docteur Luis Villa. Il épousa María Cristina de Elía Ocampo en 1914 ; le couple aura cinq enfants.

    En 1918, il devint chef de clinique chez Arturo Zabala ; chef-adjoint en 1923, il accéda à la cheferie de service (j'adore cette expression...) l'année suivante, puis en 1936 au poste de directeur de l'hôpital Rivadavia. Il ouvrit, durant cette décade, les services de nutrition et d'endocrinologie, ainsi qu'un centre anti-cancéreux.
    Bengolea attacha une grande importance à la recherche méthodologique, suivant en cela son ami Bernardo Houssay - co-prix Nobel de Médecine en 1947 pour la découverte du rôle des hormones hypophysaires sur la glycémie - et imprima son impulsion à la chirurgie expérimentale.
    Entre 1921 et 1947, Bengolea avait par ailleurs visité trois fois l'Europe. Ouvert aux nouvelles techniques, il s'attachait à ce qui est aujourd'hui appelé la formation médicale continue, s'intéressant aux nouvelles techniques et à leur application.

    Adrian Bengolea fut président de la Société Argentine de Chirurgie, et en tant que tel rapporteur au congrès international de chirurgie de Stockholm en 1939.
    En 1944, Bengolea figura parmi les cent trente-trois signataires d'une pétition demandant du gouvernement du président de facto Ramirez "une démocratie réelle par l'application fidèle des directives de la constitution nationale, et une solidarité américaine par la réalisation loyale des promesses internationales signées par les représentants du pays." Dans l'Argentine totalitaire des années 1940 - la "décade infâme" - l'opposition au régime des divers présidents de facto était un acte lourd de conséquences, et Adrian Bengolea fut démis de ses fonctions de directeur de l'hôpital Rivadavia en 1946, lors de l'accession de Juan Perón au pouvoir.

    Bengolea continua toutefois à exercer, travaillant sur la prise en charge chirurgicale de la cholécystite chronique et les carcinomes du col utérin. Il rejoignit les rangs de l'Académie Nationale de Médecine argentine en 1947, trois ans avant son décès subit en 1950, à l'âge de 63 ans.

    Sources


    Grandes Figuras de la Cirurgia Argentina (espagnol)
    A Padre Views South Americans (anglais)
    AJ Bengolea sur PubMed

    Version pdf de l'article

    Tags Tags : , , , , , ,
  • Commentaires

    1
    Vendredi 20 Février 2009 à 12:39
    C'est toujours un plaisir de lire les articles de cette série
    2
    Vendredi 20 Février 2009 à 20:12
    Merci :) Je n'ai pas beaucoup de temps en ce moment, pas autant que ce que j'aimerais pouvoir y consacrer, hélas, encore une fois, vive la D4... Les recherches prennent beaucoup de temps, même avec toute l'amitié dont peut faire preuve monsieur Google, parce qu'identifier exactement un médecin est difficile à partir du seul nom. Il faut chercher le prénom (PubMed ne fournit que les initiales), et ensuite trouver assez de matériel pour écrire un article. Et parfois le matériel se fait rare... J'ai dû renoncer à un article sur le professeur Dautray, un maxillo-facial nancéen, parce qu'il n'y a rien du tout sur lui sur internet. J'espère qu'il ne va pas falloir attendre qu'il meure pour trouver des trucs...
    3
    Samedi 21 Février 2009 à 02:13
    En effet, c'est assez dur de trouver beaucoup de doc solide sur les gens encore vivants.
    4
    Dimanche 1er Mars 2009 à 19:44
    Très impressionnée! me voila un peu plus savante sur Monsieur Bengolea et sa pince que j'utilise pour ma part très souvent n'étant pas chirurgien...pour aller chercher des stérilets dont on ne voit plus les fils... très fine , elle est particulièrement précieuse. Merci encore!
    5
    Jeudi 5 Mars 2009 à 11:46
    De rien, c'est moi qui te remercie de ta visite et des précisions que tu apportes sur la pince !
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :