• La pince d'Adson

    Description


    pince d'adsonLa pince d'Adson appartient, comme la <DeBakey>, à la famille des pinces à disséquer. Mais comparer une Adson et une DeBakey, c'est comme mettre côte à côte une Smart et un monospace. J'entends déjà les grincheux "Oui, mais il y a aussi de petites DeBakey". D'accord pour les puristes, mais même une DeBak' de format réduit possède des mors plus épais que l'Adson.

    C'est en effet dans ses mors que réside la spécificité de l'Adson. Avec ou sans griffes, ils ont la finesse de pattes d'insectes. D'après le site d'un fabriquant, leur diamètre est de deux millimètres, pour une pince de 15 centimètres de long - l'un des plus grands modèles, car les Adson les plus courantes sont un peu plus courtes (12 cm) et un tantinet plus fines. Ce sont ces mors qui donnent à la pince d'Adson son air reconnaissable entre tous : dans les pinces larges (pour une bonne préhension) à bouts fins (pour la délicatesse), il n'y a qu'elle.

    L'Adson va donc servir à tenir un élément pour permettre au chirurgien de le dégager ou de l'isoler (rôle de pince à disséquer) et, plus important, elle va permettre de tenir en finesse. Une Adson est assez lâche - elle serre beaucoup moins qu'une DeBakey, ce qui lui confère plus de délicatesse. Les pinces oscillent toujours entre deux impératifs : offrir la meilleure tenue possible (robustesse) sans léser les tissus (délicatesse). De part la faible surface de ses mors, l'Adson perd en robustesse, mais elle permet par là même la préhension de structures délicates facilement lésées. C'est pour cette raison qu'on la trouve dans les boîtes de maxillo et de chirurgie de la main.

    L'adjonction de griffes permet de compenser le manque de robustesse des Adson, mais il les rend aussi plus traumatiques. Une Adson à griffes pourra être utile pour tenir un élément de petite taille assez résistant - on pourra donc l'utiliser pour suturer, poser des agrafes... Toutefois, attention au tissu graisseux sous-cutané : le prendre avec une Adson à griffes, c'est risquer de se retrouver plein la pince de petites billes de graisse toute jaune, et c'est ben chiant après. Par contre, on n'a pas vraiment inventé mieux pour suturer - le tout est de mordre dans du tissu solide !

    Alfred Washington Adson


    Alfred Washington AdsonAlfred Washington Adson est né en 1887 dans l'état américain de l'Iowa, de parents immigrés norvégiens. Sans doute lui aussi atteint du virus de la migration, il étudia la médecine à l'université du Nebraska, et c'est en Pennsylvanie qu'il obtint son diplôme en 1914.

    Le jeune chirurgien trouva aussitôt un emploi à la jeune, mais déjà prestigieuse, clinique Mayo. Résident, puis praticien en 1918, Alfred Adson s'orienta dès lors vers la neurochirurgie - sa formation initiale était celle d'un chirurgien général. Sa première publication, en 1919, est le reflet de son intérêt pour une neurochirurgie encore balbutiante - une discrète étude clinique des anastomoses nerveuses. Rien de bien original, a priori, mais pourtant... Chef du service de neurochirurgie de la clinique Mayo en 1921, Adson conserva ce poste jusqu'à sa retraire en 1946.

    C'est pour ses travaux sur le syndrome du défilé costo-claviculaire que les étudiants retiennent aujourd'hui son nom. Le signe d'Adson (abolition du pouls radial en inspiration profonde avec rotation controlatérale de la tête) fut décrit pour la première fois en 1927, dans un article de la revue Annals of Surgery (Adson AW, Coffey JR - "Cervical Rib", Ann. of Surg. 85;839 pour ceux qui sont intéressés). Si à l'époque le rôle d'une côte surnuméraire était  bien reconnu, Adson fut le premier à étudier la place du tendon du scalène antérieur dans la compression du paquet vasculo-nerveux. Vingt ans plus tard, en 1947, il publia un nouvel article compilant l'expérience de deux décennies de traitement chirurgical de ce syndrome.

    Réduire Adson au signe et à la manoeuvre qui portent son nom est pourtant injuste. C
    ontemporain de <René Leriche>, il a étudié comme lui le système nerveux sympathique (ce devait être à la mode !). Le neurochirurgien américain introduisit ainsi la sympatectomie comme traitement du syndrome de Raynaud (1932). Mais là où Leriche pouvait approfondir une chirurgie viscérale déjà relativement développée, Adson se trouvait face à une spécialité cruellement négligée dans le passé. Opérabilité des tumeurs cérébrales, drainages des abcès cérébraux, prise en charge des ostéomyélites des os du crâne, fistules crâniosinusiennes, tumeurs rachidiennes... Alfred Adson a largement contribué au défrichement de quasiment tous les champs de la neurochirurgie - crâne, rachis, système végétatif, infections, tumeurs ; s'il s'était intéressé à la traumatologie, le tableau aurait été complet.

    Alfred Washington Adson est mort en 1951. Nul doute que l'apparition des nouvelles techniques neurochirurgicales l'aurait passionné -  spécialité toujours à la pointe de son temps, la neurochirurgie, qui manque aujourd'hui de praticiens, doit beaucoup de choses à ce fils d'émigrés scandinaves.

    Aller plus loin

     
    Seyed Behrooz Mostofi - Who's who in orthopedics (disponible sur <GoogleBooks>)

    Craig MW - "Alfred Washington Adson, pionneer neurosurgeon, 1887-1951" Trans Meet Am Surg Assoc Am Surg Assoc. 1952


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  • Commentaires

    1
    MiniMoi
    Vendredi 27 Février 2009 à 21:51
    Et là, on ne sais pas de quoi il est mort... Déceptionnnnnnn
    2
    Vendredi 27 Février 2009 à 23:05
    Oui, il en a quelques-uns comme ça pour qui les biographes ont respecté le secret médical... Je sais, c'est énervant.
    3
    clovis bolonga
    Jeudi 21 Février 2013 à 11:44
    de quoi s'agit-il?,il faudrai alars fair d s enquente
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