• La Mémoire dans la Peau (Robert Ludlum)

    Titre original : The Bourne Identity (1980)
    La Mémoire dans la Peau (Robert Ludlum)
    L'histoire


    1975.
    Un homme, blessé à la tête, inconscient, à demi-noyé, est repêché au large d'une île provençale, Port-Noir. Un médecin local le soigne, et l'inconnu guérit de ses blessures - mais il a perdu totalement la mémoire. Seules des images brèves et disparates le rattachent, par instants, à son passé qui lui échappe.
    Lorsqu'il découvrira que, sous sa peau, était dissimulé un film portant les références d'un compte bancaire de Zürich, c'est dit, il partira pour la Suisse et découvrira son identité.

    Il est Jason Bourne, traqué par des tueurs ne reculant devant rien ; il sait se battre, et son compte recèle des millions... Qui est-il ? Pourquoi veut-on le faire disparaître, et qui ?

    Sa quête le mènera à Paris, puis New-York, et il réalisera bientôt que, s'il est poursuivi, c'est pour avoir tenté d'empiéter sur le terrain d'un terroriste et tueur à gages à la triste renommée, Carlos le Chacal.
    Mais toujours cette question lancinante : qui est l'homme qu'on appelle Jason Bourne ?



    Mon avis


    Aouch. Un livre qui fait mal. Pas par sa longueur, tout à fait respectable pour un croisement entre thriller et roman d'espionnage, mais par, globalement, tout le reste.

    Le style. Deux possibilités : soit la traduction est exécrable, soit le texte de base est déjà désagréable.
    C'est dit, il n'y aura pas à y revenir.

    Les personnages. Trop de personnages secondaires et trop de stéréotypes. Mais pourquoi le héros ne peut-il pas être un beau salaud ? Un vrai tueur ? Un terroriste, quoi, et pas un Roméo amnésique qui aurait, en chemin, appris à se mouvoir dans cet univers dangereux. Et pourquoi sa tendre et douce est-elle forcée de l'appeler "chéri" tous les trois mots.... Je l'aurais bien faite tuer par un séide de Carlos, celle-là. De même que le vieux militaire recyclé en politique, cent fois, mille fois trop consensuel et stéréotypé.

    Le déroulement de l'intrigue. Le scénario, dans son schéma général, est excellent, mais Robert Ludlum le fusille autant qu'il peut. Il y a trop de coïncidences, trop de coups de chance et de pas de pot brutal. Les ficelles sont trop grosses ; elles se voient de loin, et finissent de transformer les personnages en marionnettes... La clarté dans le récit est capitale dans ce genre de romans, de même que la profonde cohérence de l'intrigue, qui se doit de se dérouler en milieu clos, où tensions et manipulations peuvent être portées à leur comble. L'auteur néglige ces points, et rend le livre brouillon et confus.

    La situation géopolitique et la manière d'aborder le terrorisme international. Là, ça fait mal. Un certain nombre de connaissances théoriques, mais pas d'assimilation. On nous montre un décor de théâtre doté d'une ambiance factice, au lieu d'un univers vraisemblable.
    Et, au rang anecdotique, la bibliothèque qui se transforme en QG en appuyant sur un bouton... Non, ça le fait pas. A oublier pour un prochain livre.

    Je pense avoir fait le tour. Ça me fait mal de dire tout ça, parce que l'idée de départ et le scénario dans ses grandes lignes sont excellents. Dans le même genre, j'ai largement préféré la série XIII où, malgré la surabondance de XIII-girls favorisées par la nature, l'intrigue est plus solide, plus cohérente, les personnages plus forts, et, bien que plus complexe, beaucoup plus facile à revoir dans sa globalité.

    Vous aurez compris que je n'ai pas aimé, que je ne lirai par d'autres livres de Ludlum à moins d'y être forcée, qu'Henry Porter reste mon maître en matière d'espionnage, et que, bizarrement, j'ai envie de voir le film.
    D'abord pour Matt Damon. Et surtout pour voir ce que les scénaristes auront tiré de ce bouquin.
    Bien du courage à eux.

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  • Commentaires

    1
    Lundi 17 Mars 2008 à 18:14
    Je l'ai pas lu celui là.
    C'est vrai que Ludlum, c'est toujours un peu galère avec tous les persos, les intrigues et tout. Il force un peu sur le côté "héros" des ses persos, c'est clair. Je me souviens avoir assez aimé pourtant (j'ai lu un truc avec Matarèze dedans, et quelques autres)

    Faudrait que je revoie tout ça, quand j'aurai le temps (sempiternelle complainte)
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