• L'échappée

    — Ouais, salut, c'est les Urgences, j'ai une dame, là, je me demandais si tu pouvais la prendre. Les pneumos ont pas de lit...
    — Raconte ?
    — Elle a une quarantaine d'années, un cancer bronchique à petites cellules métastatique à l'autre poumon, un envahissement médiastinal, en cours de troisième ligne de chimiothérapie, sans efficacité. Elle est pas de la région, elle est venue voir sa fille, et là elle est venue à l'Accueil sur une majoration de la dyspnée. Elle a la trachée déviée et envahie par la masse, en fait...

    Bonne fille, j'avais des lits, je l'ai prise.

    — Docteur, je veux mourir, me dit-elle.
    De grands yeux verts dans un visage hâve et gris ; un fin duvet brun en lieu de cheveux.
    Un dossier désespérant : diagnostic quatre mois plus tôt, et depuis, l'évolution malgré les traitements. Une dame en refus de soin : elle avait annulé ses deux dernières séances de chimio à l'arrache ; le dernier compte-rendu de consultation reflétait le désespoir relationnel de son oncologue. Il racontait une patiente fuyante, trop facile à braquer, trop calme, trop décidée à sa fin.
    — Injectez-moi quelque chose qui me fasse mourir, ajouta-t-elle devant mon silence.
    — Non, madame, je ne peux pas faire ça... Mais par contre on va essayer de vous soulager autrement.
    Elle ne prenait que peu d'antalgiques, au vu de la situation. Quasiment aucun traitement symptomatique.
    — Je ne veux pas, je veux juste mourir.
    Elle était calme. Elle portait de petites lunettes bordeaux à monture métallique ajourée. Elle avait des mules brodées, elles aussi bordeaux.
    C'était jeudi soir. Un été lourd et pesant, des chambres trop chaudes par ce temps d'orage menaçant. Plus que le week-end et je rendais l'astreinte. C'était une chambre double, mais la dame était seule — nous n'avions plus de chambres simples. Prévu de tenir l'autre lit fermé, de la changer de chambre dès que possible.
    Assise dans le lit, elle se tenait penchée en avant, une main appuyée sur la poitrine, cherchant l'air. Les muscles de son cou émacié se tendaient sous l'effort.
    J'ai parlé de corticoïdes. Elle n'en voulait pas. Elle voulait se reposer.
    J'ai parlé de Xanax. Elle n'en voulait pas. Elle ne voulait pas être shootée par les médicaments.
    J'ai parlé de chercher s'il n'y aurait pas une part de la dyspnée qu'un geste simple pourrait soulager : épanchement péricardique, épanchement pleural. Elle ne voulait ni écho cardiaque ni radio pulmonaire. Elle voulait mourir.
    Elle avait les pommettes larges, un peau grise finement striée sous le duvet de la cachexie, des lèvres fines, pâles et dessechées. De manière étonnante, pas d'escarre sous le nez, à l'endroit des lunettes à oxygène.
    J'ai parlé de bains de bouche, de soins locaux... Elle n'en voulait pas.
    J'ai parlé d'aérosols bronchodilatateurs (auscultation spastique). Elle n'en voulait pas.
    Contrairement à la majorité des patients, elle ne parlait pas. Elle répondait brièvement aux questions, pour refuser toute proposition de soin. Tous les temps de silence du monde ne la tentaient pas : muette, elle n'attendait rien de nous qu'une injection illusoire et immorale. Elle se plaçait volontairement au-delà de ce qu'on pouvait lui proposer, désirant ce qu'on ne pouvait lui infliger, initiatrice et victime de l'impasse.
    Exaspérée, j'avais envie de dire « mais si vous refusez qu'on vous soigne, pourquoi est-ce que vous êtes venue à l'hôpital ? Fallait vous jeter du haut d'un pont. »
    Avant de craquer, j'ai appelé Chef-Chéri. Sa position a été plus simple. Au lieu de négocier pied à pied le traitement des symptômes, il a prescrit en bloc, et annoncé de même. Pour vous soulager, on va faire ça, ça et ça. Corticoïdes à bonne dose, anxioytiques, aérosols, et je ne sais plus quoi. Peut-être un fond de diurétiques. J'ai oublié. Et si demain matin ça va pas mieux, échographie cardiaque plus ou moins drainage percutané sous locale.
    Lâchement, je l'ai suivi lorsqu'il a quitté la chambre.

    Le samedi matin, visite. Pas d'amélioration : écho. Allô l'interne de cardio de garde ?
    En fin de matinée, la cardiologue est venue. Il a fallu renégocier l'échographie. Ça ne fait pas mal, ça permettra de vous soulager si on voit du liquide dans le péricarde, on pourra l'évacuer. A deux internes, il nous a fallu vingt minutes pour que la dame accepte une écho rapide, au lit.
    Pas d'épanchement. Je vous l'avais bien dit que ça ne servait à rien, dit-elle.

    Le reste du week-end s'est passé à l'avenant. Passer vingt bonnes minutes dans la chambre à chaque passage. Le pneumologue d'astreinte avait juré sur la tête de son chien de la prendre dans son service à la première place disponible. Au mois d'août, mois des fermetures de lit, ces promesses-là reflètent parfois plus de bonne volonté que de possibilités réelles.

    Lundi matin, on a pu la passer en chambre seule. Changement de Chef-Chéri. Et surprise : cette dame, si réfractaire à tout traitement pendant le week-end, est soudain devenue coopérante. Comme une bécasse, je m'en suis réjouie.

    Lundi midi, la Co avait fini le bloc. On est allé manger à l'internat et je lui ai passé le téléphone. Il faisait beau et nous n'avions pas grand-chose à faire pour l'après-midi, donc pendant que les chefs remontaient consulter, nous nous sommes installées sur la terrasse de l'internat, avec un café. Au-dessus de nous, le murmure frais du vent dans les bouleaux argentés. Le ciel bleu entre les nuages. Des réanimateurs nous ont rejoint ; l'un d'entre eux a allumé une cigarette au parfum de miel. J'ai allongé les jambes et renversé la tête. Co, les coudes posés sur la table et le menton posé sur les coudes, blaguait doucement avec les réas.

    Le portable d'astreinte a sonné. Co a décroché. Ses traits se sont décomposés.
    — Qui ?... Non, c'est... Bouge pas, on remonte tout de suite.
    Pâle comme la mort, elle s'est tournée vers moi. Les réanimateurs ont arrêté de parler.
    — Une patiente s'est suicidée.
    — Hein ? Qui ?
    D'un coup, j'avais la bouche sèche. D'un coup, il faisait froid.
    — Madame H. Elle s'est jetée par la fenêtre de la tisanerie pendant les transmissions. 
    Nous nous sommes levées d'un seul mouvement. Dans le brouillard, nous avons escaladé le sentier du talus pour remonter à l'hôpital. Traversé le hall bondé. Pris l'ascenseur caché, celui qui va plus vite.

    A l'entrée du service, Cheftaine-Chérie avait la mine sombre des mauvais jours. En quelques minutes, tout le service était déjà au courant. L'une des secrétaires fixait d'un œil morne le téléphone en train de sonner. Lorsqu'elle a décroché, le geste était mécanique.
    — Qu'est-ce qui s'est passé ?
    — Tu sais, elle avait la chambre en face de la tisanerie... La fenêtre était entrouverte à cause du lave-vaisselle qui tournait... Elle est passée par là. Oh, Stockholm, je suis désolée, mais Chef 1 et Chef 2 sont en bas, ils n'arrivent pas à l'identifier. Il faudrait que tu descendes.
    Dans mon ventre, mon estomac a fait un tour sur lui-même et s'est arrêté. Le curry de poulet du midi s'est changé en plomb.
    — Pourquoi ?
    — Chef 2 ne l'a vue que ce matin, il ne la connaissait pas vraiment... Et Chef 1 n'arrive pas à la reconnaitre.
    Silence. J'ai vaguement senti que Co et Cheftaine-Chérie me regardaient.
    — Bon ben j'y vais, ai-je coassé.

    Je ne sais plus comment je suis descendue dans cette cour. J'ai poussé la lourde porte vitrée. Il y avait un petit attroupement à la verticale de la tisanerie. Des policiers, des SMURistes, des administratifs en civil, les deux Chefs-Chéris en blouse... J'ai resserré les pans de ma blouse contre moi, serré les dents, et foncé. Jusqu'à ce qu'une fliquette à casquette et queue de cheval brune me hèle de m'arrêter. Elle a couru vers moi. Je me suis figée.
    — Je suis l'interne d'astreinte, ai-je dit avec cette voix bizarre.
    — Si si, vous pouvez approcher, faut juste faire attention où vous mettez les pieds. 
    Et j'ai regardé par terre, et j'ai eu encore plus froid. J'étais à plus de cinq mètres du corps, et j'avais failli poser le pied sur ce qui ressemblait à un palais osseux. Il y avait des fragments roses un peu partout. Les Chefs-Chéris m'ont vue. Ils ont eu l'air soulagé, si tant est qu'un visage horrifié puisse exprimer quelque chose de plus.

    Je me suis approchée. On ne pouvait pas reconnaître la dame, et pourtant je me suis forcée à regarder. Le contenu de la fosse postérieure sortait de sa bouche. Le massif facial était fendu comme d'un coup de hache. Ses yeux morts fixaient le ciel. Les iris étaient pourtant verts, le crâne nu. Et, par terre, à côté du corps, il y avait les lunettes bordeaux, dont la monture métallique était tordue, et les mules assorties, tombées n'importe comment à quelques mètes l'une de l'autre. Sous les vêtements, le thorax avait une forme anormale et les membres étaient angulés de manière pénible.
    — C'est bien madame H, ai-je dit.
    Qui d'autre cela pouvait-il être ?
    Puis j'ai reculé en faisant attention de ne pas marcher dans les débris de cerveau. La traversée jusqu'à la zone sûre du milieu de la cour a duré des siècles.
    L'un des Chefs-Chéris avait l'air d'avoir envie de vomir. Il s'est aussitôt excusé et a dit qu'il était dans son bureau pour quand les policiers voudraient l'entendre. L'autre l'a suivi sans mot dire.
    Je me suis retrouvée seule avec deux femmes en civil. Plus tard, j'ai compris que c'était la directrice du site et l'administrateur de garde. Pour l'instant, elles n'avaient pas grand chose à dire. Elles évitaient surtout de regarder vers le corps. J'avais hâte que quelqu'un le ramasse sur une civière et l'emporte, ou au moins le recouvre. Heureusement, la fliquette à queue de cheval est vite venue me voir. Elle a pris mes coordonnées. Je lui ai raconté rapidement les évènements du week-end. Elle n'a pas pris de notes, a dit que Chef-Chéri avait dit que sa déposition suffirait, que c'était pas la peine de m'embêter.

    Il faisait de plus en plus froid, dans cette cour. Il n'y avait pas de soleil. Il n'y en avait jamais eu. Le vent me taillait en lanières sous ma blouse. Les SMURistes, cools, rangeaient leur matériel en se demandant pourquoi ils s'étaient déplacés pour une femme tombée du cinquième étage. Quelqu'un a eu la bonne idée d'étendre un drap sur le corps. J'ai demandé à la directrice si je pouvais partir. A l'ouest, le teint verdâtre, elle a dit qu'elle ne savait pas mais qu'elle pensait que oui. Alors j'ai demandé au Chef-Chéri des policiers, un mètre soixante, grosse moustache grise et  plus de galons que les autres. Il a dit que oui, alors je suis remontée dans le service comme un zombie.

    J'étais barbouillée, triste et furieuse. En colère devant le sentiment d'impuissance qui me submergeait. La dame s'était volontairement placée au delà de toute ressource et de toute aide, bien plus qu'en refusant un traitement antalgique. Devant sa mort, c'est l'impuissance qui m'a dominée, et aussi le dégoût : on aurait pu l'aider. J'étais en colère contre elle de ne pas nous avoir laissé la possibilité de la soulager. Désespoir, aussi, de ne pas avoir su trouver les mots pour la convaincre. Un animal malade, incurable, on le tue. Un être humain, on lui tend la main et on l'accompagne.
    Choisir de mourir était sa liberté. Elle aurait pu l'exercer n'importe quand ; pourquoi pendant l'hospitalisation ? J'entends bien qu'elle désirait mourir dès l'arrivée, et depuis je n'ai plus commis l'erreur de sous-estimer une demande de mort. Mais comment en était-on arrivé à ce niveau de désespoir irrévocable ?

    Les autres m'attendaient. Co et Cheftaine-Chérie m'ont demandé si je me sentais bien. J'ai dit que oui. Entre temps, l'interne d'anesthésie était arrivé ; il m'a pris le bras et m'a emmenée en salle de soins. Et là, on s'est bourré la gueule au Riclès.


  • Commentaires

    1
    galaod
    Mardi 17 Avril 2012 à 05:05

    Je reste sans voix face à ce billet... J'espère que tu vas bien après ce qui s'est passé ?

    Certains abandonnent la vie, d'autres persévèrent et y croient. Dans un monde parfait, ces derniers se doivent de leur tendre  la main, leur redonner espoir...

    Tu as fait ce qui était en ton pouvoir, et puis il est très difficile de changer les gens quand ils ne veulent pas changer. 

    Dans tous les cas, ne perds pas espoir. On  ne se rend pas toujours compte de la dureté et de l'exigence de ta profession. Sois fière de ce que tu fais, tu es une bonne personne.       

    Que Dieu te bénisse !

    2
    Mardi 17 Avril 2012 à 11:50
    Farfadoc

    D'abord, bravo pour l'écriture, comme toujours superbe. Ma gorge en est encore toute serrée et mon estomac légèrement soulevé. Ton histoire illustre bien les limites du "si on a des soins palliatifs de qualité, la demande d'euthanasie disparaîtra". Souvent oui, ou au moins peut-être. Des fois non. Comme tu dis, elle était décidée, elle l'aurait fait d'une façon ou d'une autre. Mais je m'interroge sans trouver de réponse : aurait-il été plus éthique, plus humain, de lui donner de quoi se suicider dans son lit? Pour elle, vu la suite de l'histoire, probablement. Mais comment on fait le tri entre les demandes de suicide recevables et les autres, quand le suicide est la réponse à un mal-être insoutenable, avec ou sans maladie incurable? 

     

    3
    lu6
    Mardi 17 Avril 2012 à 16:48

    La colère, et le sentiment d'impuissance...je m'y reconnais aussi. J'ai été confrontée également à une situation de fin de vie...c'est pas du tout la même histoire mais au final c'est les mêmes questions qu'on se pose, et si on avait fait-ci ou ça? et si on avait trouvé les bons mots etc...? Mais je pense, qu'on essait de faire au mieux et qu'on ne dois pas se culpabiliser d'avoir pas pu faire ce qu'il fallait pour changer la situation car peut-être que la situation ne pouvait pas changer?

    Le suicide est une impasse, et pour raisonner quelqu'un qui ne veut plus vivre c'est très difficile...la personne est imperméable à tout, surtout dans son cas je crois pas qu'il existait de bons mots pour expliquer que la meilleure solution c'était d'accepter les soins de confort. Pourquoi pendant l'hospit? Elle a due se sentir oppressée trop proche de la fin, une sorte d'échappée automatique, ces suicides là sont imprévisibles. Elle pensait peut être ne pas avoir été entendu. Sa demande d'euthanasie active est tout à fait compréhensible, mais on ne peut pas y répondre, ca serait hors la loi. Après est-ce que cette loi de bioéthique sur la fin de vie est bien faite? Je pense que oui, qu'elle est un bon compromis et qu'elle est raisonnable. L'euthanasie active, c'est sans retour, on laisse plus le choix, on répond à une demande au temps t0 mais à t1 est-ce que la personne n'aurait-elle pas revue sa position, changer d'avis (dans son cas accepté les antalgiques, les exam complémentaires etc.)...on tuerait cette possibilité. Donc je pense pas que ça aurait été plus éthique de lui fournir de quoi se suicider "proprement " dans son lit. Elle a pris sa décision, elle-même, bien que très violente. Il y a des situations qui nous tordent de questions morales, éthiques...et si? et si? c'est dur, mais rassurant car elles nous prouvent qu'on est humain.

    Stockholm ton blog est génial, ton écriture très agéable à lire! J'aimerais faire chir plus tard, alors je viens sur ton blog rélir qlq articles dès que j'ai une perte de motivation ;) merci à toi!

    4
    Mardi 17 Avril 2012 à 17:10

    Arf évidement qu'il interpelle ce post...

    J'ai eu aussi droit au patient qui voulait "qu'on lui fasse une piqûre"... Nous ne pouvons pas répondre à cette demande, et je ne pense pas que nous le devons.

    J'ai une façon de penser peut être égoïste, mais si une patiente veut mourir, elle n'a pas à reporter cette responsabilité et cette décision sur nous. Comme tu l'illustres si bien, si elle veut vraiment mourir, personne ne la fera changer d'avis et l'empêchera de trouver un moyen. C'est égoïste de demander à quelqu'un de provoquer la mort pour nous. (Je sais c'est un peu brut de décoffrage là)

    Elle ne voulait plus de soins, ok je la comprends. Ce refus des soins "de confort", peut être qu'il représentait autre chose pour elle, peut être qu'elle craignait que ça prolonge sa vie. Peut être qu'elle craignait de perdre la force de passer à l'acte si elle se sentait mieux.

    Je crois que j'aurais eu envie de lui dire "ne vous inquiètez pas, ces traitements vous soulageront, mais ne prolongeront pas votre vie. Vous voulez mourir rapidement ? Ok, mais vous n'êtes pas obligé d'attendre la mort en souffrant, ça n'ira pas plus vite poru autant." Je ne sais pas si je l'aurais vraiment dit, mais c'est ce qui m'est venu en lisant ton récit.

    Et en te lisant je me suis dit "bon bah c'est mieux comme ça" : la patiente a eu la fin qu'elle voulait. Enfin presque, évidement elle aurait sûrement préféré quelque chose de moins violent.

     

    Pourquoi l'hôpital ? Par rapport à sa famille, à sa fille peut être. Peut être est-elle venue devant l'insistance de sa fille. Et sûrement a-t-elle préféré ne pas lui imposer sa mort; surtout aussi violente. Il était sûrement préférable pour elle d'imposer ça à des inconnus, dans un endroit impersonnel. C'est tombé sur toi.

    5
    Mardi 17 Avril 2012 à 18:20

    La culpabilité nous assaille tous, quoiqu'on fasse. Et le mal au ventre, les pleurs et la douleur parfois.

    J'espère juste que tu vas bien.

    6
    Véto Lolo
    Mercredi 18 Avril 2012 à 15:12

    Au-delà de cette épreuve professionnelle, je voudrais rebondir sur l'euthanasie, que je pratique régulièrement car je suis vétérinaire. Je n'ai absolument pas le sentiment de "tuer" un animal incurable : j'ai comme toi le sentiment d'accompagner et d'aider un patient en fin de vie (l'animal), ainsi que ses maitres. Rares sont les propriétaires réfractaires à l'euthanasie (et je les respecte même si je ne partage pas leur point de vue... sur l'euthanasie animale, je ne parle que d'elle) et nombreux sont ceux qui nous remercient de cette altenative et nous "envient" cette possibilité. Je me réserve le droit de refuser les "euthanasies de convenance" qui ne sont pas justifiés. Tout de même.

    Quant à moi, je crois que lorsqu'on nait, on est destiné à mourir, dans un jour plus ou moins lointain, de façon plus ou moins injuste, plus ou moins précoce, plus ou moins douloureuse. Mais la mort est le lot de la vie. Et qu'on a le droit de vouloir mourir quand le corps et l'esprit n'en peuvent plus. Bien sûr, on peut choisir de se suicider tout seul chez soi, histoie de ne déranger personne. Proprement. On peut aussi vouloir se faire accompagner et soutenir dans cette volonté de mourir, c'est probablement celà qu'est venu chercher cette femme : ne pas être seule face à sa mort qu'elle désirait ardemment. Mais notre société ne peut pas lui offrir cela : aujourd'hui, si on veut mourir à un instant choisi parce qu'on n'en peut plus, on est souvent seul.

    7
    Mercredi 18 Avril 2012 à 17:14

    J'ai l'estomac retourné. Et le coeur. Et la tête. J'espère que tu vas bien, toi. En tout cas, ton billet illustre bien la problématique des soins palliatifs. Que faire quand il n'y a plus rien à faire? Bon courage pour la suite.

    8
    Zonder
    Jeudi 19 Avril 2012 à 01:36

    Veto lolo, je suis désolé mais comparer l'euthanasie du chiwawa de Madame Trucmuche et celle d'un patient humain, je ne pense pas que ce soit adéquate. L'animal vit les soins comme une souffrance et s'ils sont lourds ou sans issue, pourquoi pas… C'est probablement la meilleure chose pour la bête et les maîtres (le chat de mon frangin est mort de maladie quand nous étions ado, j'en garde un souvenir triste mais sans commune mesure avec la tristesse que j'observe chez les familles des patients ou lorsque j'ai un proche très malade).

    Les déclarations de notre futur président (F. Hollande car je pense que les jeux sont faits) m'inquiète car de part ma spécialité, je suis amené à prendre en charge des pathologies graves (cancéreuses) avec des prises en charge de fin de vie fréquentes (je dirais presque quotidiennes même). Le débat sur l'euthanasie, les commentaires le prouve encore, este un débat de gens en bonne santé qui se projettent souvent par des déclarations du type "si ça m'arrive, je veux qu'on me fasse une injection et basta"... La pratique est tout autre : une fois malade, la personne a surtout envie de vivre. En pratique, je trouve la souffrance psychologique/morale souvent bien plus dure à soulager que la souffrance physique. Quand celle-ci est trop importante, nous avons toujours la possibilité de sédater le patient, ce qui, n'en déplaise à certains généralistes n'est faisable dans de bonnes conditions qu'en hospitalisation avec des équipes formées et habituées. La souffrance morale est parfois terrible car elle peut débuter très tôt, parfois avant même que le pronostic soit irréversible, parfois de nombreux mois avant que la souffrance ou le délabrement physique soit important... Devons-nous répondre à la demande d'euthanasie de patients qui ne vont pas mourir avant plusieurs semaines ou 2-3 mois ? Pour les patients dont la mort est imminente, la situation est assez claire, la loi leonetti nous protège, nous pouvons tout faire pour soulager le patient quitte parfois à accélérer les choses avec de fortes doses d'antalgiques et d'anxiolytiques. Pour les autres rares situations (car les demandes d'euthanasie demeurent des exceptions contrairement à ce qu'essaie de nous faire croire certaines associations voire politiques), j'ai peur que légiférer pour une une infime partie des situations risque de ne pas rendre service à la majorité… Je me pose la question de ma position quand on m'en fera la demande (je ne me fais pas d'illusion, une loi viendra). Ferais-je appel à la clause de conscience pour refuser d'euthanasier le patient et, comme M. Romero (association pour le droit de mourir dans la dignité), le dit et l'écrit dans ses nombreuses interventions récentes, "faire appel à un collègue à l'aise avec le principe"... L'ennui, c'est que je ne suis pas sûr d'avoir envie de confier mon patient à un collègue qui serait "à l'aise avec le principe"... Sans compter les dérives possibles... Mais je m'arrête là, je suis trop long...

    9
    Véto Lolo
    Jeudi 19 Avril 2012 à 16:52

    Oups, excusez Dr Zonder, je ne suis "que véto". Pourtant , cela faisait bien longtemps que je n'avais pas eu ce cliché selon lequel tout ce qui est humain se place au-dessus de ce qui animal. Je ne parle même pas du plus-que-cliché du chihuahua-de-mme-trucmuche qui 1/ en est risible tellement il est caricatural et condescendant 2/ est fort méprisant pour Mme Trucmuche... mais l'empathie est une qualité universelle, que ce soit d'un vétérinaire ou celle d'un médecin 3/ ne me touche pas car je ne fais pas partie de ces vétérinaires soignant les chihuahua, à vrai dire même j'en connais peu dont la profession pourrait se limiter à ça, bref, je soigne du hamster de 20g au comtois de 1000kg. Et j'en ai vu pleurer des papys, ou même des plus jeunes, à la mort (je ne parle même pas d'euthanasie) de leur cheval de 30 ans. Autant de larmes que pour leur femme parfois. Ai-je le droit de porter un jugement ? Je m'en garde bien. Les sentiments, les convictions, tout ça, c'est bien personnel.

    Je ne suis confrontée qu'à l'euthanasie animale, fort heureusement. Même si quelques clients chaque année me disent "vous viendrez me piquer moi aussi quand ça n'ira plus, hein, docteur ?" mi-rire mi-sérieux. (Je crois bon, quand même, de préciser que je leur réponds invariablement que je ne soigne pas les bipèdes). Mon propos n'avait d'autre but que d'apporter un éclairage autre,  un point de vue, un début de piste de réflexion différente. Je me garde bien de dire s'il faut ou non légiférer sur la question et dans quelle mesure, je ne connais pas assez bien le sujet. Mais apparemment, le débat sur l'euthanasie ne peut pas faire intervenir ceux qui la pratiquent dans leur quotidien, sur d'autres mammifères pas assez nobles pour être comparés à l'Homme.

    10
    medulla
    Vendredi 20 Avril 2012 à 00:04

    Si je buvais , je boirais moi aussi , jusqu'à oublier le nom de ma mère .

    Madame H est venue à l'hôpital avec sa règle du jeu, elle avait une demande , une vraie , derrière les épaisses murailles qu'elle a construites. Elle voulait qu'on accède à elle sans donner la moindre explication. Réussissez tout de suite ou alors ...

    Comment trouver l'interstice dans lequel glisser le processus de soin ? Combien de temps aurait-il fallu ? 

    Qui a un remède pour celle qui se punit elle-même ?

    11
    jd
    Vendredi 20 Avril 2012 à 11:52

    Cette dame a hospitalisée pour l'agravation de sa dyspnée. Loin de chez elle. Parce qu'elle était venue voir sa fille (dont d'ailleurs tu ne parles pas, a-t-elle été présente durant l'hospi?). Peut-être était-ce la dernière chose qu'elle voulait faire? Elle était en fin de vie. Une vie dont tu as partagé les derniers moments sans avoir les clés qui auraient pu te permettre d'accéder à ce qui était constitutif de cette personne, à la différence de son MG qui a eut le temps de l'appréhender, ou de l'oncologue qui a pu batir une relation avec cette personne devenue malade. Toi, tu es celle qui vient à la fin, qui voudrait l'accompagner mais n'en a pas les moyens. Tu peux être en colère contre la vie qu'a eut cette dame et qui l'a faite comme tu l'as trouvé lorsqu'elle est arrivé dans tes lits. Tu peux être en colère contre son entourage (familial, social voire médical). Tu ne peux pas être en colère contre toi (c'est à dire contre ton impuissance).


     


    Si elle avait eut une méta cérébrale qui l'avait désorienté et expliqué son geste, serais-tu en colère contre ton impuissance? (Non, tu le serais de ne pas l'avoir fait surveiller). Je pense qu'il faut considérer la vie de cette personne, comme une cause de la fin qu'elle s'est choisie. Sa vie l'a faite aussi peu libre de vivre mieux ses derniers moments qu'une lésion cérébrale nous fait peu libre de faire des choix. Tu ne peux pas te demander, on ne peut pas te demander de traiter le déséspoir de cette femme face à l'approche de la mort sachant qu'il a sa cause dans ce qu'a été sa vie. Ce n'est pas un chirurgien dans ses dernières 72 heures qui peut changer l'empreinte qu'a imprimée une vie entière. Le fait d'être obligée de se défenestrer pour accéder à ce désir de mort est d'une rare violence physique. Il nous dérange car cette violence est attestée par le corps explosé 5 étages plus bas. Mais tout au fond des choses, ce n'est pas plus violent qu'une euthanasie active. C'est la demande, et le fait pour certains d'y accéder, qui est violente. Tu as tout fait pour l'aider avec ce que tu as appris, avec ce pour quoi la société t'as formé. Tu n'es pas là pour accéder à une demande d'euthanasie.


     


    Je suis d'accord avec toi, pour mourrir, ce n'est pas à l'hôpital qu'il faut aller, c'est sur un pont. Même si dit comme ça, c'est volontiers abrupt. Il n'est pas humain de me demander, de nous demander d'abréger la vie de quelqu'un. Personnellement, cela va à l'encontre de ma vocation, de ce que je suis, de ma foi. Je me méfie énormément des associations pour mourrir dans la dignité, parce que leur dignité n'est pas celle de tout le monde. Il ne me semble digne pour personne de faire mourrir volontairement un malade. Comme le dit très bien l'onco qui commente avant moi, on peut souvent rendre acceptable la douleur physique. Moins souvent la souffrance morale. On vit dans une société terriblement anxiogêne. Les angoisses qu'elle génère potentialisent les angoisses de la fin de vie. Il est inhumain de nous demander d'abréger celle-ci parce qu'on ne peut pas soulager celles-là. Je ne veux pas qu'une loi (faite par des non malades et beaucoup de non-médecins) nous dise comment nous comporter face à ces situations. Parce qu'un patient n'est pas une situation. C'est une personne. Elle est unique. Je le suis. Donc notre relation l'est. Tout ce qui va à l'encontre de celà me fait peur, en tant que médecin, mais aussi et surtoût en tant que fils, mari, père, frère de quelqu'un qui sera très malade un jour.


     


    Je suis désolé qu'un palais osseux se soit trouvé à 5 mêtres du corps défenestré auquel il appartenait. Mais au moment où cette dame est entré dans le service, avec son passif, avec tout ce qui en faisait une personne unique, il n'y avait rien de moralement, déontologiquement mieux à entreprendre que ce qui a été tenté pour elle.


     


    Contrairement à ce que le style style logorhéique que j'ai utilisé et dont je m'excuse pourrait faire suspecter, je ne suis pas psy (et ai même développé une activité assez débordante pour sécher mes cours de psy en mes jeunes années...).

    12
    Pyj
    Lundi 23 Avril 2012 à 22:20

    Des métiers bien paradoxaux que nos professions soignantes. On se retrouve vite perdu quand l'autre ne veut pas être aidé de la façon qu'on lui propose. Et trouver le mot juste, l'encoche dans le mur qui nous permettra d'entrer en communication et d'accorder l'éthique, les valeurs, les volontés et les peurs ne s'apprend pas. Il y a heureusement l'expérience qui forge, petit à petit, lentement mais sûrement une façon de lire l'autre.

    Et puis il y a la chance.

    Je me sens très forte quand je sens que j'ai trouvé la subtilité qui me permet de faire entendre ce qu'on me refusait en bloc, de comprendre un détail sur lequel tirer pour défaire le noeud gordien autrement que par l'épée. Mais ces moments sont rares, et pour une ou deux pépites du genre, combien d'échecs? Pas forcément aussi tragiques que ton histoire, heureusement...

    Des fois, on ne peut pas aider. Des fois on se trouve sur le chemin trop tard. L'autre a déjà trop avancé dans son parcours pour qu'on puisse lui faire prendre un aiguillage. On soigne les autres, il faut savoir se dire que le libre arbitre a cela de passionnant, de sublime et de terrible qu'on ne peut jamais complètement faire faire à l'autre ce que nous estimerions mieux.

    13
    Mercredi 25 Avril 2012 à 13:25
    mlle-cassis

    Ma grand-mère, une vieille dame de presque 95 ans encore en relativement bonne forme mais en perte d'autonomie progressive (besoin d'aide pour courses, ménage, s'habiller mais se déplaçant seule avec une canne) a annoncé à la famille la semaine dernière qu'elle avait décidé de faire appel à Exit, une association suisse d'aide au suicide (http://www.exit-geneve.ch/ ). Apparemment elle remplirait les conditions. Et brusquement, ça solutionne pas mal d'inquiétudes de la part de la famille (refus obstiné d'entrer en maison de repos, peur qu'elle se jette par la fenêtre, ...)

    Ce genre d'association existe-t-il chez vous?

    14
    Mercredi 25 Avril 2012 à 13:50

    Non ce n'est pas autorisé en France, mais certaines personnes font le voyage en Suisse.

     

    15
    Mercredi 25 Avril 2012 à 15:51

    Ouais enfin l'euthanasie pour éviter la maison de retraite, comment dire. Faudrait peut-être commencer par s'occuper des problèmes sociaux motivant la demande avant de se jeter sur la seringue.

    16
    Mercredi 25 Avril 2012 à 18:09
    mlle-cassis

    @Stockholm En l'ocurrence,  ce n'est pas une euthanasie puisque c'est sa demande à elle. Au contraire la famille n'a pas son mot à dire (on ne sera même pas prévenus de la date choisie le cas échéant, à moins qu'elle le décide elle). 

    Et ici ce n'est pas un problème social qui motive la demande, mais clairement son refus de la perte d'indépendance qui accompagne la perte d'autonomie (devoir être aidée pour de plus en plus de choses), la peur de devenir une "chose", de ne plus pouvoir choisir par soi-même ce qui est bien pour soi. Dans le domaine "lien social", être veuve depuis plus de 20 ans et le décès de ses connaissances les unes après les autres depuis des années n'aide pas non plus je pense. 

    Je trouve au contraire que c'est un choix courageux, même si ça (me) pose beaucoup de questions. Comme pour dire qu'elle aura décidé jusqu'au bout. 

    Et, peut-être un peu cyniquement, que ça peut éviter à une équipe médicale / flics / pompiers / proches de vivre le traumatisme que tu as vécu récemment. (les "interventions" sont validées par un comité sur dossier et réalisées par des bénévoles)

     

     

    17
    Jeudi 26 Avril 2012 à 23:21

    L'homme que j'ai laissé chez lui il y a quelques heures n'ira pas à l'hôpital.

     

    18
    Dimanche 29 Avril 2012 à 10:29

    Pfiou... ça me renvoie à de nombreux souvenirs de situations similaires auxquelles j'ai été confrontée durant mon internat.

    J'espère que tu as réussi à "digérer" cette expérience regrettable...

     

     

    19
    Dimanche 13 Mai 2012 à 14:43
    Dopamine

    Pfiou, tu as de beaux mots pour parler de cette situation dramatique. Apres son choix formulé du suicide, je ne crois pas que tu aurais pu faire quoique ce soit pour l'aider. C'était à elle de (re)faire le choix de la vie, et hélas elle ne l'a pas fait.

    Je lis les commentaires, et je crois qu'il faut distinguer deux choses pour parler de l'euthanasie.

    -les demandes d'euthanasie car douleurs physiques et surtout phsychiques. Un commentaire le disait, elles sont plutôt rares en vrai. Et sont souvent abandonnées lorsque la prise en charge en face est adaptée: médocs, écoute, environnement, attention. Cette situation que tu racontes ne peut pas servir d'exemple à une soi-disant limitation des soins pall. La patiente débarque, les médecins ne la connaissent pas, elle refuse toute thérapeutique... on est pas du tout dans un contexte de soins pall!

    -les demandes d'euthanasie par refus de vieillir, de devenir dépendant. Ben oui, mais c'est ça la vie. Et ça peut être beau, lorsque on en prend les moyens. Nous ne sommes pas des machines, efficaces, optimales, que l'on jette quand elles sont hors d'usage.

    je ne veux pas un jour quand je serai une vraie médecin (sisi un jour) voir des patients me dire: "Bonjour Dr, voilà j'ai eu 70 ans hier, donc maintenant je voudrais mourir tant que je suis en bonne santé."

    Et pour finir, spéciale Mlle Cassis qui a écrit: "ce n'est pas une euthanasie puisque c'est sa demande à elle." ... PARDON? Et alors, qu'est ce que c'est quand ce n'est pas une demande du patient? Moi j'appelle ça un meurtre, m'enfin bon, vous me direz.

    20
    Dimanche 13 Mai 2012 à 21:11
    mlle-cassis

    Cher/chère Dopamine, 

     

    Les termes officiels sont "demande d'assistance au suicide" (on parle du système suisse, toujours). 

    21
    Dimanche 13 Mai 2012 à 22:50
    Dopamine

    Mlle Cassis,

    pardon, j'avais compris dans le sens "c'est sa demande à elle de mourir" versus "ce n'est pas sa demande à elle de mourir" (mais la famille, le corps médical, etc). Du coup, j'étais choquée, alors jme suis mal exprimée. Pardon.

    "Demande d'assistance au suicide". Je sais pas, ça me parait incroyable. Que la société aide des gens qui sont en bonne santé à mourir par suicide, je trouve ça dingue... Y'a t'il beaucoup de demandes? Ca existe depuis combien de temps? Je serais curieuse de savoir ça.

    Erf oui, je suis une fille ;)

     

     

    22
    Lundi 14 Mai 2012 à 12:28
    mlle-cassis

    La famille (ou le médecin) ne peut évidemment pas décider d'elle-même l'euthanasie (comme on le ferait pour son chat malade). L'idée-même en est effectivement déjà très, très choquante!

     

    Petite précision: pour bénéficier de l'assistance au suicide, il ne s'agit pas juste de remplir un formulaire et hop! on vient chez toi, pof pof, clic-clac c'est fini. Il y a au contraire toute une procédure et des critères très précis pour pouvoir être "recevable" (déclaration du médecin traitant, etc). Souvent, ce sont des gens encore "en bon état" mais qui se savent atteints d'une maladie dégénérative qui font la démarche, à l'avance, pour qu'on puisse leur accorder cette aide le moment venu.

     

    Une personne en bonne santé qui déprime se ferait clairement rembarrer! (pardon, "indiquer un interlocuteur plus approprié")

     

    Pour tes autres questions, je te laisse [t'arracher les yeux] consulter le site de l'association en question http://www.exit-geneve.ch/index.html ainsi que la page wikipedia relative http://fr.wikipedia.org/wiki/Exit_%28assistance_au_suicide%29. (un thème si joyeux sur lequel s'instruire) :)

     

     

    23
    DRBADIS
    Lundi 28 Mai 2012 à 16:41

    Tu sais l'euthanasie se pratique en chu... je ne l'ai pas supporté d'ailleurs.

    24
    Isa
    Lundi 21 Septembre 2015 à 10:32

    Je suis Belge.


    Quelle douceur d'avoir vu mon père partir en toute dignité en choisissant lui-meme.


    Il avait 80 ans . MG depuis la fin des années 50. Cancer du pancreas et terriblement conscient de la suite.


    J'ai vecu les reunions avec l'équipe hospitalière et la psy etc...


    Papa nous a donné sa dernière lecon de vie et de courage. On a eu une magnifique semaine a tout se dire avant son depart.


    Et la dernière chose de lui , il est parti la main dans celle de ma soeur et de sa vieille infirmière chef, venu lui dire adieu... réunis comme ils l'étaient plus jeunes pour aider d'autre plus ages lors du grand passage


    Il est partit en ronflant...ce bruit qui me rassurait la nuit enfant...


     


     

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