• Fannou

    Après Boubou, découvrez Fannou, l'IBODE qui n'aime pas, mais pas du tout, les internes. Boubou te prends principalement pour un incapable dangereux. Elle est chiante, mais ça part d'un bon sentiment. Fannou, elle, c'est juste qu'elle peut pas t'encadrer. Comme tous tes co internes. Sauf que Fannou, en plus, elle en fait pas bien bien lourd.

    Déjà, Fannou, elle ne s'habille jamais, même sur les chantiers de la mort, c'est un principe. Être circulante suffit à son bonheur ; le problème, c'est qu'elle n'arrive pas à te donner le matériel nécessaire à l'intervention. Il manque toujours un champ latéral, du sérum chaud, des trocards à la bonne taille.

    Mais bon. Pour te filer les affaires, encore faut-il que tu sois habillé. Fannou trouve que c'est déshonnorer sa fonction que d'appeler l'interne. Entre les blocs, tu peux avoir une visite à faire, un avis à donner, ou un café à prendre, en tout cas quitter la salle, quand tu sais que l'entre-deux va durer une heure au bas mot pour cause de pose de péri et de KTC. 
    Une fois que c'est prêt, Fannou appelle le chef. Mais pas toi. Alors si tu avais des trucs à faire ailleurs, c'est raté, parce qu'à un moment tu regarderas ta montre, tu pousseras un hurlement intérieur en voyant que ça fait quasi une heure et demie que tu es sortie de salle ; tu retourneras au bloc en courant sans même faire pipi avant le chantier, et tu vois qui ? Ton chef et l'externe habillés en tenue de combat, et en train de préparer la table.

    Moment de solitude.

    Tu cours t'inonder les avant-bras de Stérilium, et tu reviens en salle pour te frictionner, et demander à Fannou :
    — Pourquoi tu m'as pas appelée, Fannou ? J'attendais ton coup de fil pour venir.
    Et là, Fannou renifle et te regarde en plissant les yeux, la tête un peu de côté. Puis elle articule avec mépris :
    — On aurait bien fini par t'appeler. Un jour.
    Ouais. Genre une fois que Chef-Chéri a incisé. 

    Et là, tu as juste envie de te déstériliser pour lui vider la bouteille de Stérilium dans les cheveux. Genre très envie.

    Sauf que, en y réfléchissant, tu te rappelles que c'est pas la première fois que ça t'arrive, sauf que les autres fois tu étais dans le bloc. Tu étais dans le bureau à moins de deux mètres de la porte de la salle, et si tu ne t'étais pas retournée par hasard, tu n'aurais pas vu l'anesthésiste mettre le tuyau dans la bouche, le fixer, Fannou commencer son pré-champ...
    Tes co-internes ont des histoires identiques, d'ailleurs. Surtout les filles. Uniquement les filles, en fait. 

    Alors après tu te venges en visant exprès à côté de la poubelle quand tu jettes une compresse, parce que tu supposes que les compresses, elle est obligée de les ramasser, pour les compter. Et que ça te fait malheureusement plaisir d'annoncer :
    — Oh, 'scuse, Fannou, il y a une compresse à terre.
    Les emballages de fils, tu vises bien, parce que c'est les ASH qui les ramasseront, sinon, mais les compresses et les champs, c'est une autre histoire...

    Et même pas. Quand Fannou est remplacée, tu entends sa collègue ronchonner qu'elle n'a pas fait le compte. Enfin très mal. Comme si elle avait ramassé les compresses dans la poubelle de Chef-Chéri, mais pas dans la tienne, parce qu'il faut faire le tour de la table et s'approcher de cette pestiférée d'interne.

    Mais quelque part tu comprends le compte de compresses cahotique, parce que Fannou se barre toute les deux minutes de salle, alors pour elle c'est difficile de suivre.

    Comme quand on change de gants, par exemple. Fannou a une certaine tendance à filer des gants à Chef-Chéri, et pas à toi. Tu te dégantes, tu remets tes manchettes en ordre, et une fois que Chef-Chéri a sa paire, Fannou va vite écrire quelque chose dans le dossier. Voire quitte la salle, alors que tu es à un mètre du champ, mains nues, et que tu t'égosilles à lui demander une paire de six, s'il te plaît, Fannou ! Fannou, steuplé !
    Même que des fois c'est l'IADE qui va t'ouvrir une paire de gants. 

    Fannou, elle est fatigante, parce que tu es quasi certaine qu'elle daube sur les internes dès qu'ils ont le dos tourné.

    Fannou, tu aimerais bien qu'elle se reconvertisse en infirmière scolaire. D'ailleurs, tu la vois bien là dedans. Au moins, elle ficherait la paix aux internes.


  • Commentaires

    1
    Don Peridon
    Lundi 29 Août 2011 à 18:20
    Don Peridon

    Ce qui est surtout fatiguant avec ce genre de personnes, c'est qu'elles oublient que le médecin, interne, IDE, AS, ASH, personnels techniques devraient tous travailler ensemble dans l'intérêt du patient. Ce genre de comportement infantile va à l'encontre de cette collaboration. Parce que ce ne sont pas uniquement les internes qu'elle emmerde mais indirectement le patient et sa prise en charge correcte.

    A l'hopital on retrouve parfois ce genre de comportement entre services ( les urgences vs le bloc vs la réa vs la médecine vs la chir...).

    Heureusement pour le patient, ce n'est pas forcément la règle générale :)

     

    (infirmière scolaire ? pauvres enfants :( )

    2
    Kewan
    Lundi 29 Août 2011 à 18:58

    Marrant ça, Fannou oublie d'appeler l'interne mais JAMAIS l'externe. Ben oui, sans externe, elle devrait s'habiller...

    3
    Jeudi 15 Septembre 2011 à 20:10
    zigmund

    pour un peu, je t'indiquerais des moyens supplémentaires (légaux )de nuire à Fannou et de lui pourrir l'existence sans nuire au patient...

    tu te laisses em...quiquiner parce que tu es jeune, à partir d'un certain âge , je peux t'assurer qu'on ne se laisse plus marcher sur les pieds ...

    déjà faire une coalition secrête avec les autres internes concernés par ces nuisances ...et puis interne c'est un CDD un jour on devient chef  et là on doit pouvoir remettre les pendules à l'heure

     

    4
    Ju
    Samedi 15 Mars 2014 à 23:34

    C'est marrant, je la connais au masculin moi

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