• De la bonne (ou pas)

    La bonne SF, la bonne fantasy, c'est quoi, d'abord ?

    Aujourd'hui, les littératures et les films de l'imaginaire semblent plus populaires que jamais : du Seigneur des Anneaux à Harry Potter, de Twilight aux reboots de Star Trek, des Avengers à Guillaume Musso, de Marc Lévy à Prométhéus et aux Hunger Games, une très grosse partie de ce qui fait du fric plus ou moins culturel en ce début de millénaire comporte :
    - des aliens,
    - diverses divinités, déchues ou non,
    - des fantômes, réincarnations etc,
    - des créatures fantastiques traditionnelles plus ou moins relookées,
    - et j'en passe, vous voyez le tableau.

    Si tu es écrivain, réalisateur ou quoi, et que t'as pas d'Imaginaire dans ton produit, non mais allô, quoi !

    Pardon.

    Toujours est-il que ces ressorts scénaristiques sont passés du rang de sous-littérature et de séries B d'il y a trente ans au must have des productions récentes. Et, sans vouloir faire ma snob, c'était mieux avant. L'Âge d'Or de la science-fiction, ce sont les années 1940-1960 : Bradbury, Herbert, Heinlein, Vonnegut. Clarke, Asimov. Le cycle d'Hypérion, publié à partir de 1989, fait figure de fleur tardive. Ce sont des œuvres, et des auteurs, qui ont imbibé notre imaginaire, qui ont façonné notre perception du futur, et, souvent, le grand public n'en retient que les éléments les plus marquants. Planète désertique, quête du héros, robots sentients, dystopies totalitaires, autant d'éléments réutilisés jusqu'à la nausée par la suite, avec une superficialité qui n'a d'égale que leur insanité. Si, dans le mythe du sauveur blanc d'Avatar, rien n'était nouveau, le monde a hurlé au génie devant la nouveauté du seul univers, qui renonçait aux étendues sablonneuses et aux rochers glaciaux pour réinventer les jungles mortelles.

    Pour le cinéma, la période royale a été un peu plus tardive, et moins marquée : les vrais bons films de SF sont rares, et ceux de fantasy encore plus. L'histoire du cinéma de l'imaginaire est parsemée de joyaux, mais au milieu d'une quantité telle de navets que c'en est décourageant. Pour une bonne trilogie Star Wars, pour un remarquable Moon, pour un innovant Alien, pour un premier Matrix qui vous mettent le cerveau à l'envers, combien, sinon de bouses, tout au moins de films quelconques ? Et, surtout, combien de films, combien de livres, qui utilisent les ficelles narratives de l'Imaginaire pour pallier aux déficiences de leur scénario ? Combien de fois un deus ex machina fantastique ou futuriste est-il la seule solution de sauvetage du scénario ?

    Ce qui fait la différence entre le cycle des Robots et son infâme adaptation cinématographique,
    Entre Révolte sur la Lune et les derniers tomes des Hunger Games,
    Entre Farenheit 451 et Tron:Legacy,
    Entre Battlestar Galactica et Intelligence Artificielle,
    Entre la mythologie Star Wars et l'insanité Twilight,
    Entre les livres de Tolkien et leur massacre néozélandais,
    Entre Matrix et Prometheus,
    Entre Equilibrium, V pour Vendetta et le dernier volet de Matrix,
    Bref, entre la bonne et la mauvaise imagination, c'est que la bonne imagination pose des questions, tandis que la mauvaise donne des réponses.

    Les genres de l'imaginaire ne sont pas un genre pour les paresseux. Oh, c'est très sympathique de se coller devant un gros space opera qui tâche comme le Cinquième Élément. C'est comme la glace Häggen-Däsz au speculoos : ça stimule les sens, c'est bien bon, mais on ne mangerait pas deux pots d'un coup.
    Le seul but des imaginaires est d'explorer la nature humaine. Prenez des individus, des sociétés, ôtez-leur toutes leurs attaches culturelles et placez-les dans un univers nouveau. Quelles sont les constantes fondamentales des êtres humains ?
    Les éléments imaginaires ne sont là qu'un prétexte ; Harry Potter aurait-il eu autant de succès si sa seule fin avait été de montrer de la magie ? Les livres sont, au final, un poignant hymne à l'amour comme ciment humain. Star Wars aurait-il eu l'impact qu'il a eu, si son propos n'avait été que les sabres lasers ? Alors que son exploration du Bien et du Mal est magnifique ? Les contes martiens de Bradbury ne sont pas qu'une terraformation sympathique, mais un questionnement sur la liberté, l'individualisme, le colonialisme, la censure. Et ces questions philosophiques sont au cœur de toute science fiction, au cœur de toute fantasy. Les voyages de Frodon & Cie en Terre du Milieu ne sont qu'un moyen de replacer la valeur des petites gens au centre des grands combats. Ce qui fait le souffle des imaginaires, c'est ce questionnement perpétuel. Les imaginaires ne prennent rien pour acquis et ont le pouvoir de tout remettre en cause. C'est le questionnement qu'elles ont sur nous, notre nature, nos sociétés, qui en fait des œuvres de grande valeur, et pas les frivolités des phasers et des voyages spaciaux, même si les sabres laser sont cools.

    Les imaginaires sont plus proches des contes philosophiques que du divertissement simple. La chose terrible est que les imaginaires sont extraordinairement séduisantes ; il est tentant d'intégrer quelques-uns de leurs appendices à n'importe quelle œuvre. Si le voyage temporel permet de résoudre une histoire d'amour, pourquoi ne pas l'utiliser ? Et oublier les questions profondes sur les ramifications de nos actes et sur la nature même du temps qu'il permet pourtant ! Si des mémoires robotiques permettent de ressuciter des personnages occis dans les épisodes précédents, pourquoi ne pas s'en servir ? Et oublier les interrogations sur la nature de l'intelligence, de l'empathie, et sur la définition même de l'humain ! Si un cadre dystopique vous est nécessaire pour justifier la psychologie de votre personnage, pourquoi s'en passer ? Et occulter les mécanismes politiques et sociologiques de l'oppression !

    Je vous regarde, vous, les mauvais auteurs des SF, les mauvais scénaristes. La plus douce insulte qu'on puisse vous faire est l'accusation de pédanterie. Vous vous écoutez parler, vous prétendez fournir des réponses mystiques aux questions les plus rationnelles, vous vous embourbez dans vos effets spéciaux et vos tours de magie, vous faites de l'imaginaire sans en comprendre les ficelles, vous faites de l'imaginaire parce que vous êtes incapable d'avoir le souffle d'un Zola pour utiliser la société contemporaine comme cadre de vos dénonciations. Vous faites de l'imaginaire parce que vous êtes incapables de dénoncer quoi que ce soit, et que vous pensez que, sous le vernis des effets spéciaux, l'indigence de votre pensée passera inaperçue. Vous faites de l'imaginaire pour attirer les adolescentes en chaleur dans les salles, en renonçant au pouvoir d'interrogation que vous pourriez avoir. Pire, vous vous servez des imaginaires pour déverser, sous un déguisement nouveau, votre daube bilieuse et dogmatique cent fois réchauffée, pensant avoir le crédit de l'originalité (Prométhéus, je ne t'oublie pas). 

    Vous tous, qui faites du mauvais imaginaire, je vous honnis. C'est vous qui, refusant de remettre vos connaissances en question, renforcez les stéréotypes, en transposant les mécanismes d'oppression de nos sociétés sans les questionner. C'est vous qui, préférant les effets spéciaux à la solidité de votre histoire, faites passer les genres de l'imaginaire pour de la littérature de gare. C'est vous qui, attirés par la vague mercantile, prostituez les imaginaires, les asservissez et les méprisez, ne voyant en eux que des fins et non des moyens. Vous galvaudez leurs esthétiques, leurs codes, pour tenter d'apporter de la profondeur à vos œuvres creuses, tel le geai qui se parait des plumes du paon. 

    Et à vous tous qui méprisez un peu les imaginaires, les classant toujours un cran sous la « vraie » littérature et le « vrai » cinéma : vous pouvez trouver bien plus matière à réflexion sur la nature humaine dans un obscur Moon que dans une adaptation infidèle de Bel-Ami. Les imaginaires vous présenteront des questionnements que les Dostoïevsky, les Maupassant, les Joyce n'osaient même se figurer. En quoi une histoire courte sur un robot humanoïde immortel fait-elle écho à Harriet Beecher Stowe ? En quoi la nouvelle racontant la vie secrète et remarquable d'un étranger à la peau bleue peut-elle se comparer au Voyage du Pélerin, et le dépasse par ses interrogations sur la nature de la foi ? En quoi les tragédies grecques, et leurs rapports au Destin, se retrouvent-elles, encore magnifiées, dans la destinée de l'héritier d'un Duc assassiné ?
    Si l'on peut trouver charmante la morale d'une fable d'Ésope, pourquoi ignorer celle d'historiettes délicates, au prétexte qu'elles ont pour théâtre une Inde travestie sur un autre monde ?
    Si l'on encense le surréalisme gouailleur d'un Queneau, portant aux nues son génie des mots, comment ignorer la sublime Horde du Contrevent d'Alain Damasio, sans doute le travail le plus achevé, le plus ciselé et le plus fou fait en langue française depuis quarante ans ? Le style n'est pas la limite des imaginaires ; dans des mondes, des situations, des univers entièrement nouveaux, la langue doit être réinventée, et seul le traducteur peut être à blâmer pour l'insuffisance de certaines œuvres majeures. Le sens du rythme de Bradbury (et celui de ses excellentissimes traducteurs français, Henri Robillot et Jacques Chambon) vaut celui de Wordsworth, Dan Simmons excelle dans sa verve rabelaisienne et joussive... Tolkien a réinsufflé la vie au style héroïque des chroniques médiévales — créant par ailleurs plusieurs langages s'entrinfluençant dans un univers d'honneur, de devoir et de trahisons. En réalité, il n'y a pas une science-fiction, une fantasy ; chaque auteur se rattache naturellement à un mouvement plus large. Leur dénominateur commun est l'humain, mais leur palette d'expression est immense. Il y a du roman noir, du naturalisme, des romantiques et des poètes. Il y a les gothiques morbides et les désillunionés postmodernes comme les rêveurs lumineux de mythes, transcripteurs de légendes. Il y a les blasés expérimentateurs du Nouveau Roman, les voyeurs des romans de gare ; il y a les inspirés, les philosophes à périodes longues, et les artisans de l'ellipse impressioniste. Il y a tout, dans les imaginaires, et on ne peut pas tout aimer mais, de cette foison d'imagination sortent des trésors. Les imaginaires ne sont contraintes par aucune des limites de la narration conventionnelle ; elles s'y rattachent cependant, car elles s'en nourrissent, et n'explorent de nouveaux mondes que pour mieux refléter le nôtre.

    Si la nature humaine est une constante, notre génie créatif en est l'équation. Ses variables changent d'un siècle à l'autre, d'une culture à l'autre ; libre à chacun d'en préférer certaines. Mais ignorer l'intemporalité de tant d'écrits, de tant de films, au prétexte de leur réappropriation mercantile par certains, est-ce raisonnable ? Je n'aime pas Guerre et Paix ; ma passion pour Madame Bovary est limitée. Je n'ai pas encore compris les Hauts de Hurlevent, bien que j'aime leur beauté sombre. Kubrick m'ennuie, de même qu'Orson Welles. Mais ce sont des œuvres majeures, et je reconnais leurs qualités ; elles sont là, bien réelles, palpables et tangibles. Mais d'autres sont là. D'autres, exclues des manuels scolaires, ostracisées sur trois pauvres étagères par les libraires généralistes, sont aussi fortes, aussi neuves, et placent autant l'humain en leur cœur que les grands de la Renaissance.

    Les bonnes imaginaires sont universalistes. Elles s'adressent à l'humain de tout âge, de toute race, de tout genre. Elles ne cherchent ni à le convaincre, ni à le convertir. Au delà des artifices, elles placent leur spectateur face à lui-même, à ses peurs, ses préjugés, ses acquis. Elles ne cherchent pas à lui imposer leur vision du monde. Leurs interprétations sont multiples, car elles ne donnent jamais une réponse — mais posent une infinité de questions.

     


  • Commentaires

    1
    kyra.
    Lundi 1er Avril 2013 à 12:03

    j'ajouterais John Brunner à ta liste d'auteurs, surtout pour "tous à Zanzibar"

    2
    Lundi 1er Avril 2013 à 13:31

    Excellent billet !

    3
    kyra.
    Lundi 1er Avril 2013 à 13:50

    Ah et puis le 1º film de science fiction de Georges Lucas: THX 1138

    Trop dépouillé, pas d'extraterrestre de tous poils, ça n'a pas marché; alors aprés il s'est lancé dans stars war.

    Mais c'est un film vraiment intéressant. Chaque fois que je vais dans un musée récent où les toilettes sont cachées au bout d'un labyrinthe de couloirs blancs je me crois transportée dans ce film. (je ne sais pas si c'est comme ça en France, mais les musées modernes portugais sont comme ça. labyrinthe noir pour les collections, avec juste de l'éclairage sur les objets exposés, labyrinthe blanc hyperéclairé pour le reste)Flippant!

    4
    wain"
    Lundi 1er Avril 2013 à 15:45

    Merci pr ce billet passionné, et merci à ce prof de français qui avait mis Chroniques Martiennes au programme de notre classe de 4ème : des univers s'ouvraient devant nous :)

    5
    Lexomil
    Lundi 1er Avril 2013 à 18:00

    Le problème principal après avoir rencontré Damasio, c'est que tu ne peux plus ingérer par la suite de roman en deçà. Je cherche toujours d'autres romans de qualité au moins équivalente, mais c'est de plus en plus difficile.Néanmoins, il est très agréable de trouver (même si je savais que tu avais un bon passif :p) des internes de chir calés dans ce domaine. D'ailleurs quand tu parles de fantasy/imaginaire/SF, tu es foutu, au ban des adultes intellos -_-

    6
    Amx
    Lundi 1er Avril 2013 à 20:25

    Peut être tout cela ne viendrait il pas d'une nécessité, transformée en obligation, d'avoir des "résultats" à court terme, ce qui oblige à fournir au public une variation de ce qu'il aime, plutot que ce qu'il pourrait aimer !

    Les scénaristes ont faim, il doivent manger !De plus, ceux qui sont leur premier obstacle, ceux qu'ils doivent convaincre dans le sérail n'ont plus tous les même raisons et mérites d'y siéger !
    Il me revient cette histoire du producteur qui rend son scénario à l'auteur en le fustigeant d'un :" Ma cette scénario elle est même pas française!"

    Nivellement par le bas...tout simplement...et qui n'épargne pas plus cette spécialité qu'une autre....

    "Le progrés? Ce serait la qualité d'avant guerre, au prix d'avant guerre" aurait dit....?

     

     

    7
    erlina
    Lundi 1er Avril 2013 à 21:38

    J'ai dévoré Herbert, Asimov, Dan simmons  ( et Brunner avec "tous à Zanzibar " oui !!!!) pendant mon adolescence et je pensais étre la seule à chercher des romans de ce niveau depuis...Si quelqu'un a fait des découvertes interressantes parmis les jeunes auteurs de SF je prends !

    8
    xiphang
    Lundi 1er Avril 2013 à 22:24

    Dans les même veines, P Jose Farmer, Thomas Disch, Philippe K Dick, Andrevon, Théodore Sturgeon et tout un paquet d'autres

    9
    Lundi 1er Avril 2013 à 23:27

    @erlina

    Chez les jeunes, ou en tout cas relativement, je conseille la Horde du Contrevent de Damasio, citée dans le billet. Spin, de Wilson. Le Dragon Griaule, de Shepard. Il doit y en avoir d'autres, mais ce sont les premiers qui me viennent à l'esprit.

    10
    ptibonom
    Mardi 2 Avril 2013 à 12:05

    La conclusion à M. Theodore Sturgeon :

    « L'existence de grandes quantités de déchets dans la science-fiction est peut-être regrettable, mais elle est admise, car non moins naturelle qu'ailleurs. »

    « Le meilleur de la science-fiction est aussi bon que le meilleur de n'importe quel autre domaine de fiction. »

    11
    ptibonom
    Mardi 2 Avril 2013 à 12:14

    Autre exemple de la différence entre le roman et son infâme adaptation cinématographique :

       Starship troopers de Robert A. Heinlein et l'adaptation de Paul Verhoeven

     

    A l'inverse, je recommande La guerre éternelle de Joe Haldeman et dont j'adore l'adaptation en BD par Marvano. 

    12
    Mardi 2 Avril 2013 à 13:23

    Marrant moi j'ai bien aimé le film Starship troopers. Il n'a rien à voir avec le bouquin, ce n'est pas un grand film, mais je ne crois pas que ce soit sa prétention.

    La SF (ou fantasy etc) peut aussi être une simple détente, comme tout autre genre. Dans ce cas, la seule question qui vaille est : "est-ce distrayant ?".

     

    Je ne suis pas persuadé qu'une hiérarchisation soit pertinente. J'adore les "bons" bouquins cités dans le billet, je reconnais leur qualité à stimuler l'intelligence, mais je ne jetterais pas pour autant le reste.

    Tiens et dans les auteurs "intelligents", je trouve dommage d'oublier Le Guin, même si on ne peut pas citer tout le monde.

    13
    Mardi 2 Avril 2013 à 14:32

    Disclaimer avant tout : j'assume mes goûts douteux, j'ai bien aimé les 3 bouquins des Hunger Games. Ya plein de trucs un peu bancals dedans, mais ya aussi plein de détails bien trouvés.

    Tout à fait d'accord avec Fourrure: on a aussi le droit de lire de la SF/fantasy pour se distraire, comme n'importe quel autre genre. Après pour être distrayant faut que ce soit un minimum bien écrit avec un minimum de fond (par exemple Twilight c'était parfaitement insupportable).

    Je classe les imaginaires au même rang que n'importe quel genre de littérature. Et il y a de mauvais écrivains dans chaque genre. Il est toutefois vrai que la réputation des imaginaires est plus affectée par ses écrivains faciles/moyens que la réputation de la littérature en général. Dommage. Mais il faut dire aussi qu'on apprend peu la science-fiction ou autre genre imaginaire en lettres au lycée, c'était (on se fait vieux) les dernières pages des bouquins de français ou de littérature et on les faisait jamais parce qu'on n'avait pas le temps. Je ne sais pas si ça a changé aujourd'hui?

    Dans les classiques je rajouterais bien Philip K Dick, dont on peut déduire la concentration sérique en toxiques divers et variés en lisant certains de ses bouquins (je blague. J'adore vraiment.) Et je disais que j'avais bien aimé les Hunger Games, mais sur le même thème général je classe en number ouone toutes catégories confondues  Enders Game d'Orson Scott Card (un autre classique à mon sens). En voilà un questionnement sur l'utilisation de l'enfance, la violence, la xénophobie, etc.

    Merci pour ce post, excellent comme d'hab'!

    14
    Mesow
    Mercredi 3 Avril 2013 à 09:01

    Comme quoi on peut être interne en Chir et avoir de bon goûts littéraires :)

    Je te rejoins sur pas mal de points, avec néanmoins un accroc sur Le Seigneurs des Anneaux, dont je suis un fan absolu (applicable à l'ensemble de l'oeuvre de Tolkien , Tom Bombadil mis à part), et dont l'adaptation cinématographique n'est pas à ce point un carnage selon moi . Disons que rendre cette oeuvre accessible au grand public en gardant autant que possible son originalité et son cachet d'authencité est tout de même un sacré défi. Si on attendait de ces films qu'ils soient une parfaite adaptation de la trilogie papier, il est évident que la déception ne peut que prédominer. Je pense qu'il ne faut pas en attendre une adaptation mais une revisite cinématographique, et de ce point de vue là je trouve que PJ a fait un travail remarquable.

     

    Pour ta vision de l'imaginaire je suis entièrement d'accord, au même titre que les navets SF qui engloutissent les quelques bijoux qui trainent .

    Niveau auteurs récents, Dan Simmons (plus ou moins récent) et son Illium/Olympos sont un chef d'oeuvre à lire absolument.
    En Fantasy Eddings et sa Belgariade/Malorée a également fait un travail remarquable, mixant un univers issu de Tolkien avec une touche d'humour Pratchetienne .

    Feist laisse également un univers vaste à la libre interprétation du lecteur, et je pense que ce dernier point est un élément essentiel à tout livre de SF/Fantasy.

    Les grands auteurs/réalisateurs ont ceci en commun qu'ils laissent au lecteur/spectateur son libre arbitre dans l'interprétation de leurs oeuvres. Un univers trop vérouillé , trop encadré par des règles prédéfinies enlève toute place à l'imagination du lecteur, condition sine qua none au plaisir de la lecture de ses régistres si particuliers.
    Prenez tous les classiques sus cités : de Farmer à Bradburry, en passant par Frederick Brown , Simmons, Asimov (et son Némesis incontournable), Mc Caffrey (Perl), tous leurs univers sont conçus de manière à permettre une immersion totale et une véritable projection du lecteur à l'intérieur, laissant libre cours à son imagination pour les adapter à sa propre vision et à ses principes.

    Bref, exellent billet, comme d'habitude :)

    15
    Mercredi 3 Avril 2013 à 09:38

    Quelle avalanche de commentaires ! Et quel plaisir de voir les amateurs de SF faire leur coming out :)


    Je ne pouvais pas citer tous les chefs d'oeuvres dans le billet, d'abord parce que je ne les ai pas tous lus/vus, et que je ne les connais pas tous, heureusement ! ça laisse des tas de choses encore à découvrir.


    @ Gélule et Fourrure : bien sûr qu'il faut des divertissements purs dans les imaginaires ! Mais il faut le génie d'un Pratchett pour réussir (et Pratchett est souvent politique, et féministe ;) ). Dit la nana qui trouve que Galaxy Quest est une perle brillante du 7e art, et qui a rit comme une bossue en regardant Paul (l'ET libidineux et pochtron qui rencontre deux geeks sortis de la ComicCon). J'assume moi aussi mes goûts de chiottes :p

    16
    Florimelle
    Mercredi 3 Avril 2013 à 10:25

    Bonjour Stockholm ! Ca fait longtemps que je savoure tes posts de blog avec délice. Ton dernier post m'a encore plus touché que les autres : tu viens de verbaliser avec brio les réponses que j'aurais voulu apporter à certains profs de français goguenards. Le lien entre Fantasy/SF et conte philosophique m'avait sauté aux yeux au lycée lors de l'étude de Candide de Voltaire. 

    Pour de la bonne fantasy je crois pouvoir proposer quelques titres :

    - Les Ombres d'Abyme de Mathieu Gaborit. Sombre, mélancolique et décadent c'est un vrai régal à lire. De l'excellente fantasy urbaine où la ville d'Abyme, loin d'être un simple environnement est presque un personnage, une entité consciente... Un morceau de chocolat noir amer. Du même auteur : les Crepusculaires avec un concept de magie des plus poétiques.

    - L'Assassin Royal et Les Aventuriers de la Mer de Robin Hobb (beaucoup plus connu) : une fresque immense et chatoyante avec intrigues, trahisons et aventures. Avec une réutilisation très intelligente des "poncifs" du genre et des personnages bien campés qu'on les aime ou qu'on les déteste. Les réflexions qui sous-tendent ces oeuvres sont nombreuses : la différence, les préjugés, l'amour, le devoir...  Du sanglier aux champignons poelés : c'est très bon, pas écoeurant et bien qu'on puisse trouver plus fin ça reste excellent et on en redemande. 

    - La Mort du Necromant de Martha Wells. Une enquête prenante à lire dans un monde urbain en pleine Révolution industrielle et des personnages très attachants malgré leurs failles et leurs faiblesses. (là je sèche au niveau des comparaison avec la bouffe... ^^).

     

    17
    Mercredi 3 Avril 2013 à 13:11

    @Stockholm Ah ben oui mais si tu atteins le point Pratchett, forcément ^^ Je suis précisément en train de relire Nightwatch pour la Nième fois. Pratchett, c'est la plus belle littérature british actuelle que je connaisse.

    18
    Mesow
    Mercredi 3 Avril 2013 à 14:13

    @ Gélule :

    Essayes donc son "disciple" reconnu : Neil Geimann : Neverwhere et Stardust sont des incontournables du genre.
    Quant à Pratchett, la lecture en VO est tout de même recommandée

     

    @Florimelle

    Quitte à citer Hobb, ne pas parler de la cité des anciens et du soldat chamane c'est tout de même dommage ;)

    19
    Mercredi 3 Avril 2013 à 14:18

    @Mesow: déjà lu :) (3 ou 4 fois Neverwhere notamment). Evidemment que Pratchett c'est mieux en VO! toutefois sa traduction en français est un modèle du genre, et réussit le tour de force de restituer la finesse et la drôlerie de l'original. Le traducteur (Patrick Coutron) a d'ailleurs eu des prix je crois pour son travail sur Pratchett.

    20
    Florimelle
    Mercredi 3 Avril 2013 à 14:53

    @Mesow

    Je ne voulais citer que 1) des oeuvres entièrement publiées ce qui n'est pas le cas de la Cité des Anciens (T_T) 2) des oeuvres qui m'ont touché particulièrement et curieusement Le Soldat Chamane m'a laissé complétement indifférente. Pourtant la série a beaucoup d'éléments originaux et mérite d'être lue.  

    @Gélule

    Tu cites Orson Scott Card : as tu lu Les chroniques d'Alvin le faiseur ? J'avais vraiment aimé le premier tome (Le Septième Fils) et particulièrement les description de magie/sorcellerie du nouveau monde. 

    21
    ¨Pytchi
    Mercredi 3 Avril 2013 à 19:27

    J'aime beaucoup vos article et j'ai dévoré votre blog, et je voulais savoir ce que vous pensiez de la série de science-fiction créée par arte "Real Human". Je ne l'ai pas vu mais j'ai lu des articles, et ce qui est dit me fait fortement penser à une tentative d'adaptation de certaines nouvelles du Cycle des Robots d'Asimov (que j'apprécie beaucoup).

    Merci beaucoup de partager vos articles.

    22
    wain"
    Mercredi 3 Avril 2013 à 22:35

    j'adore, en qqs heures, le billet devient un recueil de suggestions, et on sent ds les comm" le plaisir procuré par ces lectures, qu'il vienne de la simple détente ou d'un travail un peu plus intellectuel  :) .

    je note à l'occasion qu'il faut vraiment que je lise Pratchett et Damasio ;)

    et ds les auteurs "d'imaginaires" de la liste déjà bien fournie et qualitative, même si pas SF/fantasy, King me semble aussi un bon champ d'exploration ;) .

    Le cycle de la Roue du temps , celui du Trone de Fer, etc...non on ne peut pas les citer tous, mais il suffit d'en avoir lu qqs "bons" , de ceux qui nous ont fait soit nous immerger "ailleurs" au fil des pages, qui ont fait vagabonder imagination, émotions et réflexions , pour avoir envie d'en trouver d'autres, du même niveau : le genre ne fait pas l'écrivain.

     

    23
    Quasi_Belge
    Jeudi 4 Avril 2013 à 07:58

    Je vois que tu cites Damasio: très bon !

    Et Orson scott Card a déjà été cité.

     

    Je rajouterai Clifford D. Simak et ses fables douces-amères sur le futur humain (demain les chiens, des souris et des robots...); et les potes de Damasio:

    Pierre Bordage, avec les guerriers du silence, et la trilogie 1792 et Ayerdhal, un de meilleurs écrivains contemporains selon un de mes amis.

     

    Sinon, le regretté Roland C.Wagner pour sa SF acide et drolatique :)

    (Pour mes lectures, j'ai dernièrement choisi l;e Filtre de ne lire que les Grands Prix de l'Imaginaire, après avoir fait les prix Hugo: généralement, de bonnes sélections)

    24
    Jeudi 4 Avril 2013 à 12:30

    @Florimelle : Non pas (encore) lu. Mais Monsieur Gélule m'a dit comme toi, 1er tome très bien, mais après c'est un peu inégal d'après lui. Donc sur ma to-read list :)

    25
    perruche en automne
    Jeudi 4 Avril 2013 à 17:12

    L'age d'or est l'age d'or, c'est à dire un age fantasmé. Il y a eu à l'époque un paquet de bouses comme bouquins. C'est toujours plus facile de juger quand le temps à fait son oeuvre. Chez Asimov par exemple tout n'est pas génial. Certaines nouvelles de Dick sont illisibles et j'en passe. Ensuite il y a des pépites, Dune est dans le space opéra, un des trucs les plus aboutis et le reste et j'en suis sur le restera. Tolkien que je relis tous les dix ans est un monstre incontournable, tous ceux que vous avez cités bien évidement, la serie des Enders est monumental. Je vous trouve dur avec la génération actuelle. Il y a des gens talentueux. En fantaisie Fionarvar de Kay est un vrai bonheur, Feist et son Krondor est très divertissant et parfois profond. En SF,  Lois Mcmaster Bujold est incontournable avec la saga des Vorkosigan et maintenant son exploration de la fantaisie avec chalion. J'aime bien aussi PF Hamilton qui génére des mondes très cohérents avec des heros attachants. J'ai aussi une grande tendresse pour les mondes de Neal Stephenson l'age de diamant, snow crash, son exploration de la science du XVIIIe. Et puis il y en a une qui est vraiment géniale c'est  Connie willis si vous n'avez pas lu "sans parler du chien" vous avez raté quelques choses. Et puis déjà cité Gaiman avec son fantastique american gods.

    Moi je trouve que la SF et la fantaisie actuelle, même si j'en lis moins qu'avant est quand même pas mal. Je ne regrette en rien l'age d'or. J'aime toujours relire fondation, mais je pense que les auteurs brillants avec des univers passionnants ne manquent pas.

    La SF n'est pas morte loin de là.

    26
    xiphang
    Jeudi 4 Avril 2013 à 19:56

    Beaucoup d'auteur masculin dans ces listes, alors j'ajoutterais une  non deux femmes avec Ursula Le Guin et ses Terremer, et Catherine L Moore avec Shambleau.

    Et pour l'imaginaire, celui que le grand Loovercraft considérait comme un maitre : Lord Dunsany avec le fabuleux "la fille du roii des Elfes"

    27
    ptibonom
    Vendredi 5 Avril 2013 à 11:51

    @Gellule : concernant Starship Troopers, en fait, j'ai vu et aimé le film pour son côté foutraque et les quelques plans spatiaux très réussi pour l'époque (le vaisseau brisé en 2 par un tir de plasma et dont on voit distinctement tous les niveaux). Le truc, c'est que j'ai lu ensuite le bouquin qui est très différent (infanterie d'élite et peu nombreuse Vs piétaille dansle film ...).

    Au final, le film n'est pas mauvais mais l'adaptation, elle, est infame.

    Paul Verhoeven a saccagé l'oeuvre alors qu'il aurait pu s'appuyer dessus avec des personnages ou une timeline différente (préquelle s'il tenait à la piétaille, par exemple). Le contexte (citoyenneté 'militaire'...) restait utilisable tel quel et ça lui évitait de mélanger Dubois et Rasczak.

     

    Concernant l'age d'or de la SF, j'ai quand même le sentiment que les romans de l'époque étaient très orienté science (ou anticipation scientifique), écrits par des auteurs à fort background scientifique et ayant vécu adulte la 2ème guerre mondiale. La période post age d'or débute franchement dans les années 70 avec une dérive psychédélique dont Dune (et Franck Herbert) est tout à fait représentatif.

     

    Les années 90-2000 voient certainement l'age d'or de la fantasy (Tolkien est précurseur de façon phénoménale) : Gemmel, Eddings, Jordan, Hobb, Feist, j'en oublie forcément.

    George RR Martin avec le trône de fer montre à mon sens (en plus de m'avoir collé une sacrée claque) l'évolution de la fantasy : un ancrage médiéval 'réaliste' bien plus marqué avec des éléments fantastiques du coup bien plus dérangeants (dans le bon sens). 

     

    J'adorerais un retour en force du style SF avec du space opéra, des mechas et une vrai anticipation scientifique 'moderne'. Ca me manque ...

    28
    Vendredi 5 Avril 2013 à 12:55

    Dans les jeunes, personne n'a parlé du très dur et très jouissif Gagner la guerre, de Jaworski.

    Toi qui évoquait Damasio, Stockholm, voilà un autre auteur français qui a écrit ce que personne n'attendait.

    29
    Mesow
    Vendredi 5 Avril 2013 à 12:57

    @ Perruche

    Merci de citer Feist et ses cycles de la Faille et des serpents, il est vrai qu'il mérite toute sa place ici.

    Lovecraft personnellement je n'ai jamais accroché, non pas pour le coté glauque/horrible qu'il dégage dans la majorité de ces écrits, mais surtout d'un point de vue purement littéraire, je trouve beaucoup de ses livres baclés, comme s'il manquait quelque chose dans la forme plus que dans le fond.
    Je pense que les "vieux" livre de SF sont "sacrés" devant les efforts d'anticipation nécéssaires, c'est à dire qu'imaginer ce qu'ils ont imaginer il y a 30 ou 40 ans est forcément plus anticipatoire que les anticipations actuelles, qui sont finalement moins irréelles qu'à l'époque.

    Après la SF est loin d'être morte, c'est sur.

    Le trône de Fer est une bonne série, mais trop travaillée à mon gout, trop ancrée dans le réel pour atteindre certains sommets occupés par les monstres du genre.

    30
    Mesow
    Vendredi 5 Avril 2013 à 13:04

    je ne l'ai pas vu passer, mais un auteur peu connu de SF, des années 40 (47 je crois) , qui a écrit 2 tomes que je trouve exceptionels, et en qui est à la source de mon amour du genre : Edmond Hamilton : le Roi des étoiles et par dela les étoiles

    A lire absolument

    31
    Wakar
    Samedi 13 Avril 2013 à 19:21

    Très bien ce billet, je vais aller me trouver des Damasio :)

    Mais n'oublions pas le cycle de la Tour Sombre de Stephen King, oeuvre splendide qui risque de vous rendre illisible la plupart des romans de SF. En cela, il est bien comparable au plus réaliste "Voyage au bout de la nuit" de Céline non ? ;)

    32
    MHH
    Mercredi 15 Mai 2013 à 08:27

    Parfait ce billet pour moi qui cherchait justement des nouvelles choses à lire en SF/fantasy, en en ayant marre des nullités (parfois primées) sur lesquelles je tombe.

    Et ma contribution à la liste de lecture collective : David Brin, et sa série Uplift. Encore un qui a une solide formation scientifique (astrophysicien, a bossé pour la NASA) et qui teste dans ses textes les hypothèses trop limites pour être proposées à la NASA. Avec des choses magnifiques sur ce qu'est être humain, ce qu'est l'intelligence, etc. C'est de la bonne.

    33
    Claire2506
    Lundi 3 Juin 2013 à 20:42

    bonjour, très beau billet !
     Je me demmandais ce qui vous pensiez du "trone de fer" (ou "games of thrones" en anglais, d'ou la série porte son nom.) Encore peu connue, je trouve ses livres rechercher et très bien ecrit.

     

    34
    Mardi 4 Juin 2013 à 12:13

    Je trouve que Game of Thrones se répète beaucoup, au bout d'un moment, et réutilise souvent les mêmes ficelles narratives. Puis y'a plein de clichés.

    35
    Mardi 25 Juin 2013 à 15:02
    Mrjmad

    Merci pour ce billet :) 

     

    Je rajouterais bien plein d'auteurs juste renversant (dont la plupart ont été cité en commentaire). Genre :

    -  Scott Card (mais il ne faut pas se renseigner sur ses opinions politiques ... ),

    - Gaiman (un chef d'oeuvre du début à la fin, Neverwhere étant loin d'être son chef d'oeuvre (même si un de mes livres préférés que j'adore juste totalement) )

    -  Bordage et Wagner, deux français de grand talents

    - Dick qui met des claques à chaque fois que je le lis (bordel Ubik ... ) 

    - Tim Powers (dont le palais du déviant qui parle de secte est juste .. absolument à lire)

    - Weber avec le cycle Harrington (même si ok, la fin.. )

    - Glen Cook et la compagnie noire ou le polar fantastique ...

    - Gibson et ses visions cybernétiques ...

     

    Etc etc etc .....

     

    Concernant la littérature actuelle; il y a deux choses à mon avis : 

    - "l'age d'or" étant au final assez vieux, il ne nous reste que les bouquins cools, ceux qui par leur qualité on pu traverser les années. Et même si on s'arrête plus tôt, année 80 ou 90, là encore le temps a fait son oeuvre. Et donc on a l'impression que c'était mieux avant (quiconque aura lu un seul tome de Blade, voyageur de l'infini par exempe comprendra ce que je veux dire (ou la plupart des bouquins de la collection anticipation en couverture blanche des éditions fleuves noirs ) 

    - il y a peu de changement de paradigme dans les bouquins. En SF, on est quasiment toujours sur 'vaisseaux spatiaux, ET, ordinateurs, IA , hyperespace. En medfan on est quasiment toujours sur elfe / dragons / nain ou sur vampires / zombies / loup garou (pour tout ce qui est plus fantasy). (je ne dis pas que c'est facile de trouver des changements de ressort imaginaire, juste que du coup on est habitué et ça fait très grosses ficelles et vieux pots usés). Il n'y a qu'à voir Tron. Dans le premier, il y avait la claque de découvrir un 'nouveau continent', un nouveau monde cybernétique. Et là, dans la suite commisse il y a quelques années, on a quoi ? (en plus d'avoir un scénario pourri). Exactement la même chose. Rien de nouveau, rien pour mettre une claque et nous retourner la cervelle. Du coup, on se blase et au plus de nouvelles histoires sont publiés sans nouveaux ressorts, au plus on s'ennuit en ayant l'impression que c'était mieux avant. 

    36
    Vendredi 28 Juin 2013 à 18:31

    Je voudrais qu'on m'explique la différence de "message" et de "questionnement" "Entre les livres de Tolkien et leur massacre néozélandais" qui racontent la même histoire à trois détails près (oui, le nettoyage de la Comté, génial, c'était absolument indispensable que Tolkien nous explique encore plus à quel point il n'aime pas l'industrialisation, comme si c'était pas assez évident, déjà) et la même morale, chrétienne : les humbles résistent au mal. On a plus de backstory dans les bouquins. Et ? Quel message profond est-ce que ça convie ? Les diverses langues qu'il a inventées, la réhabilitation du genre épique, tout ça fait partie de la forme de son histoire, pas des questions qu'elle pose, censées être, d'après ce post, l'apanage de la bonne fantasy.

    En outre, oui, il donne des réponses : comment se comporter face au mal(quand le mal a été commodément condensé en un anneau de pouvoir, Sauron, Saroumane et des orques). Il ne pose pas de questions.

    "Combien de fois un deus ex machina fantastique ou futuriste est-il la seule solution de sauvetage du scénario ?"

    #LesAigles

    Et ne nous voilons pas la face : Fahrenheit 451 est au moins aussi bête que the Hunger Games. D'un côté c'est "Hé, si on disait que la culture c'est mal, parce que ça fait te rebeller et que tout le monde devenait accro de télé, et donc bête parce que ma maman elle dit que ça rend bête, et que le gouvernement cramait des livres pour le fun ?" et de l'autre on a "Hé, si pour empêcher une guerre civile on prenait les gosses des gens qu'on est censés dominés, on les foutait en cage et on les forçait à s'entretuer devant les yeux de tout le pays (parce qu'ils sont forcés de regarder) ce qui fait d'ailleurs que la moitié des états vont mettre en place des formations paramilitaires pour leurs gosses. Quoi de plus facile à gérer que des machines de guerres dont on massacre la famille ?". Deux théories ni développées, ni logiques et qui se prétendent de hauts monuments de réflexion sur la nature humaine.

    Clamer en boucle que (presue )tout était plus intelligent avant n'est ni original ni intéressant et me parait tout aussi snob et passéiste que de ne jurer que par Zola.

    Sur les "dystopies" en général, cette littérature qui "pose des questions" voir ici et . (en)

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