• ( Pour plus de facilité, le titre des épisodes suivants sera sur le motif : La SDS E02, E03...)

    Le matin du premier novembre, Bichette s'est réveillée avec un sacré mal de crâne et de vagues souvenirs d'une soirée monstrueuse la veille à l'internat. Il y avait eu un flamand rose et, entre autres, une reproduction d'un Picasso de la période bleue.

    Avec un grognement, Bichette s'est retournée et a hurlé : il y avait quelqu'un d'autre dans son lit.

    L'affichage vert du radio-réveil a continué à clignoter. L'inconnu a grogné.

    — Putain, il est quoi, quelle heure, a-t-il articulé avec romantisme. Oh merde je suis d'astreinte. Chier.
    — ... T'es qui ?
    — Chai pas... Le flamand rose m'a attaqué... Je crois que j'ai fais comme une attaque de panique...

    Alors, Bichette s'est souvenu. L'horreur d'un flamand rose fou. La phobie que ce type avait des flamands roses, même normaux au plan psychiatrique. La crise de spasmophilie qu'il (le type) avait alors fait, et Bichette s'était retrouvée à le pousser dans son studio de l'internat pour ne pas qu'il se jette par la fenêtre du rez-de-chaussée et abime le capot d'une voiture dans son raptus suicidaire raté.
    Le type était encore habillé, d'ailleurs. Il y avait sur sa chemise froissée des déchirures qui auraient pu être faites par le bec du flamand rose.

    Mais aussi quelle idée avait eu le président de l'internat de vouloir jouer au criquet avec cet oiseau de merde ?!

    — Putaaaainchuid'astreinte, putaaaainchuid'astreinte, sanglotait le type, encore sous le choc. Faut qu'j'me lève. T'aurais pas de l'Atarax ? J'ai trop peur, il va venir me chercher, je suis sûr, si ça se trouve il est là, derrière la porte, il me guette, il m'attend... Faut que j'aille faire la visite...
    — Mais t'es qui, d'abord ? 
    — Ben, Antoine Antisex... Chui interne en neuro-cardio-chirurgie pédiatrique du cancer orthopédique des aveugles... Dis-moi que le flamand rose est parti... Steuplé... Je prends mon poste de chef demain...

    Bichette a hurlé. Encore. Mais dans sa tête, cette fois. Parce que ce type, c'était son chef à elle.

    La veille au soir (si tant est que trois heures du matin comptent comme encore le soir), elle se trouvait au milieu de l'internat un verre à la main lorsqu'un copain lui avait proposé de lui faire voir son futur chef au changement de stage. Antoine Antisex avait lui aussi un verre à la main, et Bichette était allée voir cette drôle de bête d'un peu plus près, lorsque le président de l'internat, superbe dans son costume de Roi de Cœur fluorescent, avait apporté le flamand rose.

    Et on lui avait laissé Antisex et sa crise de panique sur les bras, puisque c'était son chef, donc sa merde.

    — Casse-toi, demanda alors Bichette. S'il te plaît. Je te jure que le flamand rose est parti. Juste... casse-toi.


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  • A la maison :

    « Pas bouger, pas bouger, bon chien, pas bouger, bon chien, bon chien. »

     

    Au bloc :

    « Bouge pas, bouge pas, crétin, bouge pas, bouge pas, crétin. »

     

    L'éducation des internes ? C'est tout un art.


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  • Les productions Stockholm ont la joie et le bonheur de vous présenter la nouvelle série médicale à succès, La série des séries ! Plongez dans la vérité de l'univers médical, qui sent bon le pipi infecté au pyocyanique, qui est coloré en rouge par les flots de sang qui jaillissent au plafond à chaque intervention ou presque !

    Introducing :
    — Pépère, le vieux chef de service proche de la retraite et qu'on ne voit plus qu'un jour par semaine, le reste du temps il est en balade à droite et à gauche dans les ministères hauts placés, mais avant il était neuro-cardio-chirurgien pédiatre du cancer radiologue, et la technique de Pépère est une référence mondiale pour le traitement de la PMRCGNI (Polymalfoutose Rare Congénitale Grave Non Identifiée) ;
    — Croc-Blanc, le PU futur chef de service quand Pépère sera parti, qui fait peur aux D1 qui ne le connaissent pas, mais que les internes aiment bien, malgré une certaine tendance à bouffer de l'interne quand il s'est levé du mauvais pied ;
    — Obiwan, le vieux PH que tout le monde adore, et dont le seul défaut est d'opérer lentement ;
    — Antisex, le jeune PH à l'humour foireux et à la main habile ;
    — Valkyrie, la cheftaine de clinique à la longue chevelure, et dont la profondeur du décolleté (bonnet E) est encore inférieure à celle de son intellect perçant (c'est pas français mais je me comprends).

    Mais encore :
    — Romarin, l'interne du service qui prépare sa thèse,
    — Bichette, l'interne d'un autre service qui prépare un truc non identifié,
    — Pompon, l'interne d'on ne sait pas quel service et qui prépare le café.

    Et aussi :
    — divers endormeurs et horticulteurs d'êtres humains (entendez anesthésistes-réanimateurs, (c) Froufrou),
    — des externes aux nombre et compétences variables,
    — des infirmières belles et sexy, ou vieilles et plus compétentes que les internes (niark, va falloir choisir son camp !),
    — des aides-soignants et ASH à l'humour ravageur,
    — des patients émouvants,
    — du sexe,
    — du sang,
    — de l'émotion qui pleure,
    — de l'émotion qui fait hurler,
    — des conneries médicales que personne d'aplomb dans sa tête ne ferait jamais...

    Une série médicale, quoi.

     

    Bientôt sur vos écrans ! 


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  • Certains feraient bien de s'en inspirer. La paix ratatouille, ça ne paraît pas une si mauvaise idée : si tout le monde peut manger de la ratatouille...

    Samedi, j'ai traversé la place de Jaude, à Clermont-Ferrand (site historique où le bouclier de Brennus fut brandi la semaine dernière). En lieu et place d'une déferlante jaune et bleue, il y avait, sous Vercingétorix, une course de vélos familiale et sympatoche. De l'autre côté de la place, sous Desaix, il y avait une manifestation de soutien pour les Palestiniens de la bande de Gaza.
    D'un côté, un homme-mégaphone criait qu'il reste des places dans la course, et plus on est de fous, plus on rit. De l'autre côté, une femme-hauts-parleurs clamait que l'action d'Israël est illégale et qu'il fallait boycotter les fruits et légumes israéliens, pas par racisme envers les Israéliens, mais en punition de la politique de leur État, et qu'il fallait se contenter de ne pas acheter les produits des colonies parce que les autres, c'était OK. 

    J'ai eu du mal à comprendre le distinguo. Comment peut-on savoir avec certitude que le producteur des fruits et légumes qu'on achète habite dans ces fameuses colonies ? C'est pas écrit sur l'étiquette.

    Oui, 80 % de la population de Gaza vit dans une misère noire, sans eau potable, sans soins, sans nourriture, et dépend de l'aide internationale.
    Mais est-ce que le dire place de Jaude aidera ces gens ?
    A mon humble avis, non. Depuis quelques décennies que ça dure, les gens sont au courant. Mais c'est loin.
    Est-ce que les peaceniks à keffieh avaient véritablement le moyen, ce samedi, d'influencer la paix en Palestine ?

    J'ai pensé à Eureka Street. J'ai pensé que non.

    J'espère que les manifestants étaient de vrais pacifistes et non de vulgaires peaceniks. J'espère qu'ils ont d'autres moyens de se faire écouter que les manifestations place de Jaude, entre une course de vélos et un centre commercial. Et j'espère surtout que, s'ils ont ces moyens, ils les utilisent. Sinon, ils ne seront jamais que des peaceniks — grandes gueules, mais ne font rien. 


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  • Je suis en train de déménager. Comme je n'ai pas de meubles, l'opération consiste à aller dans les magasins (entendez Conforama), choisir un truc, payer, et le ramener dans mon chez moi à moi. C'est ce que j'ai fait pour la table de la cuisine, les chaises de la cuisine, le canapé, l'étagère du salon, le bureau, la chaise de bureau, et le porte-serviettes de la salle de bain.

    Puis j'ai voulu acheter un lit, parce que dormir par terre, bof.

    Je me voyais déjà en haut de l'affiche disais déjà que je prendrai un lit avec une tête de lit noire, ou alors avec une tringle pour accrocher un coussin que c'est chouette, ou alors un truc un peu incurvé über design, ou alors etc etc. En 90, parce que caser un lit deux places dans mon 27 mètres carrés, ça me dit moyen. Pas envie de devoir l'enjamber à chaque fois pour aller aux toilettes, puis comme je suis célibataire, hein !
    Je vais donc au rayon des lits. Il y a des tas de lits deux places beaux comme tout, juste comme je veux dans le style que je veux, mais en deux places.

    Alors j'ai cherché le rayon des lits une place.
    C'est celui des mômes.
    Vous voulez un lit largeur 90 ? Il faut aller le chercher au milieu des putain de lits Barbie et camouflage. Il faut se farcir les lits en forme de bagnole, ceux avec des draperies genre princesse à la con, ceux avec des têtes d'aliens dessus, ceux avec mon petit poney, ou des décalcomanies débiles. Il faut zigzaguer entre les lits superposés, les lits Spiderman, les lits Disney, et j'en passe et des meilleures. Et quand vous trouvez un cadre de lit tout simple, sans fioritures, et passablement agréable à l'œil, il est à trois centimètres du sol, pour ne pas que le gosse se fasse mal en tombant.
    Pscha !

    Quoi, on n'a pas le droit d'être célibataire et d'avoir un PETIT appart ?
    C'est quoi cette discrimination à la noix, cette merde qui renvoie les célibataires heureux avec les chiards ? 
    Tout le monde doit être en couple, c'est ça ?

    Non à la norme sociale ! Célibataires, et fiers de l'être, namého ! F1 bis, et fiers de l'être, morbleu !
    Révolution ! Que l'Armée Rouge écrase les vendeurs de lit néo-ségrégationistes !

     
    (Désolée pour le pétage de plombs, mais les astreintes, ça fatigue le cerveau...

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