• Seigneur, je ne saurais regarder d'un bon oeil
    Ces vieux singes de cour, qui ne savent rien faire,
    Sinon en leur marcher les princes contrefaire,
    Et se vêtir, comme eux, d'un pompeux appareil.

    Si leur maître se moque, ils feront le pareil,
    S'il ment, ce ne sont eux qui diront du contraire,
    Plutôt auront-ils vu, afin de lui complaire,
    La lune en plein midi, à minuit le soleil.

    Si quelqu'un devant eux reçoit un bon visage,
    Es le vont caresser, bien qu'ils crèvent de rage
    S'il le reçoit mauvais, ils le montrent au doigt.

    Mais ce qui plus contre eux quelquefois me dépite,
    C'est quand devant le roi, d'un visage hypocrite,
    Ils se prennent à rire, et ne savent pourquoi.

    Joachim du Bellay, les Regrets


    C'est tellement vrai en ce moment...

    votre commentaire
  • L'Irlande est un pays dont les habitants détestent être pris pour des cons par les Anglais, et encore plus être pris pour des Anglais par les cons.

    La Désencyclopédie, article Irlande

    Joli

    votre commentaire
  • Pâle étoile du soir, messagère lointaine,
    Dont le front sort brillant des voiles du couchant,
    De ton palais d'azur, au sein du firmament,
    Que regardes-tu dans la plaine ?

    La tempête s'éloigne, et les vents sont calmés.
    La forêt, qui frémit, pleure sur la bruyère ;
    Le phalène doré, dans sa course légère,
    Traverse les prés embaumés.
    Que cherches-tu sur la terre endormie ?
    Mais déjà vers les monts je te vois t'abaisser ;
    Tu fuis, en souriant, mélancolique amie,
    Et ton tremblant regard est près de s'effacer.

    Etoile qui descend sur la verte colline,
    Triste larme d'argent du manteau de la Nuit,
    Toi que regarde au loin le pâtre qui chemine
    Tandis que pas à pas son long troupeau le suit, -
    Etoile, où t'en vas-tu, dans cette nuit immense ?
    Cherches-tu sur la rive un lit dans les roseaux ?
    Où t'en vas-tu, si belle, à l'heure du silence,
    Tomber comme une perle au sein profond des eaux ?
    Ah ! si tu dois mourir, bel astre, et si ta tête
    Va dans la vaste mer plonger ses blonds cheveux,
    Avant de nous quitter, un seul instant arrête ; -
    Etoile de l'amour, ne descends pas des cieux !


    Alfred de Musset


    Tout l'esprit du romantisme... C'est Giselle, la Sylphide et Chopin. Ce sont les rêves d'Emma Bovary et les tableaux pré-raphaëlites - et l'un de mes poèmes favoris.

    1 commentaire

  • Miaooouuushnobidadish !....
    Les joies des vacances en pays étranger, par François Pérusse, le maître de l'humour. Je suis fan...

    votre commentaire
  • Monsieur Jourdain
    [...]Je voudrais donc lui mettre dans un billet : Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour  ; mais je voudrais que cela fût mis d’une manière galante, que cela fût tourné gentiment.

    Maître de philosophie
    Mettre que les feux de ses yeux réduisent votre cœur en cendres ; que vous souffrez nuit et jour pour elle les violences d’un…

    Monsieur Jourdain
    Non, non, non, je ne veux point tout cela ; je ne veux que ce que je vous ai dit : Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour.

    Maître de philosophie
    Il faut bien étendre un peu la chose.

    Monsieur Jourdain
    Non, vous dis-je, je ne veux que ces seules paroles-là dans le billet ; mais tournées à la mode ; bien arrangées comme il faut. Je vous prie de me dire un peu, pour voir, les diverses manières dont on les peut mettre.

    Maître de philosophie
    On les peut mettre premièrement comme vous avez dit.
    Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour. Ou bien : D’amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux. Ou bien : Vos yeux beaux d’amour me font, belle Marquise, mourir. Ou bien : Mourir vos beaux yeux, belle Marquise, d’amour me font. Ou bien : Me font vos yeux beaux mourir, belle Marquise, d’amour.

    Monsieur Jourdain
    Mais de toutes ces façons-là, laquelle est la meilleure ?

    Maître de philosophie
    Celle que vous avez dite : Belle Marquise, vos beaux yeux me font mourir d’amour.

    Monsieur Jourdain
    Cependant je n’ai point étudié, et j’ai fait cela tout du premier coup. Je vous remercie de tout mon cœur, et vous prie de venir demain de bonne heure.


    Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière (Le Bourgeois Gentilhomme)



    Pourquoi cette citation ?
    Parce que tout le monde se trouve un jour face à un monsieur Jourdain...


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique