• Patience et longueur de temps font plus que force, ni que rage

    Jean de La Fontaine


    Pouquoi cette citation aujourd'hui ? Tout simplement à cause de la grève des internes et des jeunes médecins... Mesures de déconventionnement à l'encontre des praticiens libéraux qui s'installeront là où le gouvernement ne veut pas veut dire inégalités de soins, et médecine à deux vitesse, avec ceux qui pourront avoir un rendez-vous rapide chez ces médecins, et ceux qui attendront toujours trois mois leurs rendez-vous parce qu'ils ne pourront pas s'offrir le luxe d'aller voir ailleurs...
    D'où une grève très suivie des internes, externes et jeunes médecins pour le retrait de ces mesures allant à l'encontre de la libre installation, mais aussi du simple bon sens. La grève est illimitée ; cela prendra le temps qu'il faudra, mais ce projet de loi serait mieux au fond de la corbeille à papiers que dans le corpus des lois françaises. (Pour rappel, c'est ce même projet qui cherche à dérembourser partiellement les affections de longue durée... donc les plus coûteuses...)

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  • In a dim corner of my room,
    For longer than my fancy thinks,
    A beautiful and silent Sphinx
    Has watched me, through the shifting gloom.

    Inviolate and immobile,
    She does not rise, she does not stir,
    For silver moons are naught to her
    And naught to her the suns that reel.

    Red follows grey accross the air,
    The waves of moonlight ebb and flow
    But with the Dawn she does not go
    And in the night-time she is there...


    Oscar Wilde

    Dans un coin sombre de ma chambre, depuis plus longtemps que je ne le pense, un Sphinx beau, et silencieux, me regarde à travers l'ombre changeante. Distante et immobile, elle ne se lève pas, ne bouge point, car les lunes d'argent ne lui sont rien non plus que la ronde des soleils. Le rouge suit le gris à travers la brise, les vagues de la lumière de lune fluent et refluent, mais avec l'Aube elle ne s'en va point et elle reste dans le soir...

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  • Ne me dites pas ce que je fais, je ne veux pas le savoir !

    Federico Fellini



    Ne pas savoir ce qu'on fait, se laisser guider par son instinct, comme un animal perdu...
    Aller nez au vent explorer le monde, inventer, se tromper, trébucher, se relever et flâner le long des rivières de rêve...
    Hésiter au croisement des routes ou foncer droit devant, le résultat est le même, puisque c'est l'instinct qui nous mène.
    Mais ne pas savoir ce qu'on fait n'empêche pas de pouvoir prévoir les conséquences de ses actes ; l'insouciance n'est pas inconséquence... On se retrouve ainsi un beau jour parent d'un projet, dépositaire d'un rêve qui a bondi du fantasme à la réalité et s'est transformé en un rien de temps. Vient alors le temps des conséquences ; il faut assumer son rêve, né de son instinct et, sous peine de le voir mourir, il faut le cultiver et qu'il s'épanouisse, comme une plante au soleil, prête à nous offrir son ombre et son parfum entêtant de rose noire...

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  • La cloche, dans le ciel qu'on voit,
    Doucement tinte.
    Un oiseau, sur l'arbre qu'on voit,
    Chante sa plainte.


    Paul Verlaine

    La chaude paresse des beaux jours semble s'attarder; le soleil a retrouvé sa force de Juin. Il est tentant de fermer les yeux, assis sur un banc, et de se laisser aller aux rêveries sans but en se laissant rôtir par le soleil. Il suffit de renverser son visage vers le ciel, paupières closes, pour sentir le picotement de la chaleur du midi; et le chant d'un merle ramène à la campagne et aux vacances...
    Mais le dernier des baisers de l'été a un parfum d'adieu et, ce matin, c'est le réveil qui nous a tiré du lit...
    Il n'y a plus qu'à se relever et se remettre en marche, l'agréable tiédeur chassée par la brise, le sourire aux lèvres en pensant aux dons de l'été et aux promesses de l'automne à venir.


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  • Je suis le ténébreux, le veuf, l'inconsolé,
    Le prince d'Aquitaine à la tour abolie;
    Ma seule étoile est morte, et mon luth constellé
    Porte le soleil noir de la mélancolie.


    Dans la nuit du tombeau, toi qui m'as consolé,
    Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
    La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
    Et la treille où le pampre à la rose s'allie.

    Suis-je Amour ou Phébus, Lusignan ou Byron?
    Mon front est rouge encore du baiser de la reine,
    J'ai rêvé dans la grotte où nage la sirène...

    Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron,
    Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
    Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.

    Gérard de Nerval
    Les Chimères (1854)



    Malgré leur couleur sombre, ces vers ont un rythme entêtant... Les images qu'ils conjurent s'esquissent avec clarté contre une toile obscure, fugaces et lumineuses, et ce poème trouve en moi une résonnance particulière de par son étroite association avec un personnage que j'ai créé.
    Mélange d'ombre et de lumière, ce sonnet est contraste et solitude. Il est la lumière de la lune dans la nuit sombre, le nuage devant le soleil... je l'avais choisi, presque par hasard, pour cet homme, criminel pas encore repenti et, depuis, il me colle à la peau comme cette histoire hante mon esprit. Il m'est arrivé de passer des nuits sans repos, et de sortir ensuite dans le froid pour accompagner mes collègues. Frissonnant au bord du sommeil, assise sur un muret, je les écoutai échanger quelques mots, le parfum ambré d'une cigarette flottant dans l'air sombre... Puis il faut rentrer, se remettre au travail, et, certaines fois, muscles raidis et yeux piquants de fatigue, je me suis retrouvée à murmurer seule ces vers, comme une chanson simple. Puis vient un blanc, durant lequel mon esprit arrêté part très loin par-delà le ciel et, avec un semi-frisson presque volontaire, revient me rappeler le travail à faire, la fatigue et cette histoire...


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