• Ce que sont les astreintes

    Avec mon retour à la maison (entendez, au CHU), j'ai eu la joie d'apprendre que :
    1°) je n'aurai plus une garde aux urgences médico-chirurgicales par semaine ( \o/ )
    2°) je serai d'astreinte une semaine sur deux.

    Je n'avais jamais fait d'astreinte auparavant. J'ai attaqué cette semaine — autant dire en parfaite nioube. Mes chefs sont de bonne composition, heureusement ; je m'attendais à devoir opérer genre une nuit sur deux et passer mes nuits dans les urgences et/ou le service. Je touche du bois, je n'ai eu à me déplacer qu'un soir depuis lundi (et pas pour un bloc). Mais j'ai aussi appris quelque chose : faut pas mettre des patients en hébergement. Les infirmières des autres services, elles aiment pas.

    La nuit dernière, à 2h 50 du matin, le portable d'astreinte sonne. J'allume, je décroche.
    — Allô ?...
    — Oui, bonsoir, je suis bien sur le portable de l'interne d'astreinte de thoracique ?
    — Voui, c'est moi. [bâille]
    — Alors je vous explique, je suis infirmière dans le service de [censuré], je vous appelle au sujet de monsieur Truc, parce que voilà je suis inquiète.
    — Ha oui, c'est lui, le jeune, qui avait un pneumothorax complet, une récidive, on l'a drainé hier aux Urgences, c'est bien ça ?
    — Oui, alors je vous explique, là tout de suite il est inquiet, il se fait beaucoup de souci, parce que ça fait un bruit quand il respire.
    — Hahan, OK, et puis ?
    — Ben c'est ça, ça fait comme s'il était encombré, et il a peur, ça résonne, il s'inquiète.
    — Euh... mais il a une bonne saturation, il est pas essoufflé ? Le drain oscille bien ?
    — Non non, il va bien, il a 99 % de sat, il a pas mal, alors je vous explique, c'est juste qu'il se fait beaucoup de souci, alors j'ai appelé l'infirmière de thoracique, mais elle savait pas, alors elle m'a donné votre numéro et pis ben je vous ai appelée. Je vous explique, ça fait du bruit quand il respire fort alors ça l'empêche de dormir. C'est pas quand il respire normalement, mais c'est quand il respire à fond. Ça fait comme s'il était encombré, un peu, mais pas trop-trop encore.
    — Ben... Sur la radio d'aujourd'hui le poumon était pas encore revenu à la paroi, alors peut-être que ça fait caisse de résonance, et que du coup c'est pour ça qu'il a l'impression que ça ronfle plus fort... Chai pas...
    — Mais c'est normal qu'il soit encombré comme ça ? Même si c'est pas trop beaucoup, c'est pas grave ?
    — Le poumon était complètement... [cherche ses mots en sortie de sommeil profond] collabé autour du hile, ce serait pas étonnant... Il était tout ratatiné sur la radio...
    — Mais qu'est-ce que je peux faire pour lui ???
    — Le rassurer... Pis vous lui donnez ses antalgiques, et chai pas, un aérosol de phy, ça peut pas lui faire de mal... 
    — Je peux le rassurer, vraiment ?
    — Oui, pas de souci... Ce qui serait embêtant chez lui, c'est qu'il récidive de l'autre côté, mais s'il a pas mal et s'il va bien... Rassurez-le, pis on repassera le voir demain de toutes façons.
    — D'accord, merci beaucoup !

    En racontant l'histoire à ma co-interne (qui a déjà passé six mois dans le service), la première chose qu'elle m'ait dite était :
    — Tu n'y es pas allée, au moins ?

    Je n'ai pas osé lui avouer que j'ai, un quart de seconde, envisagé cette possibilité. 

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