• Avatar, deuxième prise, à froid

     

    Pour commencer, une piqûre de rappel de la bande-annonce :

     


    Qu'on soit clair : je ne vais pas vous raconter l'histoire. Hors de question de spoiler qui que ce soit. Ceux qui l'ont vu comprendront de quoi je parle.

    Avatar est une expérience unique. Il s'agissait de mon premier contact avec le cinéma 3D. J'ai été transportée, enthousiasmée, euphorisée.
    Esthétiquement, Avatar est sans doute le film le plus abouti que j'ai vu jusqu'à présent, et ce en faisant participer Tarantino à la course. Sans doute que la liberté totale qu'offre la création numérique y est pour beaucoup. Ce mode de production permet à un cinéaste de projeter son rêve sur l'écran, et de l'y faire vivre. Avatar palpite de l'imagination brûlante qui l'a fait naître — c'est un rêve, à tous points de vue.

    Quand, avant d'avoir vu le film, j'ai entendu un journaliste comparer James Cameron à Tolkien, j'ai ri au nez de la télévision. Non, pensai-je, c'est impossible qu'un seul film puisse égaler la création de la Terre du Milieu, ses peuples, ses langues, son histoire...
    Comme je me trompais !
    C'est véritablement un monde complet que nous livre ici Cameron. Il l'a peuplé d'habitants charismatiques, personnages travaillés, et leur a donné langues, musiques et coutumes. Le monde de Pandora n'est pas superficiel, à la manière de ce que l'on peut trouver dans certains films de science-fiction, où tout n'est que décor. Pandora est aussi réelle que la Terre, aussi tangible que ces rêves lucides que l'on a parfois...

    Je suis entrée dans le cinéma prête à être déçue. Il y a longtemps que j'attendais ce film, avec une impatience enfiévrée — et lorsque l'on place trop d'espérances sur une création, film, livre ou spectacle, il arrive que la réalité ne se montre pas à la hauteur des attentes.
    Dès le premier plan du film, j'ai été transportée.
    Je n'ai pas été la seule, dans la salle. Nous tous, spectateurs, avons vibré à l'unisson pendant deux heures quarante, un temps encore trop court.
    A la fin, la toute fin, lorsque [no spoiler] ouvre les yeux (immédiatement avant le générique), j'ai entendu une femme, derrière moi, sangloter de joie. J'étais dans le même état. Avatar est une telle expérience esthétique que le syndrome de Stendhal guette à chaque scène.

    A cette sensation de bonheur à l'état brut, à cette extase suprême, se rajoute, en permanence, un regret poignant. Celui de savoir qu'on ne reverra probablement jamais Avatar dans des conditions identiques (et c'est pour cela que j'y retourne la semaine prochaine). Un DVD, même sur la meilleure télé du monde, ne rendra jamais l'expérience qu'est Avatar. Il faut le voir, et le voir au cinéma, et le voir en 3D. C'est ainsi qu'il est au pinacle de sa force.

    Car, bien que le scénario ne brille pas par son originalité, Avatar est un film fort. Ses personnages, avec une intensité qui crève l'écran, portent en eux une histoire qui prend aux tripes, sans pathos ni simplisme — mais avec une immense pureté. Et c'est cela aussi qui fait d'Avatar un grand film comme on en voit trop peu. Comme le disait Kessel, « les coeurs instinctifs sont purs sans qu'intervienne aucune notion morale, purs à la manière d'un vin, d'une pierre ou d'un poison, purs par leur violence et leur intégrité ». Pureté, mais non, encore une fois, simplisme. Certains personnages oscillent sur le fil de l'épée, entre pacifisme et soif d'argent, fidélité à la parole donnée et sens de l'honneur... Et tous, sans exception, sont bien davantage que de simples marionnettes sans émotions.

    Non, quoi qu'en disent les désabusés de la vie, Avatar est bel et bien l'un des grands films du cinéma. Il fait d'une fable fantastique une épopée fulgurante plongée dans un univers de songes, grâce au génie d'un homme qui a pu, pour la première fois, nous faire entrer dans son rêve.

    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    1
    Dimanche 7 Février 2010 à 12:25
    Un film révolutionnaire qui fera certainement date dans l'histoire du cinéma. Tout comme l'odysée de l'espace l'a fait, Avatar révolutionne la science-fiction mais marque également un nouveau départ pour la cinématographie. Sur ce, avatar est un petit bijoux qu'il faut savoir apprécier tel un voyageur qui découvre de nouveau paysage. Je conçois que ceux qui ne savent ( malheureusement ) pas se transporter, puissent trouver le film décevant, le scénario est certes classique. La morale est également un peu trop poussée. Seulement on ne peut qu'oublier ces 2 lacunes devant tant de beauté visuelle. Un moment féérique.
    2
    JulieJuly
    Lundi 20 Juin 2011 à 15:40

    Oui, je sais, cet article est viiiiieuuuux lol ;) mais je te lis depuis un moment et là je réagis, parce que ralala, merci, tu as su dire absolument tout ce que je pensais de ce film inoubliable!!

    Quand je l'ai vu, en 3D aussi, je suis sortie de là... toute chamboulée, hallucinée lol... et j'en ai parlé avec un ami, mordu de ciné, qui me dit "pfff, le seul intérêt c'est la 3D, c'est du vu et revu le 'ohlala il faut sauver la gentille planète bio des méchants humains pollueurs'"

    J'étais pas d'accord, j'ai trouvé l'histoire sublime, mais en effet on a déjà vu des histoires comme celle-là... Et je n'ai pas su lui expliquer mon ressenti, et toi tu l'as fait : je lui ai mailé ton article ;) : "véritablement un monde complet", "bien que le scénario ne brille pas par son originalité, Avatar est un film fort. Ses personnages, avec une intensité qui crève l'écran, portent en eux une histoire qui prend aux tripes, sans pathos ni simplisme — mais avec une immense pureté", mais OUI c'est tout à fait ça!! pureté!

     

    Enfin bref, j'ai adoré, et ton article m'a redonné des frissons!

    Bonne continuation pour ton blog, bon courage pour ton métier :p

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :