Vissi d'Arte
Rubrique tenue par Russlena (qui sévira désormais sous le nom d'AlexandraMarkov), amatrice éclairée de musique classique, qui s'est décidée à nous faire profiter de ce qu'elle aime !Vissi d'Arte
Lacrimosa : de Mozart à Evanescence
par AlexandraMarkov, le 28 Décembre 2007 à 17:37Peut-être connaissez vous cette chanson du groupe Evanescence, intitulée Lacrymosa ; alors arrêtons nous un instant sur l'accompagnement, qui me l'accorderez vous ne sonne pas vraiment rock...
Il s'agit des 20 premières mesures du Lacrimosa du Requiem de Mozart (célébrissime, pensez au film Amadeus... à la fin bien entendu). La structure répétitive de ce morceau a permi à la belle Amy de composer un thème vocal-accompagnement bien marié aux violons, puis aux choeurs.
On peut cependant regretter le manque de qualité desdits choeurs... (mode sulfurique ON) et la présence de voix bellantes et chevrottantes au premier plan!!!
Les plus attentifs remarqueront que la tonalité a été changée entre les deux versions... sans doute pour commodité vocale. Ceci étant dit sans animosité, puisque cette pratique est monnaie courante parmi les chanteurs et chanteuses d'opéra, a l'exception notable, entre autres... de l'inégalable Angela Gheorghiu!!
Peut-être serez vous sensibles, comme mon amie Stockholm, à ce que ce changement enlève à la musique, en émotion... en réalité, pour les amateurs, le requiem de Mozart est écrit, comme énormément de Messes pour les morts, en ré mineur. Ceci n'est pas fortuit. Une équipe de chercheurs a démontré que cette tonalité est perçue comme la plus émouvante, par 99% de la population, musiciens et non musiciens confondus... quant aux raisons "organiques" de ce pouvoir... le mystère demeure...
5 commentairesLe Quatuor
par russlena, le 21 Octobre 2007 à 11:39
Qui a dit que la musique classique était austère? Que durant les concerts, plus chers les uns que les autres, dans des salles lourdement décorées à la Baroque, s'endormaient de gros bourgeois après un dîner trop copieux?
Attrapons le plumeau Swiffer et revisitons donc les salles en question. Permettez moi de vous présenter 'Le Quatuor', l'Unique, celui dont vous rêviez.
Ces 4 musiciens sont tous des professionnels, et pas des moins doués.
Leur programme? batifoller autour de leurs instruments, qui soudain atteignent le statut de personnages à part entière, tant les mises en scènes pétillent d'inventivité et d'audace.
Voyez plutôt:
et bien entendu, leur répertoire ne se contente pas de Mozart et Handel:
et soudain, surgissant de ce brouhaha organisé, un thème, une oeuvre, dont l'interprétation soudain sérieuse prête à rire, autant si ce n'est plus que les gags qui suivront:
Rafraichissant!
un commentaireCoup de gueule :Beethoven et Eminem
par russlena, le 4 Octobre 2007 à 18:50 (modifié le 07/10/2007 à 18:50)Pardonne moi chère Stockholm si ce sujet trouverait volontiers sa place dans ta nouvelle rubrique 'coups de griffe', néanmoins je vais à mon tour me lancer dans le vitriol en cette sombre soirée, voila qui apaisera mes rancoeurs.
Le savez vous, mais vous écoutez TOUS Beethoven. A longueur de journée. Et si il ne s'agit pas de Beethoven, pensez à Vivaldi, ou à Mozart. Vos stars, vos 'prodiges' de la pop, ne se fatiguent malheureusement pas beaucoup. Et voila bien un trait de caractère qui m'agace, que la paresse, ou pire, l'hypocrisie.
Je ne parle pas de nos amis de la Girls Band de 'Bond', qui poussent le vice à produire des disques entiers tournant autour d'un thème ultra célèbre du répertoire classique, agrémenté d'une ou deux bases rythmiques, et vous présentent cette macédoine de genres version échevelée et contorsionniste. Il y a tellement d'auto-dérision la dedans que je me demande si elle est consciente...
Dans le genre émétisant, on trouvera aussi un certain Florent Pagny s'attelant sans aucun complexe au répertoire lyrique... et il vend plus que Roberto Alagna, et beaucoup plus que Pavarotti, y compris lors des promotions - hommages gracieux des maisons de disque à la mort de ce dernier!!!!
Mais venons en à mes chères victimes du jour.
Ce ne sont pas les vrais professionnels de la musique Pop et ou Rock (dans la classification RTL2 du genre!).
Sting, U2, M, Queen, ceux la sont d'authentiques compositeurs, des inventeurs, qui parfois montrent aussi un immense talent de renouvellement, assurant d'ailleurs leur longévité.
Non, prenons 'Caravane' de mon préféré, Raphaël. Notons tout d'abord l'IMMENSE richesse de la ligne musicale. Je ne m'exprimerai pas longtemps sur le timbre de la voix, tous les gouts sont de la nature. Et pourtant, les couplets de cette musique nasillarde sont entièrement construits sur un plagiat du thème du second mouvement du Concerto de Aranjuez de Joachim Rodrigo. La dernière phrase de ce même mouvement clôt une des oeuvres de Jean Louis Aubert, dont je n'ai malheureusement pas retrouvé le titre, je vous le communiquerai dès qu'il aura émergé de mon magma neuronal. Vous ne connaissez pas Aranjuez ? Normal, ce n'est pas le but. Et aux inconditionnels de Raphaël, je le déconseille, la polyphonie vous sera très probablement indigeste.
Moby, mon ami. Lui ne s'enquiquine pas, et ne produit QUE des titres reprenant en boucle les immenses thèmes du jazz d'il y a 40 ans, en un délire névrotique me semble t'il.
Puis viendraient Daho, De Palmas... je vais m'ennuyer avant de finir de les recenser...
D'un autre coté...
... écouteriez vous leurs titres, achèteriez vous leurs disques, sans ce vénérable support, cette providentielle béquille artistique que leur fournissent leurs aînés? A entendre la platitude moisie des thèmes, l'invariable forme rondo (refrain couplet pour les non initiés) et les improbables intonations plus suicidaires les unes que les autres...
non vraiment, il n'y aurait pas de place pour ces bouffons de l'art. Et surtout pas de salaire.
Mais disais-tu, la critique est aisée? que t'arrive t'il? céderais tu aux appels si doux de la tentation des propos caustiques et des jugements-katana?
Mais réponds-je, ces gens, sur scène, chantent en play back.
Mon aigreur d'estomac s'est apaisée, les miracles du placebo...
Bien à vous.
8 commentairesAimez vous la publicité de Jean Paul Gaultier?
par russlena, le 26 Septembre 2007 à 19:41 (modifié le 26/10/2007 à 22:33)
Pour commencer en douceur (et pardon pour la lenteur, mais je ne suis (mal)heureusement pas critique de musique professionnel) , je vous propose de vous rappeler la musique accompagnant une publicité 'chronique' de Jean Paul Gaultier, pour un parfum appelé 'Le Mâle'.
Y évoluent des éphèbes plus qu'androgynes dans des attitudes sulfureuses; mais ne nous arrêtons pas sur l'esthétique particulier de Gaultier. Ecoutons plutot la musique:
L'aimez-vous ?
Il s'agit de l'air le plus célèbre de l'opéra "Norma", de Bellini, qui narre les aventures amoureuses illégitimes d'une prêtresse druidique et d'un proconsul romain sous la gaule antique, pendant l'occupation romaine... pas commun comme décors?
L'aria est connu sous le nom de Casta Diva; comme très souvent dans l'opéra en paticulier italien, il s'agit des premiers mots du livret de l'air en question. Casta diva, ou 'chaste déesse' est l'introduction de la prière de la pretresse Norma pour le triomphe des rebelles gaulois....
Et ce fut cet air qui initia l'utilisation du terme aujourd'hui consacré de 'Diva'!!! titre auquel aspirent à peu près toutes les sopranes qui sortent un peu du lot...
je vous laisse découvrir la déléctable définition qu'en fait la soprano roumaine Angela Gheorghiu :
"Il y a des années, quelqu’un a prononcé ce mot en parlant de moi, j’adore ça. C’est une question d’aura, on est différent des autres « divines », et ça vient bien de « diva ». Je suis cantatrice. Je ne peux pas être comme tout le monde.
et sa réponse à la question du journaliste :
Vous aimez vraiment qu’on vous appelle « diva » ?
Et comment ! La musique, le théâtre n’existeraient pas sans divas. Le public a besoin de divas, de gens qui soient différents d’eux. Sinon nous serions tous pareils, laminés comme sous un régime communiste, quelle horreur !…
Walter Legge, qui produisait la Callas pour EMI, pensait qu’une diva était quelqu’un « d’une ambition démesurée, d’un égocentrisme maniaque et d’une soif de gloire inextinguible ».
Pauvre homme ! Il n’a rien compris. Il ne sait pas ce que c’est qu’un artiste. Il n’a rien vu d’autre que le travail. Il existe des artistes nés et des artistes arrivés. On l’est ou on ne l’est pas. Moi j’en suis une. "
C'est dit!
Pour les interprétations légendaires, Callas a été consacrée à la Scalla de Milan dans cet opéra, extrêmement difficile d'interprétation, tant par la technique vocale qu'il exige que par la tension dramatique et le jeu de scène...
Pour l'aria lui même, je vous laisse apprécier l'interprétation d'Angela Gheorghiu...
un commentaireAvant-propos
par russlena, le 15 Septembre 2007 à 15:11 (modifié le 15/09/2007 à 19:36)Ainsi je m'attèle à la difficile tâche que tu m'as confiée, l'immense challenge que représente à mes yeux, ou plutôt à mon âme, l'écriture d'un article ayant trait à la musique. Mais comment concilier un tempérament relativement emporté, voire intolérant, et la composition sur un propos tout à la fois exigeant et passionné? Car qui dit article de musique dit en général critique, mais la critique est tellement aisée.... et tellement insupportable, lorsqu'elle s'attache à porter aux nues un artiste, qu'elle s'empressera d'enterrer quelques années plus tard, quelques scandales plus tard....
Tu le sais, Stockholm mon amie, mes doigts se refuseront cependant à encenser certains de mes anciens confrères et maîtres.... telle est la loi de mes viscères, ou de mon hippothalamus peu importe. Seule l'émotion, les frissons, le nombre de poils au garde à vous comme on dit, seules ces manifestations de mon système sympathique m'incitent à dire "j'aime cette interprétation". Dans tous les autres cas, jamais je ne me premettrai de prétexter de mon impavidité pour m'ériger en juge. La scène est un juge de volonté écrasant, le seul que je respecte.
Mais avant tout, avant de me lancer dans ce labeur, avec toute ma passion, permets moi d'exprimer l'immense respect, l'admiration et parfois l'adoration, que j'éprouve pour TOUS les Musiciens, Chefs, Chanteurs, Compositeurs, et cette fois sans aucune exception.
Ceci étant dit et fait, je pourrai m'atteler à mon travail, et tenter de communiquer à tous mes lecteurs la ferveur que m'inspire le premier des Arts.
2 commentaires

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