• Il y a des Chefs-Chéris, je ne sais pas ce qu'ils ont fait dans une autre vie, mais ils ont un pot pas naturel sur leurs astreintes. Soit ils sont morts dans des maisons en flammes en sauvant un petit nenfant, soit ce sont les types les plus cocus de la région.

    Il y en a d'autres, au contraire, qui ont dû diriger trois génocides quand on voit la merde qu'ils se prennent sur leurs astreintes. Merde qui, forcément, retombe en premier lieu sur l'interne (sinon c'est pas rigolo).

    Prenons un exemple simple.

    Astreinte avec Chef-Chéri n°Ying :
    Boooon, je vais aller faire mes courses en vitesse à 18 h, puis je vais aller à mon cours de kendo jusqu'à 20 heures, et puis je vais me coucher tranquille et puis dormir un brin, nan ? Puis ce week-end, je peux prévoir d'aller déjeuner peinarde chez mes parents, vu qu'on aura fini la visite et globalement tout le travail de la journée sur les coups d'onze heures et demie (du matin)...

    Astreinte avec Chef-Chéri n°Yang :
    Ouais, contre-visite finie à huit heures du soir, une merde pas possible aux Urgences, et un patient du service sur deux qui ne va pas bien... Plus la femme de monsieur Truc qui veut qu'on lui explique pourquoi son mari n'est pas encore sortant... Plus OH MERDE MON FRIGO EST VIDE ET J'AI PAS LE TEMPS D'ALLER MANGER CHEZ MES PARENTS. Plus un coup de fil toutes les heures du service, à chaque fois pour un patient différent, de minuit jusqu'à six heures du matin (chaque coup de fil parfaitement justifié, en plus). Plus un patient à voir aux Urgences à sept heures du matin. Plus OH MON DIEU J'AI PAS COMMENCÉ À DICTER LE STAFF. Plus OUH PUTAING JE SUIS PAS PASSÉE VOIR LES PATIENTS DE RÉA. Plus — oh chier, j'ai trois quarts d'heure de retard pour les consults, tant pis, ils attendront. Plus, si j'ai de la chance, un syndrome de Lyell et quatre patients à reprendre au bloc sur le week-end.

    Et ce n'est pas une subjectivité cachée dans ma tête.

    Les infirmières disent la même chose. Quand Chef-Ying est d'astreinte, elles n'en fichent pas une ou presque. Quand c'est Chef-Yang, ça devient Beyrouth.

    Co-Interne dit la même chose. Chef-Ying, c'est cool, Chef-Yang, c'est mort.

    Après, il y a des nuances, bien sûr : les autres Chefs-Chéris ont plus ou moins de pot selon les semaines.

    Mais la conclusion est indiscutable : Karma's a bitch. 

     

    Karma's a bitch

     

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  • Elle était allongée sur la table. J'avais à la main une paire de ciseaux genre Metzenbaum, mais en plus court, plus pointu, et pas du tout stériles. Et une pince à disséquer qui aurait été plus utile pour arracher les poils de nez.

    En parlant de nez, j'ai plissé le mien. Elle puait.

    Normal, c'était une sardine sèche. En cours de SVT. En sixième.

    Mon incroyable popularité m'avait valu de me retrouver seule face à ma sardine, alors que les binômes et trinômes des tables voisines ricanaient déjà en explosant leur poisson.
    Les explications de la prof avaient été sommaires. Vous coupez derrière la tête, et puis vous découpez le crâne, et puis vous regardez le cerveau et les nerfs optiques.
    La sardine était grasse et glissait. En moins de deux minutes, j'ai eu de jolies gants en graisse de sardine — parfum garanti !

    J'ai coupé la peau et, en tombant sur l'équivalent du foramen magnum, j'ai commencé la grave opération de crâniectomie sardinière. Les os étaient fins et craquaient à peine sous les ciseaux.
    Puis quand j'ai eu fait le tour, j'ai soulevé. Et bingo ! Un encéphale intact, deux nerfs optiques non sectionnés. 
    Les autres avaient salopé leurs sardines ; la mienne était la plus réussie.

    A dix ans, j'étais fière comme un pou d'avoir découpé le plus beau système nerveux de sardine de la classe. 

    Et je le suis encore, oui madame !

     

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  • ASM brennus


    Après un match épique, où Perpignan a été dominé, écrasé, laminé par les Jaunes et Bleus du début jusqu'à la fin, un match où les joueurs de l'ASM se sont battus comme des lions, comme des fous, avec leur caractère implacable de champions, eux qui détiennent deux titres européens, ENFIN, après 74 années d'attente, le bouclier de Brennus sera brandi, place de Jaude, par ceux qui le méritent le plus !

    Grâce à Morgan Parra et à Napoleoni Nalaga, grâce à Aurélien Rougerie, grâce à Brock James, grâce à toute cette équipe exceptionnelle, mais surtout grâce à Vern Cotter, qui les a menés là où ils sont aujourd'hui, c'est toute l'Auvergne qui vibre aujourd'hui !

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  • Je suis moins présente en ce moment sur le blog, parce qu'un peu overbookée IRL... Entre tractations auprès des agents immobiliers, confs à préparer et partiels de master — sans oublier les ineffables gardes aux Urgences médico-chir — c'est un peu difficile de trouver matière à articles, et encore plus de l'utiliser.

    Reprise du rythme habituel courant mai, sans doute ? 

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  • Un an sur deux, une Revue est organisée par l'Association des Internes.

    Alors, malgré le nom, la Revue, ça n'est pas ça :


     
    Dit de manière brute et peu élégante, la Revue, c'est une soirée où trois cent personnes bien habillées mangent en regardant des vidéos marrantes faites par certains d'entre eux, et qui taclent les services (ainsi que les chefs de service), avec humour et auto-dérision. Et après on danse.

    Sauf que les vidéos, ça peut être la Semaine de l'Anesthésiste, ou aussi ça :


    Ou aussi Super Kiki Masqué qui monte sur scène pour présenter le Petit Journal du Département d'Anesthésie-Réa.
    Ou aussi le président de la revue, un gynéco à fond dans la chirurgie du prolapsus, qui chante Les internes c'est comme les cochons, plus c'est vieux et plus c'est con. Et ses internes à lui qui réécrivent Les Yeux Revolver, Le Chanteur etc — et où on découvre l'énorme potentiel des prolapsus en matière de rimes avec chatte et cul.
    Ou aussi les remakes de La Môme, ou le Question pour un Champion « spéciale chefs de services ».
    Tout ça en mangeant le meilleur et le plus tendre des magrets.

    Et après, danser un rock endiablé avec un pédiatre. Voir des chefs de service rigides danser sur Partenaire particulier. Etc.

    Ma première revue, et certainement pas la dernière ! 

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