• Allez, encore une tranche de ma vie passionnante, parce que je viens de découvrir LE truc révolutionnaire qui va changer ma vie nocturne de greluche geekette (puisque le jour je suis une interne de chir qui dit putain toutes les vingt secondes à l'état de base, et putain de bordel de chiottes tous les trois mots quand je m'énerve).

    Donc.

    Vous voyez la nana, là ?

    Angelina Jolie

    Vous voyez comment elle est maquillée ? L'espèce d'ombre à paupière mauve ? Comme elle est trop bien mise ? Gardez ça en mémoire.

    Ensuite, il faut vous dire que, quand je vais chez le coiffeur, à la fin ma coiffeuse m'offre une séance maquillage avec une vraie maquilleuse professionnelle (c'est parce qu'elle est gentille et que je lui fais pitié avec mes cernes jusqu'au milieu des joues, puisque j'y fais trois fois sur quatre sur un repos de garde). La maquilleuse me fait à chaque fois un truc formidable avec de l'ombre à paupières mauve, comme Angelina sur la photo, et c'est limite si j'ose me démaquiller le soir, parce que je sais que quand j'essaierai de le refaire, je ressemblerai à ça :

    Angelina Jolie MOCHE

    Et coup après je remets ma vieille ombre à paupière ocre, et on n'en parle plus.

    Et tout ça, c'est à cause des FRAKKING PUTAIN DE COTONS-TIGES EN PLASTIQUE DE MARDE VENDUS AVEC LES OMBRES À PAUPIÈRES. Même si vous vous priviez de steak pendant huit jours pour acheter une ombre à paupière Chanel, vous n'auriez rien d'autre que le FRAKKING PUTAIN DE COTON-TIGE EN PLASTIQUE DE MARDE.

    Alors j'ai fait un sacrifice financier énorme qui a bien dû aller chercher dans les sept euros TTC. J'ai acheté un pinceau biseauté en poil de martre. Et ma vie a pris un sens nouveau. Ce truc, c'est une vraie tuerie, que Kill Bill à côté c'est pour les fillettes. Ça met exactement ce qu'on veut comme pigments, exactement là où l'on veut, avec une précision qui fait rêver qu'on est au bloc en train de voir faire une résection-anastomose bronchique, sauf que le porte-aiguille c'est le pinceau et la bronche c'est tes yeux.

    Aussi, oyez oyez, j'envoie un message au monde, à toutes celles et ceux (sisi) qui souffrent chaque jour en se foutant ce FRAKKING PUTAIN DE COTON-TIGE EN PLASTIQUE DE MARDE dans l'œil. Achetez (ou volez) un pinceau biseauté. Ça vous durera une vie entière, et c'est MAGIQUE.

    Sur ce, en bonne greluche, je vais me faire un petit thé.

     


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  • Je vais faire ma rebelle et vous souhaiter la bonne année le 2 janvier, vu que le premier s'est passé chez mes parents dans un coma induit par la dinde, à regarder quasi la moitié de la quatrième saison de Battlestar Galactica en répondant aux SMS de saison (et aussi le pilote de Sherlock, excellentissime série de la BBC, mais on en reparlera plus tard à l'occasion).

    Donc :

    Bonané chirurgicale

     

    L'un de mes rêves étant d'amener un jour un appareil photo au bloc et de faire des tas de photos dans les tons de blanc cassé, de bleu et de rouge, parce que, trouvez moi folle ou pas, je trouve ça BEAU la chirurgie. Et la plus belle chose, c'est le tout petit-tout fin réseau de vaisseaux vers la terminaison du nerf phrénique droit vu par thoracotomie. A part ça, c'est ma main sur le Farabeuf.

    Donc, 2011 et son cortège de bonnes résolutions. Vous en avez pris cette année ? Moi j'ai fait light, avec la simple résolution de moins procrastiner au lieu d'attraper le taureau par les cornes. Enfin je dis ça tous les ans.

    Bref, quoi qu'il en soit, bonne année à tous ! Santé, amour, bonheur, bien-être, à vous et vos familles, et que 2011 vous apporte ce que 2010 aurait oublié :)


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  • Allez, on va faire un peu de 3615 Mylife.

    Quand j'étais petite, ma maman a estimé avec sagesse qu'il me serait plus utile d'apprendre à lire et à compter plutôt qu'à cuisiner et repasser. En vertu de quoi je suis aujourd'hui interne en 3e semestre, incapable de repasser un T-shirt, et avec des dons douteux en cuisine.

    Je ne me suis pas encore empoisonnée, c'est un fait. Mon ego le relie à un esprit scientifique acéré (« calculez de tête la concentration de Listeria dans une bouteille de lait ouverte laissée vingt heures en dehors du frigo »), plutôt qu'à un bas instinct animal (« si c'est vert et que ça pue, ne le mange pas »).
    Disons pudiquement que sans une kärchérisation régulière, mon frigo serait un écosystème luxuriant. 
    — Ooh, mais qu'y a-t-il donc dans cette boîte en plastique que j'avais perdu depuis huit jours ?... Ooh, un reste de couscous en boîte... Ooh, je l'avais oublié, celui-là ! Tiens, il est devenu vert et blanc...

    Petit à petit, j'ai appris la règle d'or : mieux vaut aller deux fois par semaine faire ses courses, plutôt que de s'empoisonner avec des tomates pourries.

    Je n'ai pas de livre de recettes (et je ne les regarde pas non plus sur internet), pour la bonne raison que, les trois seules fois de ma vie adulte où j'ai essayé de suivre une recette, c'était immangeable (même la crème au chocolat über facile et inratable de ma maman).
    Alors, j'improvise.

    Typiquement, je me plante au milieu du Carrefour Market à côté de chez moi, et je regarde ce qui a l'air :
    a) comestible
    b) pas trop long à cuire ou cuisiner

    Et on combine.
    (J'ai laissé tomber les plats préparés Picard le jour où je me suis rendu compte que ça avait le même arrière-goût de vomi que la bouffe de l'internat.) 

    Pour l'instant, j'ai créé avec succès :
    — le steak à la moutarde accompagné de riz sauce moutarde / tomates provençales,
    — le saumon aux poires cuit à la poêle,
    — les crêpes fourrées aux pêches revenues dans du citron,
    — les mangues coupées en morceau et baignant dans du thé vert.

    Je garde bon espoir de parvenir, avant la fin de mon internat, à savoir réaliser assez de recettes de bonne pitance pour arriver à manger une semaine entière sans acheter de pizza, commander de sushis, ou aller squatter chez mes parents. 


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  • Pour fêter l'automne, ma saison préférée, mais aussi, dans le désordre, mes prouesses culinaires (il faudra que je vous raconte ça un jour), ma vie qui retombe sur ses pieds, les graines de volubilis, et le reste (premier blog coup de cœur de l'EklaTeam :) ),
    Et aussi parce que l'ancien thème commençait à faire un peu passé,

    Voici un tout nouveau thème, un peu dans le même esprit, un peu différent. C'est fou ce que je me suis attachée à cette police pour le titre... Il s'agit d'Elven Common Speak, par Nancy Lorenz.


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  • Il y a un an jour pour jour, j'étais littéralement morte de trouille à l'idée de prendre mon premier poste d'interne dans un poil plus d'une semaine.

    Question : qu'est-ce que j'ai appris en un an ?
    Réponse : une charretée et demi (au moins) de trucs plus ou moins importants. Mais surtout, en un an, j'ai commencé à apprendre la chirurgie. Les bases. Avant (entendez, quand j'étais externe), en regardant quelqu'un opérer, je voyais une succession de gestes fluides, et leur résultat, mais je ne voyais pas l'important : la manière d'ouvrir les ciseaux, le petit mouvement de repousse avant de placer une Bengolea sur un vaisseau... Là, j'ai l'impression d'avoir appris les bases d'une langue que mes chefs parleraient couramment, et d'être capable de suivre une conversation, à défaut de parler moi-même sans accent. Je remarque des choses que je ne voyais même pas.
    J'ai aussi appris à me concentrer sur un champ opératoire. Avant, je remarquais les allées et venues dans la salle, les papotages des anesthésistes... Aujourd'hui, donnez-moi des ciseaux et une pince, et le reste du monde disparaît (en dehors de la voix-GPS de Chef-Chéri). 
    Je suis aussi en train d'apprendre à évaluer les patients. Savoir ce qui peut attendre le lendemain, et ce qui doit être fait dans l'heure.
    J'ai aussi — surtout — découvert quelle spécialité je voulais faire. Coup de foudre : peu de temps après mon arrivée dans le service, je savais que c'était ça qui me plaisait.

    Il me reste un chemin monstre à parcourir, mais ça fait plaisir de se sentir sur la bonne voie.


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