• J'ai raté ma vocation. Je n'aurais jamais dû faire de la chirurgie, mais de l'INFECTIOLOGIE. A tendance virologique. Et pas pour trouver un vaccin au VIH.

    Pour trouver QUELQUE CHOSE QUI MARCHE CONTRE LE RHINOVIRUS ET LES PARA-GRIPPAUX, PUTAIN.

    Huit jours que je tousse comme une perdue, que j'ai le nez bouché la nuit et qui coule le jour, pour macérer dans la morve sous deux masques superposés. Pour attendre que le senior ait passé son point dans le greffon avant de tousser ou, pire, d'éternuer, sans déchirer la thoracique interne. Pour fermer la peau à vitesse grand V et vite, vite, VITEUH, aller me moucher.

    Huit jours de gobage régulier d'AINS aux doses maximales autorisées par les glomérules. Huit jours de lavages de narine au sérum phy.

    Huit jours de transpirer la nuit avec un brin de fièvre, d'être complètement nase le jour avec deux neurones qui se battent en duel.

    Huit jours de tousser tellement que la sérologie coqueluche me pend au nez, parce que les grosses quintes qui donnent envie de vomir, quand on n'a pas eu son rappel à 14 ans... ben je me méfie. D'autant plus que d'autres dans le service toussent depuis longtemps, d'une sale toux rebelle à tout traitement.

    Huit jours de dormir avec deux oreillers, de se réveiller dix-huit fois dans la nuit le nez bouché et la bouche sèche, d'avoir les tympans qui grattent, les sinus sensibles, les yeux moches, des courbatures dans le dos, la nuque, partout.

    HUIT JOURS, BORDEL, ET UNE GARDE AUX URGENCES POUR COURONNER LE TOUT.

    Que cette saloperie de virus le sache : si jamais je le trouve, je lui défonce sa sale gueule de même pas vivant.

    (Ce billet était sponsorisé par Nurofen®, Clarix®, Physiodose® et Doliprane®, sans oublier bien entendu Kleenex® et Sopalin®)


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  • Replaçons-nous quelques cinquante mille ans en arrière, à l'époque bénie du paléolithique supérieur. Nous sommes quelque part en Dordogne, et c'est l'heure du repas vespéral. Bouffe time, disait-on à l'époque, avec un léger accent méridional. Autour d'un joli feu bien pétillant sur lequel rôtissent des entrecôtes de lièvre aux herbes fines, une poignée d'autochtones hume le fumet délicieux du barbecue en cours d'élaboration. Regardez ce patriarche à barbe blanche ; ses traits, burinés par le climat glaciaire, reflètent l'infinie sagesse des Anciens. Sous ses sourcils broussailleux luisent des yeux sombres qui en ont vu d'autres, et de nobles cicatrices, sur l'ensemble de son corps, parlent d'une vie longue et sauvage. Que dit-il, avec la voix de la justice et de l'honneur ?
    - De mon temps, dit-il, les lièvres étaient plus gros.
    Une femme, aux longs cheveux tressés, lui sourit et explique gentiment :
    - Vous savez, papy, avec la crise...
    - La crise, la crise ! Elle a bon dos, la crise ! Ce sont ces javelots qu'ils ont insisté pour avoir ! Que voulez-vous faire de bon avec un bout de pierre de ruisseau mal attaché avec de la ficelle ?! Les épieux taillés et durcis au feu, il n'y a que ça de vrai !
    - C'est du silex, papa, dit avec lassitude un homme mûr s'appelant Gérard.
    - C'est contre nature ! Nos ancêtres, eux, ils savaient ce que ça voulait dire, vivre en communion avec la nature !
    - Et les tigres à dent de sabre, glisse un adolescent morose.
    Sans prendre en compte l'interruption, l'ancêtre continua sa diatribe.
    - Tailler la pierre !, cracha-t-il. Cette technologie nous perdra tous ! C'est ridicule, ce que les gens font de nos jours, absolument ridicule ! Et l'art moderne, du foutage de gueule ! De mon temps, les chamanes se contentaient de leurs mains et ces... comment, déjà... scénographes... ne peignaient pas les murs avec tous ces animaux bariolés ! C'est moche, ça vous salit quand on se frotte après en passant, et les gens adorent ça. Je vous dis, les gens sont cons, de nos jours, oui, madame ma belle-fille !
    - Moi je les trouve sympas, les bisons, dit le jeune, qui s'appelait Adalbert. Ça me parle. Il y a un message dedans. C'est la force la Nature, la communion avec les éléments...
    - Tais-toi, lui dit la femme, nommée Akira.
    - Mais enfin maman ! C'est l'union de l'avenir et du passé ! Tu sais, la fresque de l'Homme à l'Oiseau ? C'est puissant, ce message, ça me donne des frissons ! Il y a tout, il y a la peur primitive qui nous torture, il y a l'ambiguïté de la mort incertaine qui nous guette et pourtant l'espoir de la vie... La pureté des lignes, tout ça...
    - Mange tes champignons, lui dit son père.
    Et sa future épouse le regardait avec des yeux brillants. Lui, il n'était pas comme ces vieux croûlants, il savait ce que c'était que la vie, l'avenir, c'était génial ! Il réfléchissait en profondeur aux vraies questions et n'était pas bassement matérialiste !
    - Viva la revolución, dit-elle pour meubler.
    Juste comme ça, elle s'appelle Leïa, parce que ça se passe il y a très très longtemps dans une lointaine galaxie ah merde on est sur Terre. Mais elle s'appelle malgré tout Leïa.
    - Ma chérie, lui dit Akira (sa future belle-mère), je ne suis pas sûre...
    - Il faut sortir des carcans culturels, vous savez, expliqua l'ado, Adalbert. S'ouvrir aux autres, tout ça...
    - Les autres ? dit son futur beau-père (Gérard) en reniflant avec dédain. Vos amis à tous les deux, cette bande de jeunes à cheveux longs ? Ce ne sont pas des fréquentations recommandables.
    - Il y en a même qui ont des bracelets en bois de cerfs, rappela Akira en frémissant d'horreur. Avec des perles en ivoire.
    - Et ça n'a pas de morale pour deux coquillages, ajouta l'aïeul. Ça ne respecte plus ses aînés, ça couche à tout va, ça se faufile en catimini pour aller écouter les bardes sans payer, et je préfère ne pas savoir ce qu'il y a dans les calumets qui circulent.
    - Lol, dit son petit-fils. C'est de la valériane séchée, papy.
    - J'ai commencé quand j'avais ton âge, petit, et j'espérais bien que tes parents auraient le bon sens de te l'interdire.
    - On l'a fait, répondit son fils avec humeur.
    Le jeune Adalbert haussa les épaules. Si son manteau en peau de daim avec les dents de marcassin n'avait pas conservé une odeur suspecte, personne à la caverne ne s'en serait jamais douté. 
    Viva la revolución, dit-il pour meubler.
    Dans un esprit de conciliation, sa mère déclara :
    - Il y a quand même des bonnes choses dans ces trucs modernes. Prenez la condition de la femme. Si on ne vous avait pas forcés à vous cantonner à la chasse, messieurs, on resterait encore à la caverne à réparer les arcs et à allaiter les gosses. Maintenant qu'on a pris la cueillette en main, c'est beaucoup mieux pour tout le monde.
    - Ouais, c'est vrai, agréa son légitime époux. D'un autre côté, je sais pas reconnaître une mûre d'une groseille, alors même sans la révolution féministe tu l'aurais fait.
    - Tu n'as pas à la ramener, précisa la sœur de son âme. Si tu passais moins de temps avec tes copains à regarder les parties de crâne d'auroch, tu pourrais peut-être apprendre à reconnaître les champignons toxiques et éviter de nous rapporter des amanites phalloïdes.
    - C'est débile, le crâne d'auroch, plaça Leïa, sa future belle-fille.
    - Tu n'y entends rien, lui dit son futur grand-père par alliance. J'y ai beaucoup joué étant jeune.
    - Je comprends pas les règles, toujours.
    - C'est pourtant facile, s'exclama le vieillard. Deux équipes se disputent le crâne, qui peut se jouer à la main ou au pied. Un essai rapporte...
    - Reprenez un peu de lièvre, papy, lui proposa sa belle-fille.
    - Viva la revolucion, conclut Leïa.


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  • Encore un best of des recherches les plus tordues amenant sur mon blog (je ne m'en lasse pas) :

    — arracher la couture de mon pantalon pour baiser : non, je le déconseille. 'Fin je dis ça, je dis rien.
    — avoir un lit à deux places en étant célibataire : si seulement j'avais la place chez moi...
    — cernes et proctolog : nous ne reviendrons pas sur ce sujet sensible
    — chat qui dort sur le dos : j'ai lui, même si c'est sur le ventre
    — chere prostituée : le prix ne change pas la présence ou l'absence d'IST
    — combien gagne une aide-soignante à stockholm : alors là, je n'en sais rien du tout 
    — coussin j'accuse : il n'y a pas à dire, ça doit faire rock and roll sur une banquette
    — est-ce que les messages de voyance qu'ont reçois par e_mail sont vrais : non
    — étaler des excréments sur une porte : aouch... un peu de Javel, quelqu'un ?
    — geekettes+nue+blog : pas en ces lieux, très cher
    — je suis d'astreinte mais je reste à l'hôpital : et non, tu ne seras pas payé comme une garde. Ça fait chier, mais c'est pas près de changer.
    — kyste sacro-coccygien disparition miracle : le miracle d'un système immunitaire efficace, suivi quelques semaines plus tard de celui d'un bon coup de bistouri électrique où je pense...
    — montre bijoux effeuillage (marguerite) : voilà quelqu'un qui sait précisément ce qu'il chercher, même si Google, lui, l'ignore
    — peut-on avoir des astreintes quand on est interne : on ne fait que ça
    — quintuple pontage cœur chu clermont-ferrand : non, j'ai pas aidé sur ce coup-là, désolée. Prière d'adresser les réclamations à quelqu'un d'autre.
    — suicide à la caféine : inutile chez un anesthésiste, ils sont mithridatisés ;)
    — chanson film Ennemis Rapprochés : soit God be with you (O'Riordan au top de sa forme, que j'ai écouté en boucle au temps jadis), soit This war is over (Melissa Etheridge, que j'ai longtemps chanté sous la douche). J'aime bien les deux.
    — martini blanc : c'est bon, mais maintenant j'ai tendance à préférer le Malibu
    — efr poule : il y en a qui lisent e-carabin.


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  • Allez, encore une tranche de ma vie passionnante, parce que je viens de découvrir LE truc révolutionnaire qui va changer ma vie nocturne de greluche geekette (puisque le jour je suis une interne de chir qui dit putain toutes les vingt secondes à l'état de base, et putain de bordel de chiottes tous les trois mots quand je m'énerve).

    Donc.

    Vous voyez la nana, là ?

    Angelina Jolie

    Vous voyez comment elle est maquillée ? L'espèce d'ombre à paupière mauve ? Comme elle est trop bien mise ? Gardez ça en mémoire.

    Ensuite, il faut vous dire que, quand je vais chez le coiffeur, à la fin ma coiffeuse m'offre une séance maquillage avec une vraie maquilleuse professionnelle (c'est parce qu'elle est gentille et que je lui fais pitié avec mes cernes jusqu'au milieu des joues, puisque j'y fais trois fois sur quatre sur un repos de garde). La maquilleuse me fait à chaque fois un truc formidable avec de l'ombre à paupières mauve, comme Angelina sur la photo, et c'est limite si j'ose me démaquiller le soir, parce que je sais que quand j'essaierai de le refaire, je ressemblerai à ça :

    Angelina Jolie MOCHE

    Et coup après je remets ma vieille ombre à paupière ocre, et on n'en parle plus.

    Et tout ça, c'est à cause des FRAKKING PUTAIN DE COTONS-TIGES EN PLASTIQUE DE MARDE VENDUS AVEC LES OMBRES À PAUPIÈRES. Même si vous vous priviez de steak pendant huit jours pour acheter une ombre à paupière Chanel, vous n'auriez rien d'autre que le FRAKKING PUTAIN DE COTON-TIGE EN PLASTIQUE DE MARDE.

    Alors j'ai fait un sacrifice financier énorme qui a bien dû aller chercher dans les sept euros TTC. J'ai acheté un pinceau biseauté en poil de martre. Et ma vie a pris un sens nouveau. Ce truc, c'est une vraie tuerie, que Kill Bill à côté c'est pour les fillettes. Ça met exactement ce qu'on veut comme pigments, exactement là où l'on veut, avec une précision qui fait rêver qu'on est au bloc en train de voir faire une résection-anastomose bronchique, sauf que le porte-aiguille c'est le pinceau et la bronche c'est tes yeux.

    Aussi, oyez oyez, j'envoie un message au monde, à toutes celles et ceux (sisi) qui souffrent chaque jour en se foutant ce FRAKKING PUTAIN DE COTON-TIGE EN PLASTIQUE DE MARDE dans l'œil. Achetez (ou volez) un pinceau biseauté. Ça vous durera une vie entière, et c'est MAGIQUE.

    Sur ce, en bonne greluche, je vais me faire un petit thé.

     


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  • Je vais faire ma rebelle et vous souhaiter la bonne année le 2 janvier, vu que le premier s'est passé chez mes parents dans un coma induit par la dinde, à regarder quasi la moitié de la quatrième saison de Battlestar Galactica en répondant aux SMS de saison (et aussi le pilote de Sherlock, excellentissime série de la BBC, mais on en reparlera plus tard à l'occasion).

    Donc :

    Bonané chirurgicale

     

    L'un de mes rêves étant d'amener un jour un appareil photo au bloc et de faire des tas de photos dans les tons de blanc cassé, de bleu et de rouge, parce que, trouvez moi folle ou pas, je trouve ça BEAU la chirurgie. Et la plus belle chose, c'est le tout petit-tout fin réseau de vaisseaux vers la terminaison du nerf phrénique droit vu par thoracotomie. A part ça, c'est ma main sur le Farabeuf.

    Donc, 2011 et son cortège de bonnes résolutions. Vous en avez pris cette année ? Moi j'ai fait light, avec la simple résolution de moins procrastiner au lieu d'attraper le taureau par les cornes. Enfin je dis ça tous les ans.

    Bref, quoi qu'il en soit, bonne année à tous ! Santé, amour, bonheur, bien-être, à vous et vos familles, et que 2011 vous apporte ce que 2010 aurait oublié :)


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