• Lecteur paisible et bucolique,
    Sobre et naïf homme de bien,
    Jette ce livre saturnien,
    Orgiaque et mélancolique.

    Si tu n'as fait ta rhétorique
    Chez Satan, le rusé doyen,
    Jette ! Tu n'y comprendrais rien,
    Ou tu me croirais hystérique.

    Mais si, sans te laisser charmer,
    Ton oeil sait plonger dans les gouffres,
    Lis-moi, pour apprendre à m'aimer;

    Âme curieuse qui souffre
    Et vas chercher ton paradis,
    Plains-moi !... sinon je te maudis !


    Charles Baudelaire


    Sans avoir l'orgueil de Baudelaire, voici humblement ce que je désire que soit ce blog... un "quelque chose" qui séduira certains, je l'espère ; un recueil de ce que j'aime ou honnis avec la même sincérité, et quelques pages pour vous raconter, avec mes mots et mes images, ce que je vis et je ressens. Il faut lire pour connaître et aimer, qu'il s'agisse de la beauté simple d'une fleur non éclose ou de la sévère magie des terres d'Ecosse. Il faut lire tout, lire les livres et la nature ; chaque vent est un poème, et la pluie porte en elle de tendres symphonies de prose. Il faut lire les parfums de la terre, lire les chemins des étoiles, et vivre de notre monde, enfin, vivre avant que de mourir et de rejoindre l'herbe dans son cycle éternel.

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  • Libre! Je me sens plus libre aujourd'hui que depuis des mois.

    Il fait une belle journée de septembre, la brise s'agite au creux des branches, et les feuilles, d'un vert trop intense, s'apprêtent à rejoindre la danse des hirondelles, bientôt parties dans le vent frais. Les volutes pâles des nuages s'effilochent dans le bleu mat d'un ciel placé si haut que, au loin, les montagnes en paraissent plus grandes... Et la lumière changeante de l'automne caresse les bois avec une infinie légèreté, égalée seulement par le vol hésitant des insectes qui fuient vers le soleil.
    C'est le temps où bourgeonnent les chrysanthèmes étoilés; bientôt, ils épanouiront leurs fleurs, éclatantes sous les premières gelées, et le coeur se réjouira de la pourpre et du cuivre de leurs pétales, sur leur feuillage d'un vert étouffé... Mais leur splendeur nette est encore enfermée au sein de corsets pâles, serrés comme des boules de thé japonais, et le temps de la métamorphose n'est point encore venu.

    Les roses tardives s'effeuillent avec une grâce impudique sur l'asphalte des rues, un peu brillant de pluie, et les baies sauvages des broussailles rougissent et se remplument sous le baiser du soleil, qui s'attarde avant que d'être enfoui par la brume qui monte.
    C'est le temps où l'été s'en va à regrets et languit dans les endroits les plus inattendus, un carrefour de sentiers au milieu d'un parc, l'ombre encore tiède des marronniers...

    C'est le temps où la chaude moiteur de l'air s'enfuit et cède la place à une fraîcheur nerveuse et jeune; c'est le temps du renouveau de l'été parti, le temps où la nature s'apprête au long sommeil d'après l'équinoxe, et le temps de l'insousciance, le temps de la danse des premières feuilles portées par la brise.

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  • Septembre a toujours un parfum de rentrée, mélange de papier neuf et d'encre fraîche, cette année plus que jamais, parce que le soleil nous fait souvenir que l'été n'est pas loin, mais la pluie nous parle d'hiver et de travail...

    Même en partie sortis du système scolaire, impossible d'échapper à cette atmosphère fébrile de préparatifs. C'est le moment d'acheter des livres et des cahiers neufs, ne serait-ce que pour avoir de quoi noter ses recettes de cuisine, et même si les livres ne sont pas de classe.

    La lumière baisse, blanchit et, ce matin, un vent m'a frappée, un vent qui sentait l'Ecosse et les Hébrides. Il y avait cette odeur froide et simple de l'air caressant les tourbières, cette note indescriptible des volumes d'air battus contre les flancs des glens. C'était un vent rude et âpre, venu de loin, le vent des îles du Nord et de l'Ouest... Un vent... Il m'a suffit de fermer les yeux pour oublier les voitures et la ville, la France et l'Auvergne, et me retrouver debout au sommet de la montagne de Storr, face à mon vertige, avec, à mes pieds la mer des Hébrides et, derrière la brume où joue le soleil par intermittence, entre les nuages, suspendue entre océan et ciel, la terre d'Ecosse, apaisée de ses combats ancestraux, terre âpre et rude, pourtant si familière...
    Puis, dans une seconde inspiration, j'ai perçu l'odeur de feuille morte et de forêt qui nous vient des Monts d'Auvergne, et je suis revenue à cette ville qui m'a vue naître.

    J'ai attendu le tram au milieu d'écoliers fébriles, le souvenir de l'Ecosse au coeur et, lorsque, à travers les vitres du tramway, j'ai vu que la lumière et les ombres se pourchassaient sur les vieux volcans comme là-bas, j'ai souri, sans savoir pourquoi, une joie étrange venue aux lèvres, et j'ai su avec certitude qu'un jour, sûrement, j'y vivrai.

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  • La convention exige, lorsque la conversation languit ou que l'on parle avec des gens que l'on vient à peine de rencontrer, que le temps soit au cœur de la conversation. Le temps qu'il fait, le temps qui passe...

    Mais qu'est-ce que le temps ?


    Pour le physicien, c'est la quatrième dimension de notre univers.
    Pour le philosophe, il s'agit d'un concept nécessaire à l'Histoire.
    Le poète, lui, y voit l'absence de sa bien-aimée, alors que le travailleur y trouve sa subsistance...

    Einstein, pour démontrer la relativité du temps, a déclaré qu'entre cinq minutes passées dans les bras d'une jolie femme et cinq autres minutes où l'on reste assis sur un poêle chauffé au rouge se trouve toute la distance séparant un instant de l'infini... Le temps, c'est nous qui l'interprétons, parce que nous le subissons. Nous n'avons aucune prise sur le temps qui coule, implacable. Nous pouvons mesurer ses effets, par des montres ou des pendules, mais nous ne pouvons pas le toucher.

    Le temps fait partie du monde. Imaginez un univers sans temps. Tout stagnerait, rien n'évoluerait ni ne changerait. Ce serait un monde au point mort, un monde sans vie, puisque la vie est le changement. Ce serait un monde mort.

    Et nous avons beau gémir que tout passe trop vite, que nous aimerions arrêter le temps et qu'il est cruel, cela ne nous empêche pas d'être heureux et de savourer, pendant un trop bref instant, la douceur d'un carré de chocolat dans notre bouche...

     


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  • Pourquoi faire un blog ?

    Pour raconter ma vie, m’épancher auprès de gens inconnus, leur raconter ces mille et un tracas stupides qui, soyons honnêtes, ne peuvent intéresser personne ?

    Pour échanger mes idées avec mes amis ? mais cela je peux le faire, et mieux, en partageant une soirée avec eux…

    Ou alors pour faire comme les autres ?

    Peut-être.

    Peut-être aussi pour avoir un endroit où ranger tout un bric-à-brac de livres, de films et de photos, tout un capharnaüm d’idées et de phrases qui encombre ma bibliothèque.

    Peut-être aussi pour avoir une tribune, pour m’exprimer, forger mon style et parler de ce que j'aime.

    Peut-être aussi pour partager tout cela, toute cette tribu anarchique qui constitue ma vie. Que mes amis et ceux que ces pensées solitaires pourront intéresser se sentent les bienvenus ici, et que ceux qui trouveront ces pages ridicules et dérisoires se trouvent libres de passer leur chemin. J’ai hâte de partager avec vous ce recueil futile d’opinions et de pensées sans but, et que nous partions ensemble dans une longue balade au cœur de mon univers de livres et de loisirs.


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