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Le Blog de Stockholm
[iPhone] Fonds d'écran
Depuis que je suis la propriétaire comblée d'un iPhone, j'ai entrepris une quête sans fin : celle du fond d'écran idéal.
Depuis un mois et demi que j'avais l'affiche d'Avatar, il était temps de changer. Et comme je suis dans une période tolkiennisante à fond la caisse, le changement s'est fait au profit du blason de Lúthien (ou de celui d'Idril, selon l'humeur) :
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Bright star
Bright star, would I were steadfast as thou art —
Not in lone splendour hung aloft the night
And watching, with eternal lids apart,
Like Nature's patient, sleepless Eremite,
The moving waters at their priestlike task
Of pure ablution round earth's human shores,
Or gazing on the new soft-fallen mask
Of snow upon the mountains and the moors —
No — yet still stedfast, still unchangeable,
Pillow'd upon my fair love's ripening breast,
To feel for ever its soft fall and swell,
Awake for ever in a sweet unrest,
Still, still to hear her tender-taken breath,
And so live ever — or else swoon to death.
John Keats
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A l'aube de la chirurgie
Via Antiquity (décembre 2009)
Des archéologues ont découvert en 2006 un humérus gauche dont le propriétaire, vieux de 7 000 ans, a longtemps reposé dans le calme de sa tombe exceptionnelle. Homme probablement important, on l'imagine volontiers avec une belle barbe grise, un regard sage, siégeant sur un fauteuil de bois sculpté, ses deux mains posées sur ses genoux à la manière d'un Salomon gaulois.
Erratum : sa main unique et son moignon bien propre.
Erchamion ?!
Gnhé ?
Au néolothique, c'est-à-dire à une époque où on commençait seulement à se dire que la nourriture pouvait se cultiver et les bestiaux à s'élever — où la technologie de pointe était la pierre polie — où l'on n'avait pas encore inventé l'écriture — un homme a vécu avec une seule main, sans ostéite ni merdouille du genre ?
D'après les auteurs, oui.
D'ailleurs, au début, ils n'y croyaient eux-même pas des masses. Mais au final les grandes lignes du premier bloc opératoire de France se sont esquissées.
Le matériel : une lame en silex.
L'opérateur : le doyen des orthopédistes du sol français, qui a savamment tiré sur l'avant-bras pendant qu'il le sectionnait. Et d'après l'aspect de la section, ce n'était pas la première fois qu'il opérait.
Aouch. Ça a dû piquer. J'espère qu'ils avaient inventé les alcools forts, ou tout au moins découvert les propriétés du pavot.
Je sais ce que vous êtes en train de vous dire. On l'a amputé, OK, mais il est mort. Il a saigné ou s'est infecté, au choix, mais n'a pas fait de vieux os (si je puis me permettre).
Hélas pour vous (mais pas pour le patient), le moignon osseux est corticalisé. L'épaisseur de la nouvelle corticale suggère quelques mois ou quelques années. Et, à part ça, l'os est beau.
C'est-à-dire que, il y a 7 000 ans, certaines pratiques chirurgicales orthopédiques étaient maîtrisées.
En 2010, il faut cinq ans d'internat et deux de clinicat pour former un orthopédiste (ou n'importe quel chirurgien, d'ailleurs). D'accord, au néolithique, ils n'avaient pas à se prendre la tête avec les plaques, les vis, et comment ça se monte une perceuse.
Mais ils savaient opérer proprement. Et ça, ça ne s'apprend pas en un jour. Ce n'est pas non plus le fruit du hasard. C'est que quelqu'un, un jour, a remarqué que laver les plaies du patient et les mains de l'opérateur affectait la morbi-mortalité, pour parler chic.
Quand Lister Semmelweis a eu la même idée en 1872 1847 (merci don Peridon ;) ), il s'est fait rire au nez.
Je vous laisse sur cette pensée que les rétrogrades d'il y a cent quarante ans étaient moins avancés que les chirurgiens d'il y a sept mille ans.
Antiquity, vol. 83, dec. 2009
A possible Early Neolithic amputation at Buthiers-Boulancourt
(Seine-et-Marne), France
Cécile Buquet-Marcon, Philippe Charlier & Anaïck Samzun
Merci à hippoc pour l'info.
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L'homme qui ne perd jamais
Excellent court-métrage, que la Clermontoise en moi adore (même si je n'ai jamais mis les pieds au festival, honte à moi !). Hasard, ou destin ?
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Le confort des certitudes
Il y a quelques temps, nous avons eu une patiente étonnante, dans le service. Dame de la septentaine (est-ce que ça se dit ? j'ai un doute), entrée pour un syndrome sub-occlusif. Énorme ascite, ASP grisou, altération de l'état général... Traduction : on cherche le cancer.
Scanner impossible à injecter en raison d'une insuffisance rénale chronique, qui retrouve une masse pelvienne. Ovaires ? Côlon ? Les marqueurs n'apporteront rien.
En attendant les résultats des marqueurs, une cœlioscopie exploratrice est décidée. Mauvaise découverte d'une carcinose péritonéale très étendue. Les biopsies réalisées sur les nodules retrouveront une histologie de côlon.
Mais ça n'est pas mon propos.
Cette patiente m'a épatée. Tant qu'on n'avait pas de diagnostic de certitude, et qu'il était donc difficile de lui annoncer quoi que ce soit, à part que ça risquait d'être grave, elle était dans un état de nerfs (comme dirait ma tante) terrible. Elle était dévorée d'anxiété, ne dormait pas la nuit...
Le jour où on a pu lui dire, après la cœlio « vous avez un cancer, on ne sait pas de quoi, mais c'est un cancer » (en y mettant les formes, on n'est pas des brutes), son état s'est amélioré en quelques heures.
Quand on a eu l'anapath, elle a été encore plus contente.
Et quand le résultat du RCP est tombé, elle était resplendissante. Les nouvelles étaient pourtant peu agréables : peut-être pas de chimio au vu de l'extension, des polypathologies limitant les possibilités thérapeutiques, de la dénutrition...
(Au final, elle aura bien une chimio, d'ailleurs)
Le seul fait de savoir ce qui la rendait malade et ce qu'on pouvait faire ou pas pour elle a suffi à la remettre d'aplomb dans ses baskets.
Comme quoi il est bien vrai que tourner autour du pot ne mène à rien. Au premier abord, on aurait dit que cette dame hyperanxieuse finirait de décompenser un quelconque syndrome dépressif à l'annonce du diagnostic. En fait, c'est tout le contraire qui s'est produit.
La psychologue et un médecin volant des soins palliatifs sont passés la voir et ont confirmé : elle gère remarquablement bien son diagnostic.
Elle va mourir dans quelques mois, et ne verra probablement pas un nouvel hiver, et sa sérénité m'a juste impressionnée.
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